mercredi 7 janvier 2015

07 janvier 1915 - Débat sur l'avortement

Le journal Le Matin publie le sermon d'un prêtre belge qui appelle les femmes violées par les allemands à avorter (aucunement par considération pour elles mais pour ne pas donner naissance à des enfants à moitié allemands), déclenchant ainsi un débat publique sur ce thème. Si l'avortement était relativement courant depuis le XIXe siècle quoique très risqué et illégal, c'est la première fois qu'il prenait la forme d'un débat public. L'Eglise et les catholiques convaincus maintinrent fermement leur position d'interdiction de l'avortement dans tous les cas, d'autant que l'histoire avait toutes les chances d'être inventée et qu'il était possible d'avancer qu'un prêtre n'aurait jamais prononcé un tel sermon ; l'opinion publique fut elle plus partagée, avec des débats violents. Face à l'agitation, le gouvernement finit par trancher le 16 février, en refusant l'avortement mais en prenant des mesures pour aider les mères en détresse. Louis Pardimène, soldat au 83e RI, est fusillé à Châlons-sur-Marne.

Un extrait du sermon du prêtre. L'article s'intitule "Pour la race !", le prêtre n'est pas nommé, pas plus que le village où il aurait prononcé son sermon. Le Matin, 7 janvier 1915, p.1.

mardi 6 janvier 2015

06 janvier 1915 - Déroute à Sarikamish

A Sarikamish, le quartier général ottoman lui-même est sous le feu de l'artillerie russe ; le commandement ottoman ordonne enfin la retraite générale. Trois divisions entières ont été faites prisonnières, avec plus d'une centaine d'officiers dont huit supérieurs. Suite à un appel du pape, les belligérants s'engagent à réaliser des échanges de prisonniers inaptes.

Une bande dessinée publiée dans le Western Mail du 6 janvier 1915. Celle-ci montre bien le fonctionnement de la propagande, ici alliée : il s'agit de démonter la propagande adverse, en présentant des "faits" même lorsque ceux-ci sont également de la propagande. De plus, il ne faut justement pas présenter le moindre élément concret sur la guerre : lors de l'attaque sur Westende, qui a eu lieu le 4 janvier, les Britanniques ont en réalité perdu un sous-marin avec tout son équipage, mais cet élément est absent de ce qui est présenté comme la propagande allemande. Western Mail, 6 janvier 1915 ; © http://www.cartoonww1.org

lundi 5 janvier 2015

05 janvier 1915 - Légion garibaldienne

Dans l'Argonne, quelques tranchées allemandes sont enlevées, notamment par la Légion garibaldienne italienne, mais pour être aussitôt reprises. Les Allemands attaquent Edea, au Cameroun, tenue par une garnison française qui les repousse. Foch prend le commandement du groupe d'armée Nord en France.

Des soldats italiens de la Légion garibaldienne le 5 janvier, dans une tranchée de première ligne au ravin des Meurissons, dans l'Argonne. Au premier plan à droite se trouve une entrée de mine. © http://argonne1418.com

dimanche 4 janvier 2015

04 janvier 1915 - Cyclistes

A Sarikamish, les Ottomans ne savent même plus précisément lesquelles de leurs troupes sont encore en vie.

Un détachement de cyclistes dans le secteur de Perthes-les-Hurlus. © http://activitesdefrancette.blogspot.fr/

samedi 3 janvier 2015

03 janvier 1915 - Aveuglement

A Sarikamish, aucune retraite n'est ordonnée car le commandement ottoman croît toujours la victoire possible. Pendant ce temps, les troupes essaient de survivre, et l'étau russe se resserre.

La maison du père Hilarion, dans le secteur du Bois-le-Prêtre, en Meurthe-et-Moselle. Certains témoignages prétendent que cette habitation se trouvait entre les lignes, et que les soldats des deux camps venaient chercher de l'eau à la fontaine la jouxtant, menant à des cas de fraternisation. Il semblerait toutefois que cette histoire soit fictive, et l'état général du lieu semble effectivement parfaitement incompatible avec une vue du no-man's-land... Photo prise le 9 décembre, publiée dans Le Miroir du 3 janvier 1915. Domaine public.

vendredi 2 janvier 2015

02 janvier 1915 - Nushan Sahagian

L'armée ottomane en Irak passe sous le commandement de Süleyman Askeri Bey. Celui-ci, réalisant que l'armée n'a aucune ressource supplémentaire à allouer à cette région, demande aux cheiks arabes de l'aider contre les Britanniques. A Sarikamish, les Ottomans sont à moitié encerclés, lourdement bombardés par les Russes, et trop faibles pour attaquer ; malgré les rapports de ses subordonnés, cela n'empêche pas leur général de vouloir encore lancer une offensive générale. Les Russes demandent tout de même à leurs alliés d'intervenir contre les Ottomans, pour ne pas avoir à envoyer trop de troupes dans le Caucase.

Nushan Sahagian, volontaire arménien de 13 ans dans l'armée ottomane, ayant gagné une médaille pour sa bravoure à Sarikamish. La photographie n'est pas datée. The New Armenia, 10, avril 1918. Domaine public.

jeudi 1 janvier 2015

01 janvier 1915 - Baroud d'honneur à Sarikamish

A Sarikamish, les Ottomans tentent une dernière attaque avec les unités qui le peuvent encore, avec des résultats catastrophiques : une division perd 40% de ses hommes dans une tempête de neige, et des unités entières sont faites prisonnières lorsqu'elles se retrouvent encerclées dans les lignes russes après avoir avancé. Le cuirassé britannique HMS Formidable, lancé en 1898, est torpillé dans la Manche par le sous-marin allemand U-24.

Des soldats russes devant les corps gelés de soldats ottomans, pendant la bataille de Sarikamish. La photographie n'est pas datée. Domaine public.