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dimanche 7 septembre 2014

07 septembre 1914 - Les fusillés du 327e

Maubeuge est prise aux deux tiers, et ne peut plus résister. A midi, les Allemands refusent un armistice d'une journée et continuent le bombardement, aussi le drapeau blanc est hissé à 21h30. La place a résisté une dizaine de jours, immobilisant un corps d'armée allemand qui fait défaut sur la Marne au même moment. Sur la Marne justement, l'aile droite allemande, constituée par la Ière armée de von Kluck, est en difficulté et peine à maintenir le contact avec la deuxième armée de von Bülow plus à l'Est, lui-même menacé sur ses ailes. Si le centre avance toujours, dans le marais de Saint-Gond, l'aile gauche allemande est stoppée voire commence à retraiter dans le secteur des Deux Morins. Point culminant de la bataille pour Nancy : si certains résistent, d'autres secteurs français sont totalement enfoncés, ce qui ouvre des brèches directes vers la ville dont les allemands ne se rendent heureusement pas forcément compte. Les Autrichiens lancent une nouvelle offensive contre les serbes sur la Drina, avec deux armées : l'une des deux est repoussée mais la seconde parvient à prendre pied sur le territoire serbe. Des opérations navales alliées débutent au large du Cameroun, en vue d'un débarquement prévu pour la fin du mois. Un transport de troupes australien en provenance des Samoa récemment capturées approche de Nouvelle-Guinée allemande. Une escadre allemande commandée par Graf von Spee endommage les câbles de communications sous-marins britanniques dans le Pacifique. Affaire des fusillés du 327e RI : la veille, quelques soldats ont cédé à un mouvement de panique dans le marais de Saint-Gond. Sept d'entre eux ont été stoppés par un général de brigade et fusillés le 7, sans véritable enquête. L'un d'entre eux en sortira vivant et mourra au combat en juin 1915. Un seul sera réhabilité, en 1926 ; tous sont indiqués comme "tués à l'ennemi" sur leurs fiches militaires.

La fiche de décès d'Alfred Delsarte, l'un des "fusillés du 327e". Sur cette fiche et sur elle seule, la mention "Tué à l'ennemi" a été rayée et remplacée par "Mort pour la France", mais il n'y a tout de même aucune mention de la cause réelle de sa mort, et il ne s'agit pas du soldat réhabilité. © http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

samedi 9 août 2014

09 août 1914 - Contre-attaque

L'artillerie allemande continue à pilonner les forts de Liège, mais même ses plus gros canons ne parviennent pas à les entamer significativement. Von Bülow demande alors l'envoi des obusiers de 420 mm, au nombre de deux à cette heure, les fameuses "Grosses Bertha" fabriquées par Krupp. A Mulhouse, la 7e armée allemande contre-attaque au petit matin, repoussant les Français ; une division de réserve envoyée par Joffre arrivera trop tard pour conserver la ville. Au large de l’Écosse, le croiseur britannique HMS Birmingham découvre le sous-marin allemand U-15 stoppé en surface en essayant de réparer ses moteurs ; après avoir manqué ses premiers tirs, le croiseur l'éperonne à pleine vitesse, le coupant en deux. La première armée Russe progresse en Prusse orientale, sans rencontrer de résistance. A cette date, les Allemands ont perpétré des massacres de civils dans une vingtaine de localités belges, prémédités ou causés par la crainte des francs-tireurs selon les cas, début de ce que la propagande américaine a appelé "The Rape of Belgium".

Les combats de nuit à Mulhouse, vision d'artiste sur une carte postale allemande. © Gallica.

dimanche 6 juillet 2014

06 juillet 1914 - Chèque en blanc

Fin des entretiens. Le chancelier allemand von Bethmann et le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Zimmermann confirment le "chèque en blanc" allemand à l'Autriche, en incitant celle-ci à déclarer la guerre. Guillaume II part comme prévu effectuer sa croisière annuelle en mer du Nord afin de ne pas éveiller de soupçon. A Londres, l'ambassadeur allemand met les britanniques au courant de la situation délicate dans les Balkans, mais ces derniers espèrent une solution pacifique.

La croisière sur le SMY Hohenzollern II, yacht officiel de l'empereur Guillaume II, en 1908. De gauche à droite : von Bülow (chancelier jusqu'en 1909), Guillaume II, von Valentini (chef du cabinet). © Archives fédérales d'Allemagne.