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jeudi 22 janvier 2015

22 janvier 1915 - Unterer Rehfelsen

Les chasseurs défendant le Hartmannswillerkopf finissent par se rendre, ayant perdu les deux tiers d'un effectif déjà réduit. Les Allemands, sidérés de ne trouver en face d'eux qu'une poignée de défenseurs qui les bloquent depuis trois jours, les autorisent à défiler dans Mulhouse le fusil à l'épaule. On compte un millier de morts de chaque côté, et les Allemands contrôlent maintenant le sommet ; toutefois la bataille est loin d'être terminée, et les deux camps commencent alors à s'organiser, taillant des abris dans les rochers et construisant des routes pour gravir la montagne. Les Allemands bombardent Dunkerque, et les Britanniques Zeebrugge.

Le Unterer Rehfelsen, une position fortifiée allemande sur l'Hartmannswillerkopf. Constituée de trois étages en grande partie taillés dans le rocher, elle fut encerclée en mars, pilonnée puis attaquée pendant 70 heures d'affilée, mais résista et resta allemande pendant toute la guerre. Florival, domaine public.

lundi 25 août 2014

25 août 1914 - Sac de Louvain

Les deux derniers forts de Namur se rendent. Ils ont résisté assez longtemps pour permettre à la division d'infanterie belge qui occupait la ville de s'échapper. Les Français contre-attaquent dans la Trouée de Charmes, regagnant du terrain, bien que durement acquis. Ils privent ainsi les Allemands de leurs succès initiaux alors qu'il s'agissait de l'un des points d'offensive les plus cruciaux, et les font sérieusement douter puisqu'ils pensaient avoir affaire à une armée anéantie et incapable de combattre encore sérieusement. Ailleurs, le repli en bon ordre continue, en particulier sur Nancy où les Français s'établissent au Grand-Couronné, le tout ponctué de combats pour les places clés. Les Allemands prennent notamment Sedan et Mulhouse. Des exécutions sommaires, difficiles à quantifier, ont lieu dans l'armée française sous divers motifs au cours de la retraite. La bataille de Krasnik est remportée par les Autrichiens sur les Russes. En Prusse orientale, les Russes arrivent au contact des Allemands. Leur commandement transmet ses messages radio en clair, ce qui permet à Ludendorff et Hindenburg interloqués d'apprendre qu'ils comptent avancer sans trop se soucier de possibles contre-attaques ; les généraux allemands prévoient alors de les prendre de flanc. Après avoir débordé un poste allemand à Tepe, les Britanniques envahissent le Cameroun. Les Allemands ravagent la ville de Louvain, en Belgique. Ils tuent 248 habitants et incendient la ville, y compris la bibliothèque de l'université et ses 300000 livres et manuscrits médiévaux.

Les ruines de la bibliothèque de l'université de Louvain. © http://s2.lemde.fr/

mardi 19 août 2014

19 août 1914 - Neutralité américaine

En Belgique, les Allemands arrivent en vue de Namur. Celle-ci est défendue par 9 forts, selon une organisation similaire à Liège, mais les Allemands ont retenu la leçon et décident de les réduire directement à l'artillerie lourde, sans tenter de coup de main. L'armée belge retraite sur Anvers. Les français, après des combats maison par maison à Dornach, reprennent Mulhouse. L'avance en Lorraine est par contre stoppée, les IIIe et IVe armées étant arrivée sur les lignes défensives allemandes bien défendues, à 20 km derrière la frontière. Fin de la bataille du Cer, les Autrichiens sont vaincus et doivent se replier derrière la Drina face à l'arrivée d'une colonne de renforts serbe. Les Etats-Unis se déclarent neutres.

La déclaration de neutralité américaine, dans un discours prononcé par Woodrow Wilson devant le Congrès. © Wilson, Essential Writings and Speeches of the Scholar-president, 2006, pp.390-391.

dimanche 10 août 2014

10 août 1914 - Affaire de Mangiennes

A Liège, les troupes s'installent dans la ville, tandis que les batteries pilonnent les différents forts toute la journée, lesquels répliquent quand ils le peuvent. En soirée, le fort de Pontisse est méconnaissable mais tient toujours bon. Les deux canons de 420 mm arrivent en Belgique. L'aviation française repère d'importantes colonnes allemandes dans le Luxembourg belge. Dans les Ardennes françaises, une bataille de rencontre à Mangiennes permet aux généraux français de remarquer que les tirs de mitrailleuses ravagent les troupes à découvert. En Alsace, les Français abandonnent définitivement Mulhouse et se replient sur Belfort. Par contre, ils avancent en Lorraine, occasionnant des combats entre avant-postes à Cirey. En Prusse orientale, les Russes sont à Tilsit. Des troupes allemandes effectuent des raids sur les colonies britanniques d'Afrique du Sud.

Les unes de deux journaux le 10 août. A gauche l'Humanité (socialiste), à droite l'Echo de Paris (nationaliste). Si l'approche est différente, le message de fond reste le même ; la plupart des communiqués sur la guerre dans les deux journaux sont des textes officiels, identiques dans les deux cas, qui passent tout échec sous silence. L'Humanité, 10 août 1914, p.1 / L'Echo de Paris, 10 août 1914, p.1.

samedi 9 août 2014

09 août 1914 - Contre-attaque

L'artillerie allemande continue à pilonner les forts de Liège, mais même ses plus gros canons ne parviennent pas à les entamer significativement. Von Bülow demande alors l'envoi des obusiers de 420 mm, au nombre de deux à cette heure, les fameuses "Grosses Bertha" fabriquées par Krupp. A Mulhouse, la 7e armée allemande contre-attaque au petit matin, repoussant les Français ; une division de réserve envoyée par Joffre arrivera trop tard pour conserver la ville. Au large de l’Écosse, le croiseur britannique HMS Birmingham découvre le sous-marin allemand U-15 stoppé en surface en essayant de réparer ses moteurs ; après avoir manqué ses premiers tirs, le croiseur l'éperonne à pleine vitesse, le coupant en deux. La première armée Russe progresse en Prusse orientale, sans rencontrer de résistance. A cette date, les Allemands ont perpétré des massacres de civils dans une vingtaine de localités belges, prémédités ou causés par la crainte des francs-tireurs selon les cas, début de ce que la propagande américaine a appelé "The Rape of Belgium".

Les combats de nuit à Mulhouse, vision d'artiste sur une carte postale allemande. © Gallica.

vendredi 8 août 2014

08 août 1914 - Prise de Mulhouse

En Belgique, le gros de l'armée belge retraite derrière la Dyle, tandis que trois divisions de cavalerie françaises sont en route pour la rejoindre. Pendant ce temps, les Allemands entrent prudemment dans la ville de Liège. Le général belge Leman a pu communiquer avec le gouvernement pendant la trêve, et a appris que la France avait remis à la ville la Grand-croix de la Légion d'Honneur ; il décide de résister jusqu'au bout. Les Allemands concentrent alors leurs mortiers de 210 mm sur le fort de Barchon, mettant hors-service ses coupoles. Comme la plupart des forts de Liège, celui-ci souffre d'une ventilation peu efficace, et à partir de 15h des gaz se répandent dans les couloirs ; pour éviter l'asphyxie, la garnison se rend à 16h. En Alsace, les Allemands effectuent un repli stratégique dans les bois autour de Mulhouse, ce qui permet aux Français de prendre la ville musique en tête et sans combat. Deux croiseurs britanniques bombardent Dar es Salaam, en Afrique orientale allemande (actuellement Tanzanie). Union sacrée en Russie, mais à la différence de la France et de la Grande-Bretagne, les socialistes ne s'y rallient pas tous.

Proclamation du généralissime Joffre suite à la prise de Mulhouse, affichée dans la ville le jour même. ©http://www.psywarrior.com

jeudi 7 août 2014

07 août 1914 : Appel aux femmes

La 14e brigade de Ludendorff entre dans Liège. Les allemands, qui ont annoncé la prise de la ville, mettent en place un dispositif de siège autour des forts avec 120.000 hommes, et malgré plusieurs échanges de tirs dans la journée permettent aux officiers belges d'aller jusqu'à la ville pour se rendre compte de la situation, en vue de capituler. En France, début de la Bataille des Frontières : en application du plan XVII, le VIIe Corps français attaque dans le Sud de l'Alsace, avec comme objectifs Mulhouse et Colmar, et reprend la ville de Thann qui restera jusqu'à la fin de la guerre la capitale de la petite partie de l'Alsace libérée. Le Corps expéditionnaire britannique, fort de 120.000 militaires de métier, commence à arriver en France. Lord Kitchener, ministre de la guerre, lance dans le même temps un appel aux volontaires. La première armée russe passe la frontière allemande en force. En France, le président du Conseil Vivani demande aux femmes de remplacer les hommes aux champs.

L'appel aux femmes de Viviani. Domaine public.