Affichage des articles dont le libellé est Maubeuge. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Maubeuge. Afficher tous les articles

mardi 16 septembre 2014

16 septembre 1914 - Stabilisation

Pas d'évolution notable sur le front français. Bien que l'ordre du jour demande encore d'attaquer, les troupes sont épuisées, et soit ne bougent pas significativement, soit essaient comme dans l'Aisne, mais sont contenues.

La "course à la mer" qui se prépare et durera pendant un mois. Le front le 16 septembre correspond aux lignes pleines, les différentes offensives de contournement des deux camps, qui commenceront le 17 et échoueront toutes, peuvent être observés au niveau des pointillés. On note, totalement isolées, la place de Maubeuge à la frontière franco-belge, qui s'est rendue depuis une semaine déjà, et près des Pays-Bas Anvers, où les Belges résistent encore. Gsl, domaine public.

dimanche 7 septembre 2014

07 septembre 1914 - Les fusillés du 327e

Maubeuge est prise aux deux tiers, et ne peut plus résister. A midi, les Allemands refusent un armistice d'une journée et continuent le bombardement, aussi le drapeau blanc est hissé à 21h30. La place a résisté une dizaine de jours, immobilisant un corps d'armée allemand qui fait défaut sur la Marne au même moment. Sur la Marne justement, l'aile droite allemande, constituée par la Ière armée de von Kluck, est en difficulté et peine à maintenir le contact avec la deuxième armée de von Bülow plus à l'Est, lui-même menacé sur ses ailes. Si le centre avance toujours, dans le marais de Saint-Gond, l'aile gauche allemande est stoppée voire commence à retraiter dans le secteur des Deux Morins. Point culminant de la bataille pour Nancy : si certains résistent, d'autres secteurs français sont totalement enfoncés, ce qui ouvre des brèches directes vers la ville dont les allemands ne se rendent heureusement pas forcément compte. Les Autrichiens lancent une nouvelle offensive contre les serbes sur la Drina, avec deux armées : l'une des deux est repoussée mais la seconde parvient à prendre pied sur le territoire serbe. Des opérations navales alliées débutent au large du Cameroun, en vue d'un débarquement prévu pour la fin du mois. Un transport de troupes australien en provenance des Samoa récemment capturées approche de Nouvelle-Guinée allemande. Une escadre allemande commandée par Graf von Spee endommage les câbles de communications sous-marins britanniques dans le Pacifique. Affaire des fusillés du 327e RI : la veille, quelques soldats ont cédé à un mouvement de panique dans le marais de Saint-Gond. Sept d'entre eux ont été stoppés par un général de brigade et fusillés le 7, sans véritable enquête. L'un d'entre eux en sortira vivant et mourra au combat en juin 1915. Un seul sera réhabilité, en 1926 ; tous sont indiqués comme "tués à l'ennemi" sur leurs fiches militaires.

La fiche de décès d'Alfred Delsarte, l'un des "fusillés du 327e". Sur cette fiche et sur elle seule, la mention "Tué à l'ennemi" a été rayée et remplacée par "Mort pour la France", mais il n'y a tout de même aucune mention de la cause réelle de sa mort, et il ne s'agit pas du soldat réhabilité. © http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

samedi 6 septembre 2014

06 septembre 1914 - Bataille de la Marne

Maubeuge est submergée : cinq forts tombent dans la journée et les Allemands sont aux portes de la ville. Les Français font sauter leur arsenal à 22h, même s'ils continuent à se battre. Alors que les Allemands atteignent Provins, le point le plus méridional de leur avance en France, la VIe armée française arrête sa progression sur une ligne allant de Bar-le-Duc à la Seine-et-Marne, et se prépare à lancer une contre-attaque d'importance. Dans son ordre du jour, Joffre demande à toutes les unités d'avancer, ou à défaut de tenir le terrain quitte à se faire tuer sur place, mais de ne plus reculer. La bataille de la Marne se divise en cinq fronts plus restreints, sur 225 km entre Paris et Verdun : d'Ouest en Est, l'Ourcq, les Deux Morins, les Marais de Saint-Gond, Vitry et Revigny. Selon les cas, les unités françaises sont toujours en train d'essayer de stopper les Allemands, ou commencent déjà à contre-attaquer. A Nancy, la plupart des attaques allemandes sont des échecs, surtout celles menées en masses compactes musique en tête et fauchées par les mitrailleuses. Seule une division française recule, ouvrant une brèche dangereuse. Les Serbes entrent en Autriche dans la région de Syrmia. Combats dans la plaine de Tsavo, à la frontière entre Afriques de l'Est britannique et allemande, actuellement au Kenya. Première bataille air-mer de l'histoire à Tsingtao : un hydravion japonais tente sans succès de bombarder deux navires allemands.

Le front Ouest le 6 septembre. L'arc de cercle entre Paris et Verdun, constituant l'avancée extrême allemande et donc la bataille de la Marne, est bien visible, de même que les possibilités françaises d'attaque sur les flancs. La situation est stable en Lorraine. On devine Maubeuge assiégée à le frontière franco-belge, qui a pour intérêt d'immobiliser tout un corps d'armée allemand, de même que les unités allemandes au Nord de la carte qui tentent de prendre Anvers. © http://www.carto1418.fr/

jeudi 4 septembre 2014

04 septembre 1914 - Bataille du Grand Couronné

Les défenses de Maubeuge sont à bout de force. Les Belges ouvrent les digues autour d'Anvers pour ralentir l'avance allemande. L'armée allemande occupe Reims. Toutefois, dans son mouvement tournant, elle ne peut pas protéger son flanc droit, les troupes chargées de le faire ayant été retenues trop longtemps en Belgique, face à Anvers notamment. Le général Gallieni, commandant de Paris, y voit une opportunité et donne l'ordre à la VIe armée, devant initialement défendre Paris, de se porter en avant et d'attaquer un point faible dans le flanc allemand sur l'Ourcq. Début de la bataille du Grand Couronné à Nancy. Il s'agit d'une ligne de défense qui empêche les allemands d'encercler Nancy par le Sud. La prise de la ville est importante surtout pour le prestige de l'armée allemande, à tel point que l'empereur Guillaume II vient en personne assister aux opérations. Les Allemands lancent une violente attaque qui oblige les défenseurs à se replier, mais ceux-ci tiennent bon voire parviennent à contre-attaquer.

Des soldats français, posant pour un photographe de presse, font mine de s'embusquer dans un fossé. La photographie n'est pas datée mais a été prise au moment de la bataille de la Marne, début septembre 1914. Agence Rol, domaine public.

mardi 2 septembre 2014

02 septembre 1914 - Coup de faux

Maubeuge, totalement isolée sur la frontière belge, est toujours lourdement bombardée. Les Allemands sont à 80 km à peine de Paris. Von Moltke ordonne de pousser l'armée française à l'Est de Paris. Conformément au plan Schlieffen, il ne vise pas la capitale mais compte obliquer vers l'Est de la région parisienne pour prendre en "coup de faux" toute l'armée française. Joffre, qui a remplacé les généraux qu'il jugeait incompétents (le lendemain, Franchet d'Esperey prendra la tête de la Ve armée à la place de Lanrezac), annonce qu'il compte se rétablir sur la Seine et l'Aube, où il envoie déjà des renforts. Fin de la bataille de Lemberg en Galice, les Autrichiens sont défaits et perdent 130000 hommes. Ils ne semblent pas adaptés à la guerre moderne et sont dépendants des Allemands. Les japonais débarquent leurs troupes d'assaut à Tsingtao. La Chine proteste puisque les Japonais débarquent sur son territoire alors qu'elle est neutre, mais ne fait rien pour empêcher les opérations. Le gouvernement français est installé en entier à Bordeaux.
Le plan Schlieffen dans sa version 1905. En 1914, le mouvement de la première armée, la plus à gauche, n'est pas appliqué. Le 2 septembre, les Allemands sont globalement sur l'Aisne. Domaine public.

samedi 30 août 2014

30 août 1914 - Splendeur et misère russes

A Maubeuge, la poudrière du fort de Boussois explose, le fort est abandonné temporairement mais sera réoccupé dès le lendemain. Le bombardement continue à Givet, le fort ne peut pas riposter, ses pièces sont trop endommagées et les Allemands sont hors de portée. A 10h, les éléments de la Ve armée à Guise se retirent : s'ils ont repoussé les Allemands au Nord de l'Oise, ils ne sont pas assez assurés pour tenir cette position plus longtemps. Paris reçoit ses premières bombes lancées par des Taube allemands. Fin de la bataille de Tannenberg. La deuxième armée russe n'existe plus. Elle a perdu presque 80000 hommes tués ou blessés, et encore plus de prisonniers, contre 12000 pour les Allemands. Fin de la bataille de Gnila Lipa. L'attaque autrichienne est un désastre et les Russes contre-attaquent victorieusement, faisant 20000 prisonniers.

Le front Ouest le 30 août. Si la situation n'a pas énormément progressé en Alsace et Lorraine, la Trouée de Charmes n'ayant pu être que très peu exploitée, l'avancée allemande est par contre plus nette dans les Ardennes, et spectaculaire en Belgique et dans le Nord de la France. Les quelques troupes alliées encore présentes à cet endroit doivent impérativement ralentir les Allemands pour éviter que ceux-ci n'enveloppent entièrement l'aile gauche. © http://www.carto1418.fr/

vendredi 29 août 2014

29 août 1914 - Bataille de Guise

Les Allemands prennent Amiens. Début du bombardement du fort de Givet, et font sauter une poudrière dès 13h. Les Allemands commencent à bombarder Maubeuge, toujours avec les mêmes pièces ayant servi à Liège et Namur, qui arrivent progressivement. Bataille de Guise : les combats sont violents toute la journée, mais les Français sont combatifs et parviennent à repousser les Allemands au Nord de l'Oise. Des unités de réserve françaises parviennent même à faire reculer la Garde impériale allemande. L'objectif de stopper momentanément les Allemands et d'éviter le contournement est donc atteint. La bataille de Tannenberg n'est pas encore terminée, mais les Russes se font massacrer et l'issue est tellement certaine que Ludendorff réfléchit déjà à la manière de vaincre la première armée montée sur Königsberg. A Gnila Lipa, les Autrichiens tentent de nouveau d'attaquer, alors que les Russes sont deux à trois fois plus nombreux qu'eux. Au Cameroun allemand, les Britanniques, qui ont envahi le pays depuis le 25, arrivent devant la forteresse allemande de Garua et commencent à l'attaquer. Les Néo-zélandais, en tant que membre du Commonwealth britannique, occupent les Samoa allemandes. Le gouvernement allemand refuse de céder l'île, mais les Allemands sur place n'offrent aucune résistance. Le gouvernement français quitte Paris pour Bordeaux.

Prisonniers russes lors de la bataille de Tannenberg. Domaine public.

jeudi 28 août 2014

28 août 1914 - Bataille d'Heligoland

Début du siège de Maubeuge. Faute d'avoir les moyens d'encercler totalement la place, les Allemands décident d'attaquer sur un point précis, dans un intervalle assez peu défendu entre deux forts. A Givet, à la frontière franco-belge, l'artillerie allemande s'installe devant le vieux fort qui défend le passage. Les troupes de la Ve armée manœuvrent pour se mettre en place en vue de la bataille du lendemain, mais se heurtent à des éléments allemands. Les britanniques à proximité refusent d'intervenir et le général Lanrezac devra se contenter d'une bataille d'arrêt à Saint-Quentin, pour repousser les Allemands sur Guise. A Tannenberg, la seconde armée russe est totalement encerclée et laissée à elle-même. Bataille de Heligoland entre les flottes allemande et britannique en mer du Nord, la première grande bataille navale de la guerre. Les Britanniques prévoyaient d'attirer les navires allemands hors de leur base sur cette île grâce à des sous-marins, puis de les couler avec leur flotte de surface à l'extérieur. Le début de l'attaque se passe bien mais les anglais ont du mal à se coordonner, ce qui entraîne une confusion dont profitent les allemands. Au final, les Britanniques se ressaisissent et reportent largement la bataille : sur leurs 49 navires, aucun n'a été perdu et ils ne déplorent que 35 morts. Les Allemands ont par contre perdu 4 de leurs 37 bâtiments, dont les croiseurs SMS Mainz, Cöln et Ariadne qui faisaient parti des principaux de leur flotte, et ont perdu plus de 700 hommes.

Le croiseur léger allemand SMS Mainz coule pendant la bataille du Heligoland. Le bâtiment à gauche est le HMS Lurcher, un destroyer britannique venu au secours des survivants. Domaine public.

mardi 26 août 2014

26 août 1914 - Bataille de Tannenberg

Longwy succombe : la ville et ses défenses sont ravagées, il n'y a aucun espoir de secours, et il n'y a de toute façon presque plus d'artillerie. La place se rend à 10h30 avec les honneurs. Les Allemands arrivent en vue de Maubeuge, défendue par 14 forts, mais leurs troupes sont déjà éprouvées et il n'est pas possible de commencer immédiatement un siège. Bataille du Cateau menée par les Britanniques à l'extrémité gauche du dispositif allié. Bien qu'ils soient largement en infériorité numérique, ils bloquent les Allemands pendant 12 heures et évitent l'encerclement, avec des pertes très élevées (20%). A l'extrême gauche du dispositif allié, une VIe armée française est constituée à partir de la garnison de Paris, couvrant le Nord-Est de cette ville. La capitale reçoit le général Gallieni comme gouverneur. Début de la bataille de Tannenberg, en Prusse orientale. Ce nom marque une vision de revanche vis-à-vis de la première bataille de Tannenberg de 1410, lors de laquelle les chevaliers Teutoniques avait été défaits par les russes, même si l'affrontement se déroule cette fois sur une zone beaucoup plus large. Les Allemands disposent de 200000 hommes, contre deux armées de 400000 hommes chacune pour les Russes. Hindenburg profite du réseau de chemin de fer pour retirer ses troupes face à la première armée russe, au Nord, et les faire renforcer celles qui font face à la deuxième armée, au Sud ; il appelle de plus des renforts depuis l'Ouest. Plus au Sud, en Galicie, les Autrichiens profitent de la désorganisation des Russes après leur défaite à Krasnik pour les attaquer de nouveau, au Nord à Komarów, et au Sud à Gnila Lipa. Les Russes s'attendant à une attaque sur Lemberg, ils ont massé leurs troupes au Sud, et seule la première attaque réussit. Combat naval de l’île d’Odensholm, en Baltique. Le croiseur allemand Magdeburg, en plein brouillard, s'échoue sur cette île et ne parvient pas à se dégager. Deux croiseurs russes prévenus par les gardiens du phare de l'île n'ont aucun mal à le neutraliser, et mettent la main sur un exemplaire du code de la Marine allemande qui était censé avoir été détruit. Les Allemands ignoreront toute la guerre cet élément et ne changeront jamais leur code. Les Allemands capitulent à Kamina, au Togo. Alors que l'invasion avait commencé dès le 7 août, ils s'étaient regroupé dans cette ville où se situait l'émetteur radio permettant le contact avec l'extérieur. La chute de cette place entraîne la capitulation du Togo entier, que se partagent Français et Britanniques. Dernière exaction allemande d'importance à Frasnes-lez-Couvin, en Wallonie. Depuis le début de la guerre, principalement en Belgique mais également en France, celles-ci ont coûté la vie à 5000 civils dans plus d'une centaine de localités, avec 15000 maisons détruites. Le gouvernement français démissionne pour former un ministère de la défense nationale, intégrant des socialistes et concrétisant ainsi l'Union sacrée.

Hommes et chevaux britanniques morts sur le champ de bataille du Cateau. Domaine public.