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jeudi 15 janvier 2015

15 janvier 1915 - A travers le Sinaï

Joffre met fin à l'offensive en Champagne. Il impute son échec à un manque d'artillerie et d'infanterie, bien que des échelons inférieurs de la hiérarchie parviennent des rapports soulignant l'inutilité des grandes attaques de ce type. Les pertes sont difficiles à évaluer, mais on peut les estimer à environ 10000 français pour 50000 allemands Une armée ottomane traverse le Sinaï en vue d'une attaque sur le canal de Suez. Celle-ci comprend 25000 hommes, les Britanniques en alignant à peu près autant le long du canal. Il n'y a que trois routes pour atteindre le canal depuis l'Est : deux côtières, qui laisseraient les soldats sous le feu des navires britanniques, et la dernière qu'ils sont de fait contraints d'emprunter, avec peu de points d'eau, en plein désert. Le soldat Mardochée Louis Lévy est fusillé à Maizy, dans l'Aisne.

L'empereur Guillaume II le 15 janvier. Celui-ci compare les combats de Crouy, qui se sont finis la veille, à la victoire prussienne majeure de Saint-Privat (ou Gravelotte) de 1870, même s'il n'y a manifestement pas de quoi. Library of Congress, domaine public.

samedi 10 janvier 2015

10 janvier 1915 - Rationnement

A Crouy, les Français prennent deux lignes allemandes, et s'enfoncent même plus loin par endroit. Ils se retrouvent cernés et, faute de retraiter, se font massacrer sur place. En Allemagne, von Moltke remet à l'Empereur un rapport sur la situation économique du pays, très préoccupante. Des mesures de rationnement drastiques sont lancées en conséquence. Des mouvement ottomans sont observés sur le canal de Suez. 16 avions allemands tentent d'aller bombarder l'Angleterre, mais ils se perdent dans le brouillard et larguent finalement leurs bombes sur Dunkerque.

Les soldats du 11e bataillon d'infanterie australien posent sur la Grande Pyramide de Gizey le 10 janvier 1915. Australian War Memorial, domaine public.

lundi 27 octobre 2014

27 octobre 1914 - De Kindermord

Dans le secteur de l'Yser, l'eau commence à monter, mais le débit des vannes ouvertes reste limité. Les allemands, sous l'oeil de Guillaume II venu personnellement assister aux opérations, relancent la bataille d'Ypres en engageant neuf nouvelles divisions d'un coup. Celles-ci sont composées en grande partie d'unités de réserve encore en cours de formation, composées en majorité de très jeunes gens (17 ans pour les plus jeunes) totalement inexpérimentés et attaquant à découvert. Le massacre qui en résulte a été appelé "De Kindermord" ("le massacre des innocents"). Premier numéro de La Gazette des Ardennes, journal sous contrôle allemand diffusé dans les régions françaises occupées.

Éditorial du premier numéro de la Gazette des Ardennes. © http://raymond57ri.canalblog.com

dimanche 14 septembre 2014

14 septembre 1914 - Paquebot contre paquebot

Les Français tentent d'attaquer les positions allemandes, notamment dans l'Aisne, mais ceux-ci sont bien retranchés et ne reculent globalement plus. Les Allemands évacuent Reims, mais la bombardent, notamment la cathédrale. Suite à l'échec de l'offensive sur la Marne, et à son état d'épuisement personnel, l'empereur Guillaume II remplace von Moltke par von Falkenhayn à la tête des armées allemandes. Dans l'Atlantique Sud, le navire britannique Carmania coule l'allemand Cap Trafalgar ; les deux sont d'anciens paquebots commerciaux, armés pour être convertis en croiseurs auxiliaires. Les Australiens, qui n'avaient pour l'instant pris qu'une île mineure de Nouvelle-Guinée allemande, débarquent sur l'île principale, et commencent à assiéger Toma, près de Rabaul avec 200 hommes, 1 canon et 1 croiseur en couverture, sans prendre de risques. L'amiral Graf von Spee arrive en vue des Samoa allemandes, occupées par les néo-zélandais peu entraînés et mal équipés, avec les croiseurs Scharnhorst et Gneisenau ; il pourrait aisément reprendre la colonie, mais réalise que les Alliés reviendraient dès son départ, et repart sans perdre plus de temps.

Le RMS Carmania, au premier plan, coule le SMS Cap Trafalgar, au fond. Les deux étaient avant la guerre des paquebots transatlantiques, le premier de la Cunard Line et le second de la Hamburg Süd. L'armement ajouté sur le Cap Trafalgar, qui en fait un croiseur auxiliaire, est composé de deux canons de 105 mm et de six de 37 mm. Charles Dixon, Carmania sinking Cap Trafalgar off Trinidad, September 14, 1914, 1923, National Maritime Museum, domaine public.

jeudi 4 septembre 2014

04 septembre 1914 - Bataille du Grand Couronné

Les défenses de Maubeuge sont à bout de force. Les Belges ouvrent les digues autour d'Anvers pour ralentir l'avance allemande. L'armée allemande occupe Reims. Toutefois, dans son mouvement tournant, elle ne peut pas protéger son flanc droit, les troupes chargées de le faire ayant été retenues trop longtemps en Belgique, face à Anvers notamment. Le général Gallieni, commandant de Paris, y voit une opportunité et donne l'ordre à la VIe armée, devant initialement défendre Paris, de se porter en avant et d'attaquer un point faible dans le flanc allemand sur l'Ourcq. Début de la bataille du Grand Couronné à Nancy. Il s'agit d'une ligne de défense qui empêche les allemands d'encercler Nancy par le Sud. La prise de la ville est importante surtout pour le prestige de l'armée allemande, à tel point que l'empereur Guillaume II vient en personne assister aux opérations. Les Allemands lancent une violente attaque qui oblige les défenseurs à se replier, mais ceux-ci tiennent bon voire parviennent à contre-attaquer.

Des soldats français, posant pour un photographe de presse, font mine de s'embusquer dans un fossé. La photographie n'est pas datée mais a été prise au moment de la bataille de la Marne, début septembre 1914. Agence Rol, domaine public.

vendredi 1 août 2014

01 août 1914 - Allemagne et Russie

L'Allemagne déclare la guerre à la Russie, en lui présentant accidentellement les deux versions du document prévues à l'avance (celle pour le cas où la Russie n'aurait pas répondu à l'ultimatum, ce qui est le cas, et celle comme quoi la réponse aurait été inacceptable) et mobilise. Il est cependant question un moment d'annuler l'invasion à l'Ouest pour se concentrer sur la Russie, alors même que certains éléments de l'armée se sont déjà mis en marche. Toutefois, à 19h, les premières troupes allemandes entrent au Luxembourg. Escarmouches entre patrouilles allemandes et russes en Prusse orientale. L'ordre de mobilisation générale est lancé en France, après une réponse évasive à l'ultimatum allemand. On prépare les affiches pour le lendemain, quelques-unes commencent à être placardées dans la soirée. La marine japonaise se prépare à la guerre, alors que le Canada prévoit de proposer des troupes à la Grande-Bretagne.

L'ordre de mobilisation générale allemand, signé par Guillaume II et Bethmann-Hollweg. © Bildarchiv Preußischer Kulturbesitz.

mardi 29 juillet 2014

29 juillet 1914 - Monitor

L'Autriche bombarde Belgrade via l'artillerie de sa flottille du Danube. Les serbes font sauter des ponts, empêchant l'infanterie autrichienne de passer le fleuve. Le chancelier allemand Bethmann-Hollweg essaie de conserver la neutralité anglaise, mais ceux-ci répondent que ce ne sera pas possible en cas de guerre. Cependant, Grey propose la même possibilité d'arrêt à Belgrade qu'avait exprimé Guillaume II précédemment. Bethmann essaie donc de la transmettre à l'Autriche mais se voit débouté. Pendant ce temps, Guillaume II envoie une proposition de négociation à la Russie, sans que l'on sache si elle est vraiment sérieuse. Le chef d’État-major Moltke demande la mobilisation générale en Allemagne. Les anglais mettent leur flotte en alerte, ainsi que celle d'Extrême-Orient, tout comme les allemands. Le tsar donne l'ordre de mobilisation générale en Russie avant de revenir dessus le soir même. Poincaré et Viviani reviennent enfin en France.

Les cuirassés monitor SMS Temes, Bodrog et Szamos en route pour aller bombarder Belgrade. Vue d'artiste, le Temes étant arrivé avant les deux autres. ©http://www.cityofart.net/bship/sms_donau.html

lundi 28 juillet 2014

28 juillet 1914 - Déclaration de guerre

Comme prévu, l'Autriche déclare la guerre à la Serbie à 11h, marquant ainsi le début "officiel" de la première guerre mondiale. L'Angleterre réitère encore ses offres de médiation, cette fois-ci directement de la part du roi George V, mais ne crois plus vraiment en la possibilité d'éviter une guerre mondiale. L'empereur Guillaume II, impressionné que les serbes aient accepté quasiment tout l'ultimatum, propose à l'Autriche de s'arrêter et d'organiser une médiation dès que Belgrade sera prise. Chacun évalue ses alliés potentiels ou sa neutralité. La Russie continue sur sa lancée, en prévision d'une mobilisation totale, pendant que l'armée française s'annonce opérationnelle et que les éléments d'active s'acheminent aux frontières. La flotte anglaise rejoint sa base de guerre à Scapa Flow. Les socialistes français et allemands manifestent toujours contre la guerre. En France, fin du procès Caillaux, Henriette Caillaux est acquittée.

La déclaration de guerre, toujours en français, publiée le jour même dans un journal autrichien. Wiener Zeitung, 28 juillet 1914.

dimanche 27 juillet 2014

27 juillet 1914 - Réunion

A Londres, Grey propose encore une fois une rencontre entre les différentes puissances. Les représentants anglais, français, italiens et russes répondent présents, mais pas les allemands. Suite à ces défilements successifs, Grey confirme à l'Allemagne que si son pays venait à s'engager dans la guerre, ce qui n'est pas encore décidé, ce serait du côté de l'Entente ; dans le même temps la France réaffirme son soutien militaire total à la Russie. Le président français Poincaré annule ses visites en Scandinavie pour rentrer en France, tandis que des manifestations contre la guerre se déroulent à Paris. Les allemands rappellent des réservistes, alors que l'empereur Guillaume II vient de rentrer de croisière.

La police contient les manifestants à Paris, boulevard Poissonnière. Photographie de presse, agence Rol.

vendredi 11 juillet 2014

11 juillet 1914 - Anniversaire

Alors que les discussions continuent en Autriche pour s'assurer de la conduite de la guerre, le ministère allemand des affaires étrangères envoie un télégramme au roi Pierre Ier de Serbie pour lui souhaiter son anniversaire. Cette action a été demandée par Guillaume II lui-même pour ne pas éveiller de soupçon. Le roi Victor-Emmanuel III charge Luigi Cadorna de réorganiser la médiocre armée italienne.

Le roi Pierre Ier de Serbie en 1914. Rotary Photographic Series No. 7119 A, domaine public.

jeudi 10 juillet 2014

10 juillet 1914 - "Et ils ont le temps pour ça !"

Berchtold, ministre autrichien des Affaires étrangères, amorce la rédaction de l'ultimatum. Il en prévient l'ambassadeur allemand à Vienne, lequel fait remonter l'information jusqu'à Guillaume II. Celui-ci, d'après une note manuscrite en marge du télégramme, ne voit pas l'intérêt de perdre du temps à monter un simulacre de diplomatie.

Extrait de l'Humanité. Il est question du vote d'un budget à la Chambre pour doter l'armée d'un uniforme moins voyant, le futur "bleu horizon". Jean Jaurès, s'il n'y est pas opposé, souligne l'impact négatif d'une telle mesure sur les finances du pays. L'Humanité, 10 juillet 1914, p.2.

dimanche 6 juillet 2014

06 juillet 1914 - Chèque en blanc

Fin des entretiens. Le chancelier allemand von Bethmann et le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Zimmermann confirment le "chèque en blanc" allemand à l'Autriche, en incitant celle-ci à déclarer la guerre. Guillaume II part comme prévu effectuer sa croisière annuelle en mer du Nord afin de ne pas éveiller de soupçon. A Londres, l'ambassadeur allemand met les britanniques au courant de la situation délicate dans les Balkans, mais ces derniers espèrent une solution pacifique.

La croisière sur le SMY Hohenzollern II, yacht officiel de l'empereur Guillaume II, en 1908. De gauche à droite : von Bülow (chancelier jusqu'en 1909), Guillaume II, von Valentini (chef du cabinet). © Archives fédérales d'Allemagne.

samedi 5 juillet 2014

05 juillet 1914 - Entretiens de Potsdam

Entretiens de Potsdam. Une lettre de l'empereur d'Autriche François-Joseph stipule la nécessité d'"éliminer la Serbie" pour éviter la désintégration de l'Empire. L'empereur allemand Guillaume II indique lui que l'Allemagne appuiera toute action Autrichienne contre la Serbie, y compris une guerre de grande ampleur, et le ministre de la guerre allemand Erich von Falkenhayn considère son pays comme prêt pour une guerre contre la Russie et la France. D'autre part, l'enquête sur l'assassinat pointe vers le major serbe Voja Tankosic, l'un des fondateurs de l'organisation La Main noire. A Paris, des suffragettes manifestent aux Tuileries.

Extrait traduit de la lettre de François-Joseph. Il y fait référence à un memorandum daté du 14 juin, donc avant l'attentat de Sarajevo, analysant clairement les risques de guerre européenne en cas d'agression de la Serbie mais recommandant tout de même cette action ; l'assassinat n'est ainsi vu que comme une confirmation tombant à point nommé. Austrian Red Book, 1920, p.13.

vendredi 4 juillet 2014

04 juillet 1914 - En finir avec la Serbie

L'empereur Guillaume II déclare qu'il faut dès à présent en finir militairement avec la Serbie. Une rencontre entre ses représentants et ceux de l'Autriche-Hongrie, mis au courant de ses intentions, est prévue le lendemain au palais de Potsdam. En Autriche, les corps de François-Ferdinand et de Sophie sont inhumés, dans l'indifférence voire l'hostilité d'une bonne partie de l'entourage impérial.

Les tombeaux du couple, dans la crypte du château d'Artstetten. "Cassius Chaerea", domaine public.