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mardi 29 juillet 2014

29 juillet 1914 - Monitor

L'Autriche bombarde Belgrade via l'artillerie de sa flottille du Danube. Les serbes font sauter des ponts, empêchant l'infanterie autrichienne de passer le fleuve. Le chancelier allemand Bethmann-Hollweg essaie de conserver la neutralité anglaise, mais ceux-ci répondent que ce ne sera pas possible en cas de guerre. Cependant, Grey propose la même possibilité d'arrêt à Belgrade qu'avait exprimé Guillaume II précédemment. Bethmann essaie donc de la transmettre à l'Autriche mais se voit débouté. Pendant ce temps, Guillaume II envoie une proposition de négociation à la Russie, sans que l'on sache si elle est vraiment sérieuse. Le chef d’État-major Moltke demande la mobilisation générale en Allemagne. Les anglais mettent leur flotte en alerte, ainsi que celle d'Extrême-Orient, tout comme les allemands. Le tsar donne l'ordre de mobilisation générale en Russie avant de revenir dessus le soir même. Poincaré et Viviani reviennent enfin en France.

Les cuirassés monitor SMS Temes, Bodrog et Szamos en route pour aller bombarder Belgrade. Vue d'artiste, le Temes étant arrivé avant les deux autres. ©http://www.cityofart.net/bship/sms_donau.html

dimanche 27 juillet 2014

27 juillet 1914 - Réunion

A Londres, Grey propose encore une fois une rencontre entre les différentes puissances. Les représentants anglais, français, italiens et russes répondent présents, mais pas les allemands. Suite à ces défilements successifs, Grey confirme à l'Allemagne que si son pays venait à s'engager dans la guerre, ce qui n'est pas encore décidé, ce serait du côté de l'Entente ; dans le même temps la France réaffirme son soutien militaire total à la Russie. Le président français Poincaré annule ses visites en Scandinavie pour rentrer en France, tandis que des manifestations contre la guerre se déroulent à Paris. Les allemands rappellent des réservistes, alors que l'empereur Guillaume II vient de rentrer de croisière.

La police contient les manifestants à Paris, boulevard Poissonnière. Photographie de presse, agence Rol.

samedi 26 juillet 2014

26 juillet 1914 - Howth gun-running

En Grande-Bretagne, le ministre des Affaires étrangères Grey tente toujours d'organiser une médiation, sans trop de succès, d'autant que les allemands font en sorte que les russes traitent plutôt le problème directement avec l'Autriche. L'Allemagne essaie d'autre part de garder le conflit localisé tout en faisant croire qu'elle n'est pour rien dans l'affaire, ce qui fonctionne de moins en moins. La Serbie se prépare fébrilement, tandis que l'Autriche masse des troupes à la frontière russe et rappelle au pays ses ressortissants habitant aux États-Unis. La Russie se prépare également pour la mobilisation générale, en espérant ainsi impressionner les Empires centraux. Les marines anglaise, française et italienne se mettent en condition. La Belgique, neutre, renforce tout de même son armée.

Les nationalistes Molly Childers et Mary Spring Rice à bord de l'Asgard pendant le "Howth gun-running", opération visant à approvisionner avec un millier de fusils Mauser en provenance d'Allemagne les insurgés irlandais, dans le cadre de la révolution qui dure depuis 1912. ©http://www.easter1916.ie/

vendredi 25 juillet 2014

25 juillet 1914 - Réponse

Le conseil serbe se réunit en urgence et transmet sa réponse à l'ultimatum à 17h58. A la surprise générale, tous les points sont acceptés sauf celui portant sur la participation de fonctionnaires autrichiens à l'enquête ; et encore, il ne s'agit pas d'un refus net mais de la volonté d'en référer à un tribunal international qui statuera. L'Autriche considère tout de même qu'il s'agit d'un refus, et son ambassadeur signifie à la Serbie la rupture des relations diplomatiques avant de quitter le pays à 18h30. Tandis que Grey, de Londres, continue à proposer sa médiation en se détachant quelque peu de l'Entente, la plupart des puissances commencent les préparatifs de guerre. L'Autriche mobilise 8 corps d'armée en vue d'attaquer le 28, de même que la Serbie pour se défendre dès 15h, la Russie confirme son amorce de mobilisation pour 13 corps, et la France rappelle ses soldats en permission et ordonne aux troupes marocaines de rejoindre la métropole. Viviani, alors à Stockholm et que la France presse de rentrer, déclare qu'il suivra certainement la Russie dans la guerre. A Lyon, Jaurès prononce son avant-dernier discours, juste après avoir appris les nouvelles des Balkans ; il appelle à la grève générale dans toute l'Europe pour stopper la guerre.

La réponse - en français à l'origine - du gouvernement serbe sur les points litigieux. Il est reprécisé à la fin du document que la Serbie s'en remet au tribunal de La Haye si l'Autriche n'est pas satisfaite de la réponse. Austrian Red Book, 1920, p.43.

jeudi 24 juillet 2014

24 juillet 1914 - Réactions

Les différents pays européens, découvrant l'ultimatum le matin, se montrent choqués,se rendant bien compte de la volonté martiale qui le sous-tend et de l'impossibilité pour la Serbie d'y satisfaire. La Grande-Bretagne et l'Italie proposent leur aide pour régler le différent pacifiquement, l'Allemagne attendra que le délais de l'ultimatum soit écoulé, et qu'il soit donc trop tard, pour y répondre. Zimmermann, ministre des Affaires étrangères allemand, envoie une note aux ambassadeurs allemands dans les différents pays leur demandant d'éviter l'entrée en guerre des grandes puissances. La Serbie commence à mobiliser, la Grande-Bretagne garde sa flotte prête. La Russie mobilise 13 corps d'armée même si les différents ministres admettent que l'armée n'est pas prête, comme l'a montré la guerre russo-japonaise, et qu'elle doit déjà s'occuper de mouvements révolutionnaires à Saint-Pétersbourg.

La situation vue depuis Salem, en Oregon. The Daily Capital Journal, 24 juillet 1914, p.1.

mercredi 16 juillet 2014

16 juillet 1914 - Suspicion

Le chancelier allemand von Bethmann déclare que la non-responsabilité serbe dans l'attentat ne lui importe aucunement, seule compte la guerre, qui pourrait causer une rupture de la Triple-Entente, ou que l'Allemagne pourra gagner même dans le cas contraire. L'ambassadeur russe en Autriche a vent que quelque chose se prépare contre la Serbie, mais l'ambassadeur autrichien en Russie l'infirme immédiatement auprès du ministre russe des Affaires étrangères Sazonov. De même, le secrétaire britannique aux affaires étrangères Grey indique à l'ambassadeur russe à Londres que les allemands ne peuvent plus être considérés comme pacifistes.

A Dunkerque, le torpilleur 323 fait monter Poincaré et Viviani à bord du cuirassé Le France, qui va les amener en Russie. BNF.