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vendredi 22 mai 2015

22 mai 1915 - Mobilisation italienne

Les ottomans contre-attaquent sur le Haut-Euphrate, et enfoncent un corps d'armée russe. L'Italie publie l'ordre de mobilisation.

Le major ottoman Ohrili Kemal Bey, les yeux bandés, est emmené au quartier général des troupes de l'ANZAC à Gallipoli par le major Sam Butler, avec le drapeau blanc. Il va négocier un cessez-le-feu pour permettre d'enterrer les morts. Domaine public.

jeudi 27 novembre 2014

27 novembre 1914 - Mobilisation intempestive

Malgré certaines contre-attaques victorieuses, les Serbes ne peuvent défendre un front devenu trop étendu, et leur commandement décide d'abandonner Belgrade. Alors que Reims est à nouveau bombardé, le président américain Wilson condamne les bombardements de villes non fortifiées.

Une méprise qui a fait le tour de la France à cette époque. Un ordre de mobilisation générale est arrivé dans le canton d'Arracourt, en Meurthe-et-Moselle (à la frontière franco-allemande), le 27 novembre 1912 (d'où la date modifiée sur la carte postale, qui devrait bien être 1912 et non 1914). Le canton s'est très efficacement mobilisé avant que l'on ne s'aperçoive qu'il s'agissait d'une erreur, et que l'ordre de mobilisation générale avait été envoyé à la place d'un ordre de mobilisation partielle pour des manœuvres d'entraînement. © http://www.cartespostalesdelorraine.com

dimanche 3 août 2014

03 août 1914 : France et Allemagne

A 7h, les Belges répondent par la négative à l'ultimatum allemand. L'armée allemande, qui n'a pourtant pas encore déclaré la guerre à la Belgique, y pénètre vers Aix-la-Chapelle. Le roi Albert Ier, à 11h, en réfère à la France et à la Grande-Bretagne censées garantir sa neutralité. Les anglais reçoivent la nouvelle en pleine séance du Conseil, et décident de mobiliser même s'ils ne déclarent pas immédiatement la guerre ; ils envoient un ultimatum à l'Allemagne lui demandant de se retirer de Belgique. A 17h22, un avion allemand lâche 6 bombes sur Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, ne provoquant que des dégâts matériels. Peu après, l'Allemagne déclare la guerre à la France, sous le prétexte (inventé) qu'un avion français aurait bombardé Nuremberg. Les allemands prennent trois villes aux Russes, les Serbes et les Autrichiens continuent à s'affronter. Les anglais coupent les câbles de transmission sous-marins allemands, même si ceux-ci peuvent tout de même utiliser la TSF à longue portée.

Une des bombes lâchées sur Lunéville, qui n'a pas explosé. ©Le Mensonge du 3 Août 1914, 1917 ; cité par http://jmpicquart.pagesperso-orange.fr/

vendredi 1 août 2014

01 août 1914 - Allemagne et Russie

L'Allemagne déclare la guerre à la Russie, en lui présentant accidentellement les deux versions du document prévues à l'avance (celle pour le cas où la Russie n'aurait pas répondu à l'ultimatum, ce qui est le cas, et celle comme quoi la réponse aurait été inacceptable) et mobilise. Il est cependant question un moment d'annuler l'invasion à l'Ouest pour se concentrer sur la Russie, alors même que certains éléments de l'armée se sont déjà mis en marche. Toutefois, à 19h, les premières troupes allemandes entrent au Luxembourg. Escarmouches entre patrouilles allemandes et russes en Prusse orientale. L'ordre de mobilisation générale est lancé en France, après une réponse évasive à l'ultimatum allemand. On prépare les affiches pour le lendemain, quelques-unes commencent à être placardées dans la soirée. La marine japonaise se prépare à la guerre, alors que le Canada prévoit de proposer des troupes à la Grande-Bretagne.

L'ordre de mobilisation générale allemand, signé par Guillaume II et Bethmann-Hollweg. © Bildarchiv Preußischer Kulturbesitz.

jeudi 31 juillet 2014

31 juillet 1914 - Assassinat de Jean Jaurès

Les Russes font sauter les ponts de chemin de fer en provenance d'Autriche, tandis que les Serbes résistent tant bien que mal. A 13h, l'Allemagne proclame la loi martiale, et envoie deux ultimatums, en demandant à la Russie de stopper sa mobilisation sous 24h, et à la France de rester neutre en cédant temporairement à l'Allemagne les forts de Toul et Verdun. Les Français comptent bien refuser et prévoient de mobiliser le lendemain. Les Anglais demandent si la neutralité belge sera respectée : les Français acquiescent, les Allemands ne répondent pas. La Belgique et les Pays-Bas mobilisent, l'Italie décide de rester neutre. Panique financière à la bourse de Londres.

Plaque commémorative de l'assassinat de Jean Jaurès, au café Le Croissant dans le IIe arrondissement de Paris. Le meurtrier est Raoul Villain, un étudiant de l’École du Louvre proche de l'Action française et relativement déséquilibré mentalement, qui l’a abattu au revolver à la terrasse sans motif très clair. Il sera très largement acquitté en 1919 compte tenu du patriotisme ambiant, et la veuve Jaurès condamnée aux dépens. A partir de ce moment, une bonne part des pacifistes français se rallient à l'"Union sacrée" pour la guerre. ©Rémi Jouan, domaine public.

mercredi 30 juillet 2014

30 juillet 1914 - Plan Schlieffen

Von Bethmann poursuit ses efforts pour essayer de faire accepter la voie diplomatique, mais la Russie ordonne la mobilisation générale à 16h. Cette action, perçue comme une provocation par Berlin, permet au chef d’État-major von Moltke de convaincre les autrichiens de faire de même et ainsi faire échouer toute tentative de conciliation. En conséquence, l'Autriche ordonne la mobilisation générale dans la nuit, pour les hommes jusqu'à 50 ans. A partir de cet instant, les allemand s'en tiennent au plan Schlieffen, qui implique de prendre les Russes de vitesse dans une guerre rapide. Les Belges approvisionnent leurs forts tandis que les Pays-Bas se déclarent neutres. L'armée française, sans connaître les mobilisations générales de la Russie et de l'Autriche, se positionne à 10 km de la frontière allemande et se tient prête.

Les plans stratégiques allemand et français en vigueur. Chez les allemands, le plan Schlieffen, du nom de son concepteur, a été créé en 1905 et constamment mis à jour par von Moltke depuis. Il prévoit de ne conserver qu'une force minimale face à la Russie le temps que celle-ci mobilise, et de battre rapidement les français en passant par la Belgique neutre avant de se rabattre sur Paris. Côté français, le plan XVII (17e plan depuis 1870), datant de 1913, s'intéresse surtout aux conditions de mobilisation mais prévoit d'attaquer en Alsace-Lorraine et sur le Luxembourg. ©Arte, Le dessous des cartes.

samedi 26 juillet 2014

26 juillet 1914 - Howth gun-running

En Grande-Bretagne, le ministre des Affaires étrangères Grey tente toujours d'organiser une médiation, sans trop de succès, d'autant que les allemands font en sorte que les russes traitent plutôt le problème directement avec l'Autriche. L'Allemagne essaie d'autre part de garder le conflit localisé tout en faisant croire qu'elle n'est pour rien dans l'affaire, ce qui fonctionne de moins en moins. La Serbie se prépare fébrilement, tandis que l'Autriche masse des troupes à la frontière russe et rappelle au pays ses ressortissants habitant aux États-Unis. La Russie se prépare également pour la mobilisation générale, en espérant ainsi impressionner les Empires centraux. Les marines anglaise, française et italienne se mettent en condition. La Belgique, neutre, renforce tout de même son armée.

Les nationalistes Molly Childers et Mary Spring Rice à bord de l'Asgard pendant le "Howth gun-running", opération visant à approvisionner avec un millier de fusils Mauser en provenance d'Allemagne les insurgés irlandais, dans le cadre de la révolution qui dure depuis 1912. ©http://www.easter1916.ie/

vendredi 25 juillet 2014

25 juillet 1914 - Réponse

Le conseil serbe se réunit en urgence et transmet sa réponse à l'ultimatum à 17h58. A la surprise générale, tous les points sont acceptés sauf celui portant sur la participation de fonctionnaires autrichiens à l'enquête ; et encore, il ne s'agit pas d'un refus net mais de la volonté d'en référer à un tribunal international qui statuera. L'Autriche considère tout de même qu'il s'agit d'un refus, et son ambassadeur signifie à la Serbie la rupture des relations diplomatiques avant de quitter le pays à 18h30. Tandis que Grey, de Londres, continue à proposer sa médiation en se détachant quelque peu de l'Entente, la plupart des puissances commencent les préparatifs de guerre. L'Autriche mobilise 8 corps d'armée en vue d'attaquer le 28, de même que la Serbie pour se défendre dès 15h, la Russie confirme son amorce de mobilisation pour 13 corps, et la France rappelle ses soldats en permission et ordonne aux troupes marocaines de rejoindre la métropole. Viviani, alors à Stockholm et que la France presse de rentrer, déclare qu'il suivra certainement la Russie dans la guerre. A Lyon, Jaurès prononce son avant-dernier discours, juste après avoir appris les nouvelles des Balkans ; il appelle à la grève générale dans toute l'Europe pour stopper la guerre.

La réponse - en français à l'origine - du gouvernement serbe sur les points litigieux. Il est reprécisé à la fin du document que la Serbie s'en remet au tribunal de La Haye si l'Autriche n'est pas satisfaite de la réponse. Austrian Red Book, 1920, p.43.

jeudi 24 juillet 2014

24 juillet 1914 - Réactions

Les différents pays européens, découvrant l'ultimatum le matin, se montrent choqués,se rendant bien compte de la volonté martiale qui le sous-tend et de l'impossibilité pour la Serbie d'y satisfaire. La Grande-Bretagne et l'Italie proposent leur aide pour régler le différent pacifiquement, l'Allemagne attendra que le délais de l'ultimatum soit écoulé, et qu'il soit donc trop tard, pour y répondre. Zimmermann, ministre des Affaires étrangères allemand, envoie une note aux ambassadeurs allemands dans les différents pays leur demandant d'éviter l'entrée en guerre des grandes puissances. La Serbie commence à mobiliser, la Grande-Bretagne garde sa flotte prête. La Russie mobilise 13 corps d'armée même si les différents ministres admettent que l'armée n'est pas prête, comme l'a montré la guerre russo-japonaise, et qu'elle doit déjà s'occuper de mouvements révolutionnaires à Saint-Pétersbourg.

La situation vue depuis Salem, en Oregon. The Daily Capital Journal, 24 juillet 1914, p.1.

mardi 1 juillet 2014

01 juillet 1914 - Avis divergents

Les avis sont partagés dans l'Empire sur l'attitude à tenir vis-à-vis de la Serbie. L'empereur François-Joseph attend les résultats de l'enquête, le général en chef Conrad von Hötzendorf est favorable à la guerre, et le ministre des affaires étrangères Leopold Berchtold craint les effets de la mobilisation sur la population.

Austrian Red Book, 1920, p.14.
Extrait traduit d'une lettre de István Tisza, premier ministre de la Hongrie, à François-Joseph.
Austrian Red Book, 1920, p.14.