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mardi 14 avril 2015

14 avril 1915 - Fête de la gloire

Fin de l'offensive en Woëvre : elle n'a eu aucun résultat stratégique, même si elle a causé des pertes assez importantes aux Allemands. Les Allemands accusent les Français d'avoir utilisé des gaz toxiques près de Verdun, ce qui est infondé mais vise à préparer la première utilisation des gaz quelques jours plus tard par les Allemands, à Ypres. Les Britanniques indiquent que les Dominions seront consultés par rapport aux termes de paix. Le Japon informe les Britanniques que les Allemands réfléchissent à une offre de paix séparée. Les Grecs rejettent l'offre des alliés.

La "fête de la gloire" se tient sur le Trocadéro en l'honneur des blessés du camp retranché de Paris, lesquels sont présents : les "gueules cassées" font leur apparition dans le paysage de la capitale. © http://www.parisenimages.fr

jeudi 26 février 2015

26 février 1915 - Lance-flamme

Les Français tentent un assaut en forme de reconnaissance sur le Hartmannswillerkopf, ne progressant que d'une centaine de mètres et sans parvenir à repérer précisément la ligne allemande. Premier usage du lance-flamme par les Allemands en Argonne. Si l'armée allemande intègre le lance-flamme depuis 1911, il n'a pas été utilisé jusque-là, et restera très anecdotique encore jusqu'à la mi-1916.

Le fort de Vaux après les bombardements du 26 février. Les forts de Verdun subissent quelques tirs d'artillerie de siège en février 1915. Le 26, 129 obus de 380 et 420 mm tombent sur celui de Vaux. Ceux-ci ne se reproduiront pas avant la bataille de Verdun proprement dite, l'année suivante. © http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr

mardi 17 février 2015

17 février 1915 - Les Eparges

L'offensive se poursuit pendant trois jours en Champagne, avec toujours les mêmes objectifs, sensiblement les mêmes résultats, et des pertes très lourdes. Les Français décident de réduire le saillant allemand de Saint-Mihiel, au Sud de Verdun. Ils décident d'attaquer au Nord sur la crête des Eparges, un point avancé des Hauts-de-Meuse. Après une approche progressive réalisée pendant l'hiver, quatre mines sautent au matin, les troupes françaises parvenant à conquérir la crête dans la foulée. Toutefois, les Allemands bombardent lourdement les positions nouvellement acquises. Début des opérations en vue du débarquement des troupes de l'ANZAC aux Dardanelles (prévu pour avril) : un hydravion lancé depuis le HMS Ark Royal effectue une reconnaissance sur les positions ottomanes. Les Zeppelins allemands L3 et L4, employés pour des missions de reconnaissance en mer du Nord, sont détruits suite à un atterrissage d'urgence au Danemark lors d'une tempête.

Le secteur des Eparges. La zone en rose clair, correspondant au terrain sécurisé à la fin de la première attaque le 21 au soir, équivaut sensiblement à celui acquis dès le 17. © http://www.39-45.org/

dimanche 15 février 2015

15 février 1915 - Mutinerie de Singapour

Explosion de deux fourneaux de mines français au niveau du saillant de Verdun ; les mortiers de 420 mm allemands, les Grosses Bertha, bombardent le fort de Douaumont. L'Entente suggère à la Grèce d'intervenir pour aider la Serbie, en lui promettant une aide militaire.

Scène de la mutinerie de Singapour. Dans cette ville, la moitié des 850 sepoys indiens du 5th Native Light Infantry qui constituent la garnison se mutine contre les britanniques le 15 février. En une semaine, ils tuent 47 militaires britanniques et civils, avant que des compagnies européennes n'y mettent un terme par la force. 47 sepoys sont fusillés en mars, comme montré sur la photo. Domaine public.

jeudi 4 décembre 2014

04 décembre 1914 - Les Martyrs de Vingré

Les Alliés tentent de lancer une offensive générale sur entre la mer du Nord et Verdun, en particulier à Ypres. Ils pensent profiter de leur supériorité numérique, les Allemands ayant du envoyer des troupes supplémentaires en Russie, mais les tranchées allemandes sont suffisamment bien conçues pour repousser tous les assauts. Les Serbes ont retrouvé le moral alors que les Autrichiens sont totalement débordés, ils reculent encore sous l'offensive qui continue. Les Allemands parviennent à progresser en Pologne. Une force expéditionnaire portugaise quitte Lisbonne pour l'Angola. Épisode des Martyrs de Vingré : un caporal et cinq soldats sont fusillés pour l'exemple. Lors d'une attaque allemande dans l'Aisne, le 27 novembre, 24 soldats s'étaient repliés dans une tranchée de seconde ligne sur ordre d'un sous-lieutenant, avant de reprendre leurs positions précédemment enlevées par les Allemands. Ils furent accusés d'abandon de poste en présence de l'ennemi, et le sous-lieutenant fut mis hors de cause, alors qu'il s'était replié le premier. Le 3 décembre, selon les directives du général Étienne de Villaret qui souhaitait redonner aux hommes le goût de l'obéissance, 6 des soldats furent tirés au sort, et fusillés le lendemain. Ils seront réhabilités en 1921 sous la pression de leurs veuves et anciens camarades. Le sous-lieutenant (seul officier à avoir été jugé pour son rôle dans une exécution) sera acquitté, et le général ne sera pas poursuivi.

Le monument aux martyrs de Vingré, dans le champ où ils ont été fusillés. Celui-ci date de 1925, on note le vocabulaire employé : leur innocence, l'identité des coupables ou encore l'absurdité de l'événement ne sont pas mentionnés, mais ils sont par contre censé être "tombés glorieusement". © http://crdp.ac-amiens.fr/

samedi 27 septembre 2014

27 septembre 1914 - Siège d'Anvers

Les Allemands arrivent à distance de bombardement des premiers forts d'Anvers, le siège direct de la ville va pouvoir commencer. Cette place est considérée à l'époque comme la plus puissante au monde, avec deux ceintures de forts jusqu'à 9 km de la ville, mettant celle-ci hors d'atteinte d'un bombardement direct, et un millier de canons. Il y a au total 17 forts principaux dans la ceinture extérieure, avec des redoutes dans les intervalles, et 13 sur la ceinture intérieure. Cependant, les travaux ne sont pas achevés, et ils ont les mêmes défauts que la place de Liège : en particulier, le béton non armé résiste aux canons de 210 mm, mais pas au-dessus. La défense de la ville est assurée par 157000 hommes, capables d'effectuer des sorties ; les allemands sont 130000, avec 126 canons de 100 à 210 mm, et surtout 9 mortiers de 305 mm et 4 obusiers de 420 mm. Fin de la bataille de l'Aisne : les Allemands cessent leurs attaques et se retranchent définitivement, en particulier sur le plateau du Chemin des Dames, tellement imprenable qu'il ne sera de nouveau attaqué qu'en 1917 lors des offensives Nivelle, se soldant par une boucherie. Les Allemands continuent leur contre-offensive dans la Somme, et atteignent Thiepval. En Galicie, les Russes poussent en direction de Cracovie d'une part, des Carpates d'autre part. Les alliés prennent Duala, au Cameroun.

Le front Ouest le 27 septembre. Alors que la majorité du front est stable, on voit clairement se dessiner la "course à la mer" presque plein Nord qui se met en place au fur et à mesure des offensives de contournement avortées. On observe également l'avancée allemande dans la Meuse ayant créé le saillant de Saint-Mihiel, lequel a du même coup provoqué l'apparition d'un saillant français plus au Nord, celui de Verdun. © http://www.carto1418.fr/

jeudi 25 septembre 2014

25 septembre 1914 - Saint-Mihiel

Début de la bataille d'Albert : en lien avec les offensives dans l'Aisne et en Picardie, et encore plus au Nord, les Français attaquent dans la Somme, dans le secteur d'Albert. Dans l'Aisne justement, les Allemands attaquent énergiquement et les franco-britanniques ont beaucoup de mal à les contenir. A Saint-Mihiel, les Allemands débutent l'assaut sur le fort du Camp des Romains à 5h30. Au bout d'un quart d'heure le fossé est franchi et les deux camps parlementent à l'entrée d'une galerie. Le cessez-le-feu sonne à 8h30 et la garnison se rend avec les honneurs. Les Allemands capturent ainsi la ville, qui formera un saillant particulièrement gênant puisqu'il coupe la principale voie de ravitaillement de Verdun ; il ne sera réduit qu'en 1918. Début des opérations allemandes sur le Niemen. Hindenbourg prend le commandement en vue d'une opération combinée germano-autrichienne en Pologne et Galicie.

Des soldats allemands posent dans les décombres du fort du Camp des Romains après sa prise. La pile de gravas sur laquelle ils se trouvent bouche les entrées du rez-de-chaussée, ils sont donc devant les ouvertures du premier étage. © http://www.cartespostalesdelorraine.com/


mardi 23 septembre 2014

23 septembre 1914 - Bataille de Picardie

Les Allemands, n'ayant que peu de défenses dans ce secteur à l'extrémité de la ligne de front, sont bousculés en Picardie. A Saint-Mihiel, le fort du Camp des Romains est pilonné et fortement endommagé ; l'infanterie allemande attaque immédiatement et atteint la lisière de la ville. Des troupes britanniques viennent renforcer les Japonais devant Tsingtao.

Les attaques sur Saint-Mihiel entre le 23 et le 25 septembre. Entre Toul et Verdun, distantes de 75 km, la Meuse est flanquée d'une hauteur appelée les Hauts-de-Meuse et garnie d'une demi-douzaine de forts. Il s'agit de fortifications type Séré de Rivière, datant de 1880 et pour la plupart non modernisées depuis. La ville de Saint-Mihiel est située au milieu de cette ligne, et défendue par le fort du Camp des Romains. © http://www.sambre-marne-yser.be/

jeudi 18 septembre 2014

18 septembre 1914 - Home Rule

Sur le flanc Ouest, les Français atteignent Noyon mais sont contenus par les Allemands. L'offensive prévue par von Falkenhayn pour le 20 dans les Hauts-de-Meuse, à Saint-Mihiel, se présente bien : les redéploiements français font que ce secteur n'est plus défendu que par des réservistes. Von Hindenburg est nommé commandant en chef des armées allemandes sur le front Est. Dans le secteur de Verdun, six soldats sont condamnés à être fusillés pour blessure volontaire, sur la base de certificats d'un médecin qui, comme souvent, n'a pas réalisé d'examen des blessures. Quatre d'entre eux sont sauvés in extremis lorsqu'un vrai examen révèle qu'il s'agit d'éclats de shrapnel, et donc de blessures involontaires, mais les deux autres ont déjà été exécutés. George V signe le Home Rule, un acte prévoyant de donner une autonomie importante à l'Irlande au sein du Royaume-Uni. Le projet date de 1886, et la version de 1914 n'est en fait toujours pas satisfaisante : elle ne sera finalement jamais appliquée et l'impasse débouchera sur la partition de l'Irlande en 1922.


Des troupes britanniques débarquent à Lüderitzbucht (actuellement Lüderitz, en Namibie), dans le cadre des opérations en Afrique du Sud. Deutsche Kolonialgesellschaft, domaine public.

jeudi 11 septembre 2014

11 septembre 1914 - Bita Paka

Les Français poursuivent les Allemands en retraite de l'Ourcq à Verdun, reprenant notamment Epernay et Châlons. A Nancy, les Français avancent péniblement : les Allemands ont fortifié leurs arrières avec de nombreuses tranchées bien garnies de mitrailleuses. Aux lacs Mazuriques, les Russes sont repoussés en commencent à entrevoir la possibilité d'être encerclés par les Allemands : ils doivent se replier vers l'Est le plus vite possible pour l'éviter. En Galicie, fin de la bataille de Lemberg, les Autrichiens ont perdu un tiers du million d'hommes qu'ils avaient engagés et doivent se replier profondément dans les Carpates. Les Russes capturent 120000 hommes et 400 canons. Bataille de Bita Paka : environ 500 australiens cherchent à capturer un poste radio allemand sur une île de Nouvelle-Guinée, lequel est défendu par 61 réservistes allemands et 240 membres de la police mélanésienne peu entraînés. A la différence des Samoa, les défenseurs résistent, et les australiens doivent combattre pour s'emparer du poste, avec des pertes des deux côtés.

Un soldat australien ayant participé à la prise de Bita Paka. Il est ici photographié avec sa mère le 14 août, à Sydney, alors qu'il s'embarque en direction des îles indonésiennes. Domaine public.

vendredi 22 août 2014

22 août 1914 - Triste record

Le jour le plus meurtrier de l'histoire française : 27000 morts en une seule journée, en grande majorité dans les Ardennes. A Namur, le bombardement des forts continue, alors que les troupes belges commencent à évacuer, mais les forts résistent bien. Les armées françaises sont totalement défaites sur les différents fronts : les Allemands prennent Lunéville (bataille de la Trouée de Charmes, en Lorraine, pour prendre les forts de Toul et Verdun à revers et progresser vers Paris en coupant l'armée française en deux), Longwy est en ruines et les différentes attaques françaises, à la baïonnette, échouent toutes quel que soit le secteur, en particulier dans les Ardennes et à Charleroi. Bataille de Rossignol : la 3e division coloniale française rencontre par hasard, en plein brouillard, deux divisions allemandes dans ce village près de Neufchâteau. Elle se fait hacher sur place en tentant de charger toute la journée, et en sort pratiquement anéantie, avec presque 12000 morts sur un effectif de 16000 hommes. Massacre de Tamines : dans ce village sur la Sambre, pendant la bataille de Charleroi, les Allemands exécutent près de 400 civils et brûlent 240 maisons. La bataille de Charleroi en général est perdue pour les français. A Dinant, les Allemands mettent le feu aux maisons, 2500 habitants fuient derrière les lignes françaises avec que celles-ci ne retraitent. En Pologne, Józef Piłsudski organise les volontaires pour combattre du côté autrichien.

Le journal de la 3e division d'infanterie coloniale pour les 22 et 23 août 1914, relatant les combats de Rossignol. © http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

jeudi 31 juillet 2014

31 juillet 1914 - Assassinat de Jean Jaurès

Les Russes font sauter les ponts de chemin de fer en provenance d'Autriche, tandis que les Serbes résistent tant bien que mal. A 13h, l'Allemagne proclame la loi martiale, et envoie deux ultimatums, en demandant à la Russie de stopper sa mobilisation sous 24h, et à la France de rester neutre en cédant temporairement à l'Allemagne les forts de Toul et Verdun. Les Français comptent bien refuser et prévoient de mobiliser le lendemain. Les Anglais demandent si la neutralité belge sera respectée : les Français acquiescent, les Allemands ne répondent pas. La Belgique et les Pays-Bas mobilisent, l'Italie décide de rester neutre. Panique financière à la bourse de Londres.

Plaque commémorative de l'assassinat de Jean Jaurès, au café Le Croissant dans le IIe arrondissement de Paris. Le meurtrier est Raoul Villain, un étudiant de l’École du Louvre proche de l'Action française et relativement déséquilibré mentalement, qui l’a abattu au revolver à la terrasse sans motif très clair. Il sera très largement acquitté en 1919 compte tenu du patriotisme ambiant, et la veuve Jaurès condamnée aux dépens. A partir de ce moment, une bonne part des pacifistes français se rallient à l'"Union sacrée" pour la guerre. ©Rémi Jouan, domaine public.