jeudi 31 juillet 2014

31 juillet 1914 - Assassinat de Jean Jaurès

Les Russes font sauter les ponts de chemin de fer en provenance d'Autriche, tandis que les Serbes résistent tant bien que mal. A 13h, l'Allemagne proclame la loi martiale, et envoie deux ultimatums, en demandant à la Russie de stopper sa mobilisation sous 24h, et à la France de rester neutre en cédant temporairement à l'Allemagne les forts de Toul et Verdun. Les Français comptent bien refuser et prévoient de mobiliser le lendemain. Les Anglais demandent si la neutralité belge sera respectée : les Français acquiescent, les Allemands ne répondent pas. La Belgique et les Pays-Bas mobilisent, l'Italie décide de rester neutre. Panique financière à la bourse de Londres.

Plaque commémorative de l'assassinat de Jean Jaurès, au café Le Croissant dans le IIe arrondissement de Paris. Le meurtrier est Raoul Villain, un étudiant de l’École du Louvre proche de l'Action française et relativement déséquilibré mentalement, qui l’a abattu au revolver à la terrasse sans motif très clair. Il sera très largement acquitté en 1919 compte tenu du patriotisme ambiant, et la veuve Jaurès condamnée aux dépens. A partir de ce moment, une bonne part des pacifistes français se rallient à l'"Union sacrée" pour la guerre. ©Rémi Jouan, domaine public.

mercredi 30 juillet 2014

30 juillet 1914 - Plan Schlieffen

Von Bethmann poursuit ses efforts pour essayer de faire accepter la voie diplomatique, mais la Russie ordonne la mobilisation générale à 16h. Cette action, perçue comme une provocation par Berlin, permet au chef d’État-major von Moltke de convaincre les autrichiens de faire de même et ainsi faire échouer toute tentative de conciliation. En conséquence, l'Autriche ordonne la mobilisation générale dans la nuit, pour les hommes jusqu'à 50 ans. A partir de cet instant, les allemand s'en tiennent au plan Schlieffen, qui implique de prendre les Russes de vitesse dans une guerre rapide. Les Belges approvisionnent leurs forts tandis que les Pays-Bas se déclarent neutres. L'armée française, sans connaître les mobilisations générales de la Russie et de l'Autriche, se positionne à 10 km de la frontière allemande et se tient prête.

Les plans stratégiques allemand et français en vigueur. Chez les allemands, le plan Schlieffen, du nom de son concepteur, a été créé en 1905 et constamment mis à jour par von Moltke depuis. Il prévoit de ne conserver qu'une force minimale face à la Russie le temps que celle-ci mobilise, et de battre rapidement les français en passant par la Belgique neutre avant de se rabattre sur Paris. Côté français, le plan XVII (17e plan depuis 1870), datant de 1913, s'intéresse surtout aux conditions de mobilisation mais prévoit d'attaquer en Alsace-Lorraine et sur le Luxembourg. ©Arte, Le dessous des cartes.

mardi 29 juillet 2014

29 juillet 1914 - Monitor

L'Autriche bombarde Belgrade via l'artillerie de sa flottille du Danube. Les serbes font sauter des ponts, empêchant l'infanterie autrichienne de passer le fleuve. Le chancelier allemand Bethmann-Hollweg essaie de conserver la neutralité anglaise, mais ceux-ci répondent que ce ne sera pas possible en cas de guerre. Cependant, Grey propose la même possibilité d'arrêt à Belgrade qu'avait exprimé Guillaume II précédemment. Bethmann essaie donc de la transmettre à l'Autriche mais se voit débouté. Pendant ce temps, Guillaume II envoie une proposition de négociation à la Russie, sans que l'on sache si elle est vraiment sérieuse. Le chef d’État-major Moltke demande la mobilisation générale en Allemagne. Les anglais mettent leur flotte en alerte, ainsi que celle d'Extrême-Orient, tout comme les allemands. Le tsar donne l'ordre de mobilisation générale en Russie avant de revenir dessus le soir même. Poincaré et Viviani reviennent enfin en France.

Les cuirassés monitor SMS Temes, Bodrog et Szamos en route pour aller bombarder Belgrade. Vue d'artiste, le Temes étant arrivé avant les deux autres. ©http://www.cityofart.net/bship/sms_donau.html

lundi 28 juillet 2014

28 juillet 1914 - Déclaration de guerre

Comme prévu, l'Autriche déclare la guerre à la Serbie à 11h, marquant ainsi le début "officiel" de la première guerre mondiale. L'Angleterre réitère encore ses offres de médiation, cette fois-ci directement de la part du roi George V, mais ne crois plus vraiment en la possibilité d'éviter une guerre mondiale. L'empereur Guillaume II, impressionné que les serbes aient accepté quasiment tout l'ultimatum, propose à l'Autriche de s'arrêter et d'organiser une médiation dès que Belgrade sera prise. Chacun évalue ses alliés potentiels ou sa neutralité. La Russie continue sur sa lancée, en prévision d'une mobilisation totale, pendant que l'armée française s'annonce opérationnelle et que les éléments d'active s'acheminent aux frontières. La flotte anglaise rejoint sa base de guerre à Scapa Flow. Les socialistes français et allemands manifestent toujours contre la guerre. En France, fin du procès Caillaux, Henriette Caillaux est acquittée.

La déclaration de guerre, toujours en français, publiée le jour même dans un journal autrichien. Wiener Zeitung, 28 juillet 1914.

dimanche 27 juillet 2014

27 juillet 1914 - Réunion

A Londres, Grey propose encore une fois une rencontre entre les différentes puissances. Les représentants anglais, français, italiens et russes répondent présents, mais pas les allemands. Suite à ces défilements successifs, Grey confirme à l'Allemagne que si son pays venait à s'engager dans la guerre, ce qui n'est pas encore décidé, ce serait du côté de l'Entente ; dans le même temps la France réaffirme son soutien militaire total à la Russie. Le président français Poincaré annule ses visites en Scandinavie pour rentrer en France, tandis que des manifestations contre la guerre se déroulent à Paris. Les allemands rappellent des réservistes, alors que l'empereur Guillaume II vient de rentrer de croisière.

La police contient les manifestants à Paris, boulevard Poissonnière. Photographie de presse, agence Rol.

samedi 26 juillet 2014

26 juillet 1914 - Howth gun-running

En Grande-Bretagne, le ministre des Affaires étrangères Grey tente toujours d'organiser une médiation, sans trop de succès, d'autant que les allemands font en sorte que les russes traitent plutôt le problème directement avec l'Autriche. L'Allemagne essaie d'autre part de garder le conflit localisé tout en faisant croire qu'elle n'est pour rien dans l'affaire, ce qui fonctionne de moins en moins. La Serbie se prépare fébrilement, tandis que l'Autriche masse des troupes à la frontière russe et rappelle au pays ses ressortissants habitant aux États-Unis. La Russie se prépare également pour la mobilisation générale, en espérant ainsi impressionner les Empires centraux. Les marines anglaise, française et italienne se mettent en condition. La Belgique, neutre, renforce tout de même son armée.

Les nationalistes Molly Childers et Mary Spring Rice à bord de l'Asgard pendant le "Howth gun-running", opération visant à approvisionner avec un millier de fusils Mauser en provenance d'Allemagne les insurgés irlandais, dans le cadre de la révolution qui dure depuis 1912. ©http://www.easter1916.ie/

vendredi 25 juillet 2014

25 juillet 1914 - Réponse

Le conseil serbe se réunit en urgence et transmet sa réponse à l'ultimatum à 17h58. A la surprise générale, tous les points sont acceptés sauf celui portant sur la participation de fonctionnaires autrichiens à l'enquête ; et encore, il ne s'agit pas d'un refus net mais de la volonté d'en référer à un tribunal international qui statuera. L'Autriche considère tout de même qu'il s'agit d'un refus, et son ambassadeur signifie à la Serbie la rupture des relations diplomatiques avant de quitter le pays à 18h30. Tandis que Grey, de Londres, continue à proposer sa médiation en se détachant quelque peu de l'Entente, la plupart des puissances commencent les préparatifs de guerre. L'Autriche mobilise 8 corps d'armée en vue d'attaquer le 28, de même que la Serbie pour se défendre dès 15h, la Russie confirme son amorce de mobilisation pour 13 corps, et la France rappelle ses soldats en permission et ordonne aux troupes marocaines de rejoindre la métropole. Viviani, alors à Stockholm et que la France presse de rentrer, déclare qu'il suivra certainement la Russie dans la guerre. A Lyon, Jaurès prononce son avant-dernier discours, juste après avoir appris les nouvelles des Balkans ; il appelle à la grève générale dans toute l'Europe pour stopper la guerre.

La réponse - en français à l'origine - du gouvernement serbe sur les points litigieux. Il est reprécisé à la fin du document que la Serbie s'en remet au tribunal de La Haye si l'Autriche n'est pas satisfaite de la réponse. Austrian Red Book, 1920, p.43.