mardi 30 septembre 2014

30 septembre 1914 - Inquiétude à Anvers

La situation devient très préoccupante à Anvers. Tous les forts faisant face aux Allemands sont fortement endommagés, la plupart de leurs pièces hors d'usage. Les troupes occupant les tranchées dans les intervalles ont du se replier, laissant certains forts isolés. Pourtant, l'infanterie allemande n'a encore rien fait, attendant que les forts soient totalement détruits pour intervenir. Les Français reprennent Arras, et concentrent une nouvelle armée dans la région d'Amiens et Lens. Ils occupent également Lille.

Un aperçu des dégâts causés par l'artillerie allemande sur le fort Sint-Katelijne-Waver, à Anvers. Comme on peut le constater, les forts sont construits presque entièrement en surface, même s'ils sont recouverts de terre, à cause de la nappe phréatique très proche de la surface. Ils tirent de plus à poudre noire, ce qui en fait des cibles parfaites, et sont construits en béton non armé donc ne résistent pas aux obus de gros calibres. © http://www.fortengordels.be

lundi 29 septembre 2014

29 septembre 1914 - Du Niemen à la Vistule

A Anvers, les Belges ouvrent les digues et inondent une partie du terrain, ce qui fait partie du plan de défense de la citadelle. Ceci n'empêche pas la canonnade de continuer : le fort de Sint-Katelijne-Waver reçoit un projectile de 420 mm toutes les 7 minutes, une poudrière explose et il est évacué en fin de journée. Dans la nuit, les Belges utilisent la seule voie de chemin de fer restante pour déplacer discrètement leur base d'opération plus à l'Ouest. Toutes les offensives entreprises dans le Nord de la France sont arrêtées. Une nouvelle est programmée, toujours à l'extrémité du front actuel, c'est-à-dire dans la région d'Arras. Les Allemands abandonnent leur offensive sur le Niemen, qui n'a pas abouti. Les Allemands attaquent les Russes sur la Vistule, en Pologne, en direction de Varsovie. Ils n'ont que 19 divisions contre 60 pour les Russes, mais parviennent tout de même à les bousculer. Les Russes pénètrent en Hongrie.

Un extrait de la première page du journal nationaliste l'Echo de Paris. Si l'on reconnaît toujours le ton grandiloquent du début de la guerre, le contenu s'est modifié. Les opérations ne semblent plus primordiales : il n'y a quasiment rien de plus que le communiqué officiel en haut, qui ne donne aucune information intéressante. A gauche, la peinture de la famille française conserve son ton propagandiste, mais il semble évident que la guerre sera toujours là à l'hiver, et la possibilité de la mort du fils n'est pas exclue. Enfin, à droite, si les blessés sont toujours censés être heureux et bien soignés, la réalité des "grosses plaies" causées par l'artillerie est bien présente. L'Echo de Paris, 29 septembre 1914, p.1.

dimanche 28 septembre 2014

28 septembre 1914 - Croix noires

L'artillerie lourde commence à tirer sur quelques forts d'Anvers ; son effet est immédiat : au fort de Sint-Katelijne-Waver, le principal visé, les obus de 420 mm percent les 2,50 m de béton en endommagent fortement l'infrastructure. A Albert, les Français parviennent à stopper les Allemands et à établir une ligne défensive. Les Allemands appliquent pour la première fois la croix pattée - sur leurs avions, alors qu'ils se contentaient auparavant d'une bande noire sur l'aile. Les alliés n'ont pas encore de signe distinctif comparable. Les Russes avancent toujours en Pologne et en Galicie. La Turquie ferme le détroit des Dardanelles aux pays de l'Entente. A Tsingtao, la canonnière allemande Jaguar coule le croiseur japonais Takashio, dans une tentative pour briser le blocus du port. Les britanniques commencent les préparatifs pour envoyer une force, composée de soldats indiens, au Moyen-Orient. Procès des assassins de l'archiduc à Sarajevo.

Des soldats allemands transportent une aile de biplan sur laquelle apparaît la nouvelle croix pattée. La photographie a été prise à Saint-Quentin et n'est pas datée. Cet insigne restera en usage jusqu'en avril 1918, avant d'être remplacé par une "croix balkanique" aux branches droites qui servira jusqu'à l'adoption de l'emblème nazi. La croix pattée est de nouveau utilisée par l'armée allemande (de l'Ouest puis réunifiée) depuis 1955. © http://avaxnews.net/

samedi 27 septembre 2014

27 septembre 1914 - Siège d'Anvers

Les Allemands arrivent à distance de bombardement des premiers forts d'Anvers, le siège direct de la ville va pouvoir commencer. Cette place est considérée à l'époque comme la plus puissante au monde, avec deux ceintures de forts jusqu'à 9 km de la ville, mettant celle-ci hors d'atteinte d'un bombardement direct, et un millier de canons. Il y a au total 17 forts principaux dans la ceinture extérieure, avec des redoutes dans les intervalles, et 13 sur la ceinture intérieure. Cependant, les travaux ne sont pas achevés, et ils ont les mêmes défauts que la place de Liège : en particulier, le béton non armé résiste aux canons de 210 mm, mais pas au-dessus. La défense de la ville est assurée par 157000 hommes, capables d'effectuer des sorties ; les allemands sont 130000, avec 126 canons de 100 à 210 mm, et surtout 9 mortiers de 305 mm et 4 obusiers de 420 mm. Fin de la bataille de l'Aisne : les Allemands cessent leurs attaques et se retranchent définitivement, en particulier sur le plateau du Chemin des Dames, tellement imprenable qu'il ne sera de nouveau attaqué qu'en 1917 lors des offensives Nivelle, se soldant par une boucherie. Les Allemands continuent leur contre-offensive dans la Somme, et atteignent Thiepval. En Galicie, les Russes poussent en direction de Cracovie d'une part, des Carpates d'autre part. Les alliés prennent Duala, au Cameroun.

Le front Ouest le 27 septembre. Alors que la majorité du front est stable, on voit clairement se dessiner la "course à la mer" presque plein Nord qui se met en place au fur et à mesure des offensives de contournement avortées. On observe également l'avancée allemande dans la Meuse ayant créé le saillant de Saint-Mihiel, lequel a du même coup provoqué l'apparition d'un saillant français plus au Nord, celui de Verdun. © http://www.carto1418.fr/

vendredi 26 septembre 2014

26 septembre 1914 - Sandfontein

Dans l'Aisne, les Allemands tentent de déboucher du Chemin des Dames, mais sans succès. L'offensive d'Albert est un échec : les Allemands contre-attaquent et prennent Bapaume. A Saint-Mihiel, les Allemands ne parviennent pas à pousser plus loin que la ville et passer la Meuse. Les Allemands ne parviennent pas à passer le Niemen. A Przemyśl, les Russes cessent leurs assauts frontaux : ils ont attaqué sans relâche pendant trois jours et n'ont rien gagné d'autre que de perdre 40000 hommes. Ils installent donc un siège, tandis que les Autrichiens s'organisent pour envoyer des renforts vers la citadelle. L'invasion britannique en Afrique du Sud allemande tourne court : à Sandfontein, les britanniques se hâtent pour trouver de l'eau en s'enfonçant entre des collines fortement tenues par les Allemands. Ils sont pris sous le feu des mitrailleuses et de l’artillerie, retraitent en bon ordre dès le ravitaillement effectué et rentrent directement en Afrique du Sud sans avoir réellement combattu. Les premières unités indiennes débarquent à Marseille.

Des spahis (unité de cavalerie marocaine ou algérienne) pendant la bataille de l'Aisne. © http://avaxnews.net

jeudi 25 septembre 2014

25 septembre 1914 - Saint-Mihiel

Début de la bataille d'Albert : en lien avec les offensives dans l'Aisne et en Picardie, et encore plus au Nord, les Français attaquent dans la Somme, dans le secteur d'Albert. Dans l'Aisne justement, les Allemands attaquent énergiquement et les franco-britanniques ont beaucoup de mal à les contenir. A Saint-Mihiel, les Allemands débutent l'assaut sur le fort du Camp des Romains à 5h30. Au bout d'un quart d'heure le fossé est franchi et les deux camps parlementent à l'entrée d'une galerie. Le cessez-le-feu sonne à 8h30 et la garnison se rend avec les honneurs. Les Allemands capturent ainsi la ville, qui formera un saillant particulièrement gênant puisqu'il coupe la principale voie de ravitaillement de Verdun ; il ne sera réduit qu'en 1918. Début des opérations allemandes sur le Niemen. Hindenbourg prend le commandement en vue d'une opération combinée germano-autrichienne en Pologne et Galicie.

Des soldats allemands posent dans les décombres du fort du Camp des Romains après sa prise. La pile de gravas sur laquelle ils se trouvent bouche les entrées du rez-de-chaussée, ils sont donc devant les ouvertures du premier étage. © http://www.cartespostalesdelorraine.com/


mercredi 24 septembre 2014

24 septembre 1914 - Przemyśl

Dans l'Aisne, en plus de n'avoir quasiment aucun résultat, l'offensive tombe à court de munitions : elle en a tellement consommé qu'il ne sera pas possible de continuer la guerre plus de deux semaines à ce rythme. Des renforts allemands sont arrivés depuis la Lorraine en Picardie et prennent Péronne, l'avance française est stoppée et les deux camps s'enterrent : l'offensive est un échec. Saint-Mihiel est dans une position critique : le fort du Camp des Romains, bien que fortement défendu, est prêt à être pris d'assaut par les Allemands. En Galicie, les Russes atteignent la forteresse autrichienne de Przemyśl, actuellement en Pologne. Celle-ci est un verrou qui, s'il tombe, permettra aux Russes de foncer sur la Silésie, région allemande très industrielle. Il s'agira du plus long siège de la guerre, qui durera jusqu'en mars 1915. Pour l'instant, les Russes attaquent frontalement sans même attendre leur artillerie et se font décimer.

Plan de la forteresse de Przemyśl. La ville est entourée d'une soixantaine de fortifications de toutes tailles, en deux anneaux, reliées par un réseau complet de routes, et supportées par toutes les infrastructures logistiques nécessaires dans la ville. En bas, modélisation du fort I "Salis Soglio", situé au Sud-Est de la carte, au centre de la couronne de petits forts en vert clair. © http://www.przemysl.pl / http://wechselndeprojekte.de