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samedi 6 décembre 2014

06 décembre 1914 - Villa et Zapata

En Pologne,les Allemands prennent Łódź, mais sont arrêtés une nouvelle fois devant Varsovie, les Russes ayant préparé des retranchements à cet endroit. Cette offensive s'arrête sans vraiment de vainqueur, les deux armées ayant atteint une partie de leurs objectifs : les Russes ont sauvé Varsovie, et les Allemands ont arrêté indirectement l'offensive en Silésie. Les lignes autrichiennes sont totalement enfoncées, ceux-ci reculent précipitamment en abandonnant armes et matériel. Faute de mieux, ils essaient de se consolider autour de Belgrade, sur le flanc serbe. Les Britanniques, ayant reçu des renforts, relancent une attaque sur Qurna : encore une fois, ils enlèvent les premières positions ottomanes mais ne parviennent pas à percer.

L'une des photographies les plus célèbres de la Révolution mexicaine, prise le 6 décembre. Pancho Villa et Emiliano Zapata se rencontrent pour la deuxième et dernière fois, afin d'occuper conjointement la ville de Mexico. Les deux hommes sont au centre : Villa est à gauche, jovial dans le fauteuil présidentiel, confiant dans son armée nombreuse et bien équipée. Zapata, son allié pour la forme, est à droite, le regard sombre : il aurait selon ses termes préféré brûler le fauteuil, et ne dispose que d'une armée de soldats-paysans mal équipée, que Villa rechigne à approvisionner. Il quittera la ville trois jours après. Museo de la Ciudad de México, domaine public.

vendredi 31 octobre 2014

31 octobre 1914 - Statu-quo par inondation

L'inondation, couvrant avec un mètre d'eau sur une largeur de deux à trois kilomètres, interrompt définitivement les opérations dans le secteur de l'Yser ; celles-ci se déroulent à présent uniquement autour d'Ypres. Dans ce secteur, les Britanniques lancent des contre-attaques coûteuses mais qui leur permettent de se replier pour se reformer sur des lignes plus solides dans certains secteurs. Fin de la bataille de la Vistule : les Allemands ont été repoussés sur leurs positions de départ. Cet échec n'empêche pas Hindenburg, nommé au passage commandant de l'ensemble du front Est, de planifier une nouvelle attaque avec le même objectif, Varsovie, pour dans dix jours. Les Britanniques se préparent à intervenir contre l'Empire ottoman. A Tsingtao, les Japonais et Britanniques commencent à bombarder directement le fort et à creuser des tranchées d'approche. En Angola, les Allemands attaquent par surprise à la mitrailleuse un avant-poste portugais, tuant huit soldats et un civil. Il s'agit du premier acte d'hostilité manifeste dans cette région. Le croiseur britannique Hermès est coulé par un sous-marin dans le pas de Calais.

Avis de décès d'un chasseur alpin tué au combat dans le secteur de Sainte-Marie-aux-Mines, le 31 octobre 1914. Comme on peut le constater, celui-ci n'a été envoyé, et donc la famille informée, qu'en janvier 1916. © http://www.romanshistorique.fr

vendredi 17 octobre 2014

17 octobre 1914 - Retraite à Varsovie

Sur le front de l'Yser, les Belges et Français résistent à Dixmude malgré de fortes pertes. Outre l'importance stratégique de ne plus reculer, l'opinion publique y voit également le symbole d'une défense héroïque. A Messines, les Britanniques ne parviennent pas à enlever les défenses allemandes. Les services de renseignement alliés détectent la présence d'une grande armée allemande au niveau de l'Yser, qui s'était constituée à leur insu. Malgré la proximité de Varsovie, les Allemands sont dépassés sur le front de la Vistule face aux renforts Russes, Hindenburg ordonne la retraite. Celle-ci s'effectue en bon ordre, et l'armée en profite pour ravager le terrain, dans une stratégie de terre brûlée. Le torpilleur allemand S-90 tente de forcer le blocus de Tsingtao : il coule d'une seule torpille le croiseur japonais Takachiho. Il est cependant incapable de remplir sa mission puisqu'il tombe en panne de carburant et doit être sabordé. Quatre destroyers allemands sont coulés dans la mer du Nord par une flottille britannique. Dans le même temps, deux sous-marins britanniques entrent pour la première fois en Baltique, alors que des sous-marins allemands tentent d'attaquer la base de Scapa Flow.

Le destroyer britannique HMS Loyal en mer du Nord, le 17 octobre. Il s'agit de l'un des bâtiments ayant participé à la destruction des destroyers allemands. Domaine public.

jeudi 16 octobre 2014

16 octobre 1914 - Bataille de l'Yser

Les Allemands ont rattrapé les Belges qui se replient dans le secteur de l'Yser. Le combat s'engage à Dixmude, à 15 km de la frontière. A La Bassée, et pendant cinq jours, les deux camps reçoivent des renforts importants et lancent des attaques, dont aucune ne remporte de succès décisif. A Messines, la cavalerie britannique lance une attaque générale sur la Lys. Les Allemands sont à 10 km de Varsovie, les Russes sont prêts à évacuer. Les premières unités néo-zélandaises quittent leur pays pour la France. Les Australiens feront de même le lendemain. Deux soldats français sont fusillés pour l'exemple.

Une carte postale datée du 16 octobre 1914 : Gustave Fabre, caporal à la 1ère division marocaine, et dans le civil négociant en bestiaux dans le Var, écrit environ deux fois par semaine à sa famille. A cette date, il se trouve à Verzenay, près de Reims. © http://memoires-de-guerres.var.fr
 

mercredi 15 octobre 2014

15 octobre 1914 - Jusqu'à la mer

Les troupes britanniques et allemandes entrent réellement en contact dans le secteur de Messines. Il apparaît assez clairement que les offensives qui se déroulent entre La Bassée et Ypres ne donnent pas de résultats importants. Au Nord d'Ypres, les armées Belges en retraite occupent une portion de front non encore stabilisée, mais qui atteint la mer : la ligne de front est donc presque complétée de la Suisse à la mer du Nord. En Belgique, les Allemands ont atteint la côte, et capturé Ostende et Zeebrugge. En Pologne, les Allemands stoppés et les Russes se battent pour Varsovie. A Tsingtao, les non-combattants sont autorisés à quitter la ville, la situation commence à devenir critique pour les Allemands. Le croiseur britannique Hawke est coulé par le sous-marin allemand U-9.

Un détachement d'infanterie de marine allemand défile dans Ostende. © http://www.rtbf.be

dimanche 12 octobre 2014

12 octobre 1914 - Les spahis de Lille

A La Bassée, les Britanniques continuent d'attaquer de Béthune en direction de Givenchy. Les Allemands essaient de contre-attaquer, sans succès ; toutefois, les Britanniques ne peuvent plus beaucoup avancer non plus. Plus au Nord, à Messines, les Britanniques qui avançaient vers Lille rencontrent les Allemands retranchés au Mont des Cats. Il ne reste plus dans Lille que quelques spahis regroupés dans la citadelle et bombardés par les Allemands, qui finissent par se rendre en fin de journée. Les Belges évacuent Ostende et Zeebrugge. L'armée allemande est freinée par les Russes devant Varsovie : ceux-ci se sont renforcé et Hindenburg ne peut plus avancer significativement. En Afrique du Sud, la loi martiale est déclarée contre la rébellion Maritz : les rebelles disposent de 10000 hommes, le gouvernement trois fois plus. Le soldat Marcel Loiseau est fusillé. Celui-ci, blessé, se rendait à l'infirmerie lorsqu'il a croisé un capitaine lui ordonnant de retourner se battre. Souffrant trop, il a désobéi et le capitaine l'a fait condamner pour mutilation volontaire. Il a été réhabilité en 1922.

Les spahis algériens chargés de la défense de la ville arrivent à Lille, quelques jours plus tôt. Ils finiront assiégés dans la citadelle le 12 octobre. © http://www.nordeclair.fr

jeudi 9 octobre 2014

09 octobre 1914 - Evacuation d'Anvers

L'armée de campagne belge d'Anvers finit de quitter la ville, en menant simplement des actions de retardement en arrière-garde contre les Allemands. Les troupes de forteresses, qui partent en dernières, trouvent elles refuge aux Pays-Bas, la frontière se trouvant à seulement 15 km, même si elles y seront internées. Pendant ce temps, les autorités municipales prennent contact avec les Allemands en vue de la reddition de la place. Les Britanniques de l'Aisne se repositionnent au Nord de Béthune. Hindenburg atteint la Vistule, il est à moins de 20 km de Varsovie, son objectif. Il apprend dans le même temps d'un prisonnier que les Russes comptent lancer une nouvelle offensive en Silésie et veut hâter le pas. Cependant, les Allemands ne connaissent pas le terrain et manquent de renforts contrairement aux Russes, ils ont donc de plus en plus de mal à progresser. Les forces autrichiennes, aidées par les Allemands, arrivent de nouveau en vue de Przemyśl assiégée dans le cadre de leur contre-attaque en Galicie. En Afrique du Sud, les Boers révoltés, alliés aux Allemands, déclare la guerre aux Britanniques et commencent à rassembler des troupes.

Le passage emprunté par l'armée belge entre Anvers et les lignes françaises. Ce journal allemand montre, en bleu, les positions allemandes au soir du 10. Jusqu'au 9, il n'y a donc pas de troupes à l'Ouest d'Anvers, ce qui laisse encore aux Belges un large couloir le long de la mer, via Bruges et Ostende, pour rejoindre en train le Nord de la France. On note également la proximité des Pays-Bas par rapport à la ville. © http://pages14-18.mesdiscussions.net/

lundi 29 septembre 2014

29 septembre 1914 - Du Niemen à la Vistule

A Anvers, les Belges ouvrent les digues et inondent une partie du terrain, ce qui fait partie du plan de défense de la citadelle. Ceci n'empêche pas la canonnade de continuer : le fort de Sint-Katelijne-Waver reçoit un projectile de 420 mm toutes les 7 minutes, une poudrière explose et il est évacué en fin de journée. Dans la nuit, les Belges utilisent la seule voie de chemin de fer restante pour déplacer discrètement leur base d'opération plus à l'Ouest. Toutes les offensives entreprises dans le Nord de la France sont arrêtées. Une nouvelle est programmée, toujours à l'extrémité du front actuel, c'est-à-dire dans la région d'Arras. Les Allemands abandonnent leur offensive sur le Niemen, qui n'a pas abouti. Les Allemands attaquent les Russes sur la Vistule, en Pologne, en direction de Varsovie. Ils n'ont que 19 divisions contre 60 pour les Russes, mais parviennent tout de même à les bousculer. Les Russes pénètrent en Hongrie.

Un extrait de la première page du journal nationaliste l'Echo de Paris. Si l'on reconnaît toujours le ton grandiloquent du début de la guerre, le contenu s'est modifié. Les opérations ne semblent plus primordiales : il n'y a quasiment rien de plus que le communiqué officiel en haut, qui ne donne aucune information intéressante. A gauche, la peinture de la famille française conserve son ton propagandiste, mais il semble évident que la guerre sera toujours là à l'hiver, et la possibilité de la mort du fils n'est pas exclue. Enfin, à droite, si les blessés sont toujours censés être heureux et bien soignés, la réalité des "grosses plaies" causées par l'artillerie est bien présente. L'Echo de Paris, 29 septembre 1914, p.1.