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vendredi 10 octobre 2014

10 octobre 1914 - Capitulation d'Anvers

Capitulation d'Anvers. Les Allemands, dépités, prennent la plus importante place forte d'Europe, mais ne capturent pas un seul général, et très peu d'hommes et de matériel : toutes les troupes se sont enfuies à part celles des forts encore assiégés, et le matériel des autres forts a été emporté ou saboté. De plus, les Allemands ont consommé énormément de munitions : plus de 60000 coups, dont presque 20000 d'artillerie lourde contre seulement 8 forts. Dans les Flandres, il ne reste qu'un espace d'environ 70 km qui ne soit pas encore fixé. L'extrémité Sud est Béthune avec le secteur de La Bassée, où les Britanniques se préparent à attaquer. A 25 km plus au Nord, des mouvements ont lieu dans le secteur de Messines, le plus proche de Lille et quasiment sur la frontière Belge. Les Allemands bombardent Lille. Deux soldats français sont fusillés pour abandon de poste. Mort du roi Carol Ier de Roumanie. Son neveu, Ferdinand Ier, lui succède. Carol voulait entrer en guerre aux côtés des Empires centraux, avec lesquels il avait signé un traité secret en ce sens en 1884 ; cependant, en 1914, son gouvernement s'était opposé à son application en l'apprenant. Ferdinand, lui, est originaire d'Allemagne et souhaite la victoire de celle-ci, mais écoute son gouvernement et l'opinion publique qui veulent entrer en guerre du côté des alliés, ce à quoi il se pliera de bonne grâce en 1916.

Des civils belges fuyant Anvers attendent de pouvoir passer la frontière hollandaise. © http://horizon14-18.eu/


jeudi 9 octobre 2014

09 octobre 1914 - Evacuation d'Anvers

L'armée de campagne belge d'Anvers finit de quitter la ville, en menant simplement des actions de retardement en arrière-garde contre les Allemands. Les troupes de forteresses, qui partent en dernières, trouvent elles refuge aux Pays-Bas, la frontière se trouvant à seulement 15 km, même si elles y seront internées. Pendant ce temps, les autorités municipales prennent contact avec les Allemands en vue de la reddition de la place. Les Britanniques de l'Aisne se repositionnent au Nord de Béthune. Hindenburg atteint la Vistule, il est à moins de 20 km de Varsovie, son objectif. Il apprend dans le même temps d'un prisonnier que les Russes comptent lancer une nouvelle offensive en Silésie et veut hâter le pas. Cependant, les Allemands ne connaissent pas le terrain et manquent de renforts contrairement aux Russes, ils ont donc de plus en plus de mal à progresser. Les forces autrichiennes, aidées par les Allemands, arrivent de nouveau en vue de Przemyśl assiégée dans le cadre de leur contre-attaque en Galicie. En Afrique du Sud, les Boers révoltés, alliés aux Allemands, déclare la guerre aux Britanniques et commencent à rassembler des troupes.

Le passage emprunté par l'armée belge entre Anvers et les lignes françaises. Ce journal allemand montre, en bleu, les positions allemandes au soir du 10. Jusqu'au 9, il n'y a donc pas de troupes à l'Ouest d'Anvers, ce qui laisse encore aux Belges un large couloir le long de la mer, via Bruges et Ostende, pour rejoindre en train le Nord de la France. On note également la proximité des Pays-Bas par rapport à la ville. © http://pages14-18.mesdiscussions.net/

mercredi 8 octobre 2014

08 octobre 1914 - Passage de l'Escaut

A Anvers, les Allemands jettent des ponts sur l'Escaut et commencent à la traverser. La seconde ligne de forts ne permettant pas aux Belges de résister efficacement, ils décident d'abandonner progressivement la ville. Les britanniques et les premières troupes Belges partent de nuit vers la côte pour regagner les lignes du Nord de la France, tandis que les troupes de forteresses continuent à tenir comme elles le peuvent en s'appuyant sur les quelques forts restants. Foch est nommé commandant des forces alliées dans les Flandres. Les britanniques effectuent un nouveau raid aérien en Allemagne, sur les mêmes bases de Zeppelin déjà attaquées précédemment. Les Russes sont repoussés de Hongrie. Le sous-marin britannique E.9 coule le destroyer allemand S.126.

Carte postale allemande, en date du 4 mai 1915, évoquant les combats sur l'Escaut du 8 octobre 1914. Domaine public.

mardi 7 octobre 2014

07 octobre 1914 - Révolte de Maritz

Le roi Albert Ier quitte Anvers à 15h pour Le Havre, tandis que le gouvernement se rend à Ostende. A 16h, les Allemands, qui envoient des reconnaissances sur la deuxième ligne de forts, avertissent qu'ils bombarderont la ville elle-même à partir de minuit si elle ne capitule pas avant. Le commandant militaire et le conseil municipal décident de refuser, et le bombardement débute à l'heure dite. Début des mouvements aux alentours du canal de La Bassée, dans les Flandres. Les franco-britanniques se positionnent dans ce secteur ; les Allemands tentent des les contourner en passant par Ypres mais sont arrêtés. La bataille elle-même ne s'engagera pas avant quelques jours, les deux camps doivent se regrouper avant. Les Autrichiens avancent en Galicie, reprenant Sziget. Les Japonais occupent les îles Marshall. En Afrique du Sud, contrôlée par les Britanniques, des vétérans des guerres des Boers de la fin du XIXe siècle, essaient de profiter de la situation pour créer une république autonome d'Afrique du Sud. A cette fin, ils s'allient avec les Allemands qui possèdent une colonie toute proche. C'est le début de la révolte de Maritz, du nom de son meneur. Les exécutions pour l'exemple continuent : ce jour, Ben Abdel Berrafaa, un tirailleur marocain, est fusillé pour abandon de poste en présence de l'ennemi.

Bâtiments en ruines à Anvers à la suite des bombardements allemands. © http://www.delcampe.net/


lundi 6 octobre 2014

06 octobre 1914 - Carte postale

A Anvers, les Allemands ont forcé les défenses de la Nèthe, avec une brèche de 26 km. Albert Ier décide de se replier sur l'Escaut. Les Allemands arrêtent définitivement leur offensive à Arras : la ligne s'est stabilisée, et les opérations se déroulent maintenant plus au Nord. Les Allemands se font en effet pressants vers Lille, et les Alliés se regroupent pour les stopper.

Une carte postale envoyée à sa famille par un soldat d'infanterie blessé. Celui-ci était cultivateur dans la Marne, près de Reims. Il a été blessé lors de la bataille de la Marne, envoyé à l'hôpital d'Albi d'où il écrit sa lettre, puis survivra à une autre blessure en 1917 et finalement à la guerre. Sa famille, dont il ignore la localisation, s'est réfugiée dans l'Ain pour fuir les combats. © http://www.europeana1914-1918.eu

samedi 4 octobre 2014

04 octobre 1914 - Manifeste des 93

Les Belges retraitent à Anvers, essayant de bloquer les Allemands qui tentent de couper leur route de retraite. A Arras, les Français finissent par stopper l'avance allemande. Ceux-ci massent des troupes dans les Flandres, encore plus au Nord. Les Autrichiens commencent à contre-attaquer en Galicie. Publication du Manifeste des 93 en Allemagne. Il s'agit d'un plaidoyer signé par une très grande partie de l'élite intellectuelle Allemande (professeurs de toutes les disciplines, notamment le futur prix Nobel de physique Max Planck, et artistes en particulier) pour soutenir la politique militariste de leur pays. Ils y expriment leur soutient inconditionnel à leur pays dans tous les points "litigieux" du conflit à cette date, quitte à les nier purement et simplement : responsabilité de l'Allemagne dans le déclenchement du conflit, violation de la neutralité belge, atrocités sur civils, destruction gratuite de Louvain... Les Alliés, à l'Ouest comme à l'Est, en sont par contre chargés, et ne font quasiment plus partie du "monde civilisé", notamment parce qu'intégrant des troupes coloniales à leurs armées. Albert Einstein est l'une des quelques figures intellectuelles allemandes notables à refuser de signer.

Le front Ouest le 4 octobre. Le front est stabilisé, on note principalement l'avancée des deux belligérants vers le Nord, avec ici des mouvements extrêmes dans la région de Lille. © http://www.carto1418.fr/

vendredi 3 octobre 2014

03 octobre 1914 - Offensive sur la Vistule

A Anvers, le fort de Kessel est évacué au matin, totalement ruiné après 2h30 de bombardement. Les Belges n'ont plus que leur artillerie de campagne et deux trains blindés. Des unités d'infanterie de marine britannique viennent renforcer les Belges à Anvers, accompagnés par Winston Churchill, premier lord de l’amirauté britannique. Les Français parviennent à ralentir et désorganiser la contre-attaque allemande à Arras. La cavalerie allemande prend position à Ypres. Les Autrichiens engagent les Russes sur la Vistule, début de la grande offensive vers Varsovie. Hindenburg, qui détient le commandement conjoint des forces austro-allemandes, n'a cependant aucune idée claire sur les forces qui se trouvent en face de lui. D'autre part, la retraite autrichienne en Galicie s'arrête enfin. Les britanniques commencent à mouiller des mines en mer du Nord. Les Japonais débarquent en Micronésie allemande. Un premier contingent canadien de 32000 hommes est mobilisé pour partir en Europe.

Un sous-marin en opération. Ceux-ci se déplacent en surface et ne plongent que lors des combats. Il s'agit ici de l'américain USS K-7, photographié le 3 octobre au large de San Francisco. Lancé en juin 1914, il mesure 150 m de long, avec un équipage de 28 hommes, et est propulsé par des moteurs Diesel-électriques lui permettant d'atteindre 26 km/h en surface et 19 km/h en plongée. Domaine public.

jeudi 2 octobre 2014

02 octobre 1914 - Contre-attaque à Arras

A Anvers, quatre fort tombent ou sont évacués par leurs défenseurs dans la journée, sous l'effet des bombardements ou suite à aux attaques à la mines des pionniers allemands. Les Belges établissent une ligne de défense derrière la Nèthe. Il s'agit de gagner le maximum de temps et de retraiter le plus tard possible : le front français se déployant vers le Nord, il sera d'autant plus proche et donc rapide à atteindre au moment de quitter la ville. L'offensive d'Arras tourne court : alors que les Français atteignent Douai, les Allemands contre-attaquent et commencent à les repousser vers leur point de départ.

L'étalage d'un fripier à Paris, le 2 octobre. On note que de nombreux hommes restent dans la vie civile. © http://www.parisenimages.fr

mercredi 1 octobre 2014

01 octobre 1914 - Offensive d'Arras

A Anvers, les Allemands prennent sans combat le fort de Sint-Katelijne-Waver qui avait été évacué. Ailleurs, les Belges ont fortifié leurs positions et tiennent bon malgré les assauts et le bombardement. L'attaque de la nouvelle armée rassemblée à Arras est lancée. Les Français progressent efficacement en direction de Douai. Toutefois, trois corps d'armée allemands sont prêts à contre-attaquer. Au saillant de Saint-Mihiel, les Français parviennent à détruire les ponts que les Allemands avaient jeté sur la Meuse. Les troupes britanniques commencent à quitter l'Aisne, à présent stabilisée, pour se repositionner plus au Nord. Les Russes font pression sur les Allemands au niveau du Niemen. Des renforts Portugais arrivent en Angola, pour prévenir une attaque allemande.

Une batterie russe participant au siège de Przemyśl, le 1er octobre. © http://avaxnews.net


mardi 30 septembre 2014

30 septembre 1914 - Inquiétude à Anvers

La situation devient très préoccupante à Anvers. Tous les forts faisant face aux Allemands sont fortement endommagés, la plupart de leurs pièces hors d'usage. Les troupes occupant les tranchées dans les intervalles ont du se replier, laissant certains forts isolés. Pourtant, l'infanterie allemande n'a encore rien fait, attendant que les forts soient totalement détruits pour intervenir. Les Français reprennent Arras, et concentrent une nouvelle armée dans la région d'Amiens et Lens. Ils occupent également Lille.

Un aperçu des dégâts causés par l'artillerie allemande sur le fort Sint-Katelijne-Waver, à Anvers. Comme on peut le constater, les forts sont construits presque entièrement en surface, même s'ils sont recouverts de terre, à cause de la nappe phréatique très proche de la surface. Ils tirent de plus à poudre noire, ce qui en fait des cibles parfaites, et sont construits en béton non armé donc ne résistent pas aux obus de gros calibres. © http://www.fortengordels.be

lundi 29 septembre 2014

29 septembre 1914 - Du Niemen à la Vistule

A Anvers, les Belges ouvrent les digues et inondent une partie du terrain, ce qui fait partie du plan de défense de la citadelle. Ceci n'empêche pas la canonnade de continuer : le fort de Sint-Katelijne-Waver reçoit un projectile de 420 mm toutes les 7 minutes, une poudrière explose et il est évacué en fin de journée. Dans la nuit, les Belges utilisent la seule voie de chemin de fer restante pour déplacer discrètement leur base d'opération plus à l'Ouest. Toutes les offensives entreprises dans le Nord de la France sont arrêtées. Une nouvelle est programmée, toujours à l'extrémité du front actuel, c'est-à-dire dans la région d'Arras. Les Allemands abandonnent leur offensive sur le Niemen, qui n'a pas abouti. Les Allemands attaquent les Russes sur la Vistule, en Pologne, en direction de Varsovie. Ils n'ont que 19 divisions contre 60 pour les Russes, mais parviennent tout de même à les bousculer. Les Russes pénètrent en Hongrie.

Un extrait de la première page du journal nationaliste l'Echo de Paris. Si l'on reconnaît toujours le ton grandiloquent du début de la guerre, le contenu s'est modifié. Les opérations ne semblent plus primordiales : il n'y a quasiment rien de plus que le communiqué officiel en haut, qui ne donne aucune information intéressante. A gauche, la peinture de la famille française conserve son ton propagandiste, mais il semble évident que la guerre sera toujours là à l'hiver, et la possibilité de la mort du fils n'est pas exclue. Enfin, à droite, si les blessés sont toujours censés être heureux et bien soignés, la réalité des "grosses plaies" causées par l'artillerie est bien présente. L'Echo de Paris, 29 septembre 1914, p.1.

dimanche 28 septembre 2014

28 septembre 1914 - Croix noires

L'artillerie lourde commence à tirer sur quelques forts d'Anvers ; son effet est immédiat : au fort de Sint-Katelijne-Waver, le principal visé, les obus de 420 mm percent les 2,50 m de béton en endommagent fortement l'infrastructure. A Albert, les Français parviennent à stopper les Allemands et à établir une ligne défensive. Les Allemands appliquent pour la première fois la croix pattée - sur leurs avions, alors qu'ils se contentaient auparavant d'une bande noire sur l'aile. Les alliés n'ont pas encore de signe distinctif comparable. Les Russes avancent toujours en Pologne et en Galicie. La Turquie ferme le détroit des Dardanelles aux pays de l'Entente. A Tsingtao, la canonnière allemande Jaguar coule le croiseur japonais Takashio, dans une tentative pour briser le blocus du port. Les britanniques commencent les préparatifs pour envoyer une force, composée de soldats indiens, au Moyen-Orient. Procès des assassins de l'archiduc à Sarajevo.

Des soldats allemands transportent une aile de biplan sur laquelle apparaît la nouvelle croix pattée. La photographie a été prise à Saint-Quentin et n'est pas datée. Cet insigne restera en usage jusqu'en avril 1918, avant d'être remplacé par une "croix balkanique" aux branches droites qui servira jusqu'à l'adoption de l'emblème nazi. La croix pattée est de nouveau utilisée par l'armée allemande (de l'Ouest puis réunifiée) depuis 1955. © http://avaxnews.net/

samedi 27 septembre 2014

27 septembre 1914 - Siège d'Anvers

Les Allemands arrivent à distance de bombardement des premiers forts d'Anvers, le siège direct de la ville va pouvoir commencer. Cette place est considérée à l'époque comme la plus puissante au monde, avec deux ceintures de forts jusqu'à 9 km de la ville, mettant celle-ci hors d'atteinte d'un bombardement direct, et un millier de canons. Il y a au total 17 forts principaux dans la ceinture extérieure, avec des redoutes dans les intervalles, et 13 sur la ceinture intérieure. Cependant, les travaux ne sont pas achevés, et ils ont les mêmes défauts que la place de Liège : en particulier, le béton non armé résiste aux canons de 210 mm, mais pas au-dessus. La défense de la ville est assurée par 157000 hommes, capables d'effectuer des sorties ; les allemands sont 130000, avec 126 canons de 100 à 210 mm, et surtout 9 mortiers de 305 mm et 4 obusiers de 420 mm. Fin de la bataille de l'Aisne : les Allemands cessent leurs attaques et se retranchent définitivement, en particulier sur le plateau du Chemin des Dames, tellement imprenable qu'il ne sera de nouveau attaqué qu'en 1917 lors des offensives Nivelle, se soldant par une boucherie. Les Allemands continuent leur contre-offensive dans la Somme, et atteignent Thiepval. En Galicie, les Russes poussent en direction de Cracovie d'une part, des Carpates d'autre part. Les alliés prennent Duala, au Cameroun.

Le front Ouest le 27 septembre. Alors que la majorité du front est stable, on voit clairement se dessiner la "course à la mer" presque plein Nord qui se met en place au fur et à mesure des offensives de contournement avortées. On observe également l'avancée allemande dans la Meuse ayant créé le saillant de Saint-Mihiel, lequel a du même coup provoqué l'apparition d'un saillant français plus au Nord, celui de Verdun. © http://www.carto1418.fr/

mardi 16 septembre 2014

16 septembre 1914 - Stabilisation

Pas d'évolution notable sur le front français. Bien que l'ordre du jour demande encore d'attaquer, les troupes sont épuisées, et soit ne bougent pas significativement, soit essaient comme dans l'Aisne, mais sont contenues.

La "course à la mer" qui se prépare et durera pendant un mois. Le front le 16 septembre correspond aux lignes pleines, les différentes offensives de contournement des deux camps, qui commenceront le 17 et échoueront toutes, peuvent être observés au niveau des pointillés. On note, totalement isolées, la place de Maubeuge à la frontière franco-belge, qui s'est rendue depuis une semaine déjà, et près des Pays-Bas Anvers, où les Belges résistent encore. Gsl, domaine public.

samedi 13 septembre 2014

13 septembre 1914 - Positions défensives

Les Belges sont repoussés à l'intérieur de la place d'Anvers. Les Allemands, laissant Amiens aux Français, retraitent pour se fixer sur l’Aisne, la Vesle et la Suippe, mettant en place les premiers réseaux de tranchées. L'Argonne est un de leurs principaux points d'appui, notamment le plateau de Craonne connu sous le nom de Chemin des Dames. L'Aisne est un point crucial car il s'agit de l'extrémité occidentale de la ligne de front : les Alliés veulent en profiter pour passer plus à l'Ouest encore et contourner les lignes allemandes. Depuis Nancy, les Français reprennent Pont-à-Mousson sans combat et poussent jusqu'à la frontière allemande. Les Allemands se retranchent sur la Seille, fixant le front à cet endroit pour les quatre années suivantes. Fin de la bataille des lacs Mazuriques : les Russes sont parvenus à s'échapper, ayant perdu un quart de leur demi-million d'hommes. Ils sont donc repoussés en Russie, mettant fin à leur invasion de la Prusse orientale. Ils se replient dans des forts à la frontière, autour du Niemen et la situation se stabilise, mais l'avance Russe est toujours nette plus au Sud, en Pologne et surtout en Galicie. Premières attaques terrestres japonaises contre les Allemands à Tsingtao. Le Hela, un aviso allemand effectuant des entraînement en principe en sûreté au large de Heligoland, est coulé par le sous-marin britannique E-9 ; les Allemands effectueront désormais leurs exercices en Baltique. En France, première émission des bons de la défense nationale, des emprunts à 4% d'intérêt auprès du grand public, qui continueront jusqu'à la fin de la guerre.

Le front Ouest le 13 septembre. Les Allemands sont arrivés sur des positions de repli préparées à l'avance, les Français les poursuivant en ayant plus ou moins perdu le contact. On note des intervalles entre unités, signes de l'usure des troupes et de la nécessité de se reformer, et la position de trois divisions de cavalerie françaises (en bleu clair, vers Montdidier) menaçant le flanc Ouest des Allemands, sur l'Aisne. © http://www.carto1418.fr/

jeudi 4 septembre 2014

04 septembre 1914 - Bataille du Grand Couronné

Les défenses de Maubeuge sont à bout de force. Les Belges ouvrent les digues autour d'Anvers pour ralentir l'avance allemande. L'armée allemande occupe Reims. Toutefois, dans son mouvement tournant, elle ne peut pas protéger son flanc droit, les troupes chargées de le faire ayant été retenues trop longtemps en Belgique, face à Anvers notamment. Le général Gallieni, commandant de Paris, y voit une opportunité et donne l'ordre à la VIe armée, devant initialement défendre Paris, de se porter en avant et d'attaquer un point faible dans le flanc allemand sur l'Ourcq. Début de la bataille du Grand Couronné à Nancy. Il s'agit d'une ligne de défense qui empêche les allemands d'encercler Nancy par le Sud. La prise de la ville est importante surtout pour le prestige de l'armée allemande, à tel point que l'empereur Guillaume II vient en personne assister aux opérations. Les Allemands lancent une violente attaque qui oblige les défenseurs à se replier, mais ceux-ci tiennent bon voire parviennent à contre-attaquer.

Des soldats français, posant pour un photographe de presse, font mine de s'embusquer dans un fossé. La photographie n'est pas datée mais a été prise au moment de la bataille de la Marne, début septembre 1914. Agence Rol, domaine public.

dimanche 24 août 2014

24 août 1914 - Grande Retraite

Début de la Grande Retraite sur tout le front Ouest : sur ordre de Joffre, les Français et Britanniques reculent sur tous les fronts, mais en bon ordre, pour pouvoir se réorganiser avant de contre-attaquer. En Lorraine, la VIe Armée allemande s'engouffre dans la Trouée de Charmes en bousculant les Français. Le général français Castelnau réagit bien et attaque les flancs exposés des troupes allemandes, stoppant leur progression. Au niveau de la frontière franco-belge, le passage de la Meuse à Givet est défendu par le fort de Charlemont, datant de l'époque de Vauban, qui doit retenir les Allemands lorsqu'ils arriveront. Les Belges se préparent également à retenir les Allemands devant Anvers. A Namur, quatre forts supplémentaires se rendent, mais deux résistent encore et fixent les Allemands. La flotte franco-britannique de l'Adriatique bombarde la ville autrichienne de Kotor (actuellement au Monténégro). En Prusse orientale, les Russes sont largement supérieurs en nombre aux Allemands, qui manœuvrent pour éviter l'encerclement. Les Serbes entrent dans Šabac, pour s'apercevoir que les Autrichiens sont partis pendant la nuit. La première offensive autrichienne sur la Serbie se solde définitivement par un échec. Les pertes sont difficiles à évaluer, peut-être 12000 morts dont les deux tiers Autrichiens. Les deux camps ont commis des crimes de guerre sur des civils et des prisonniers (exécutions, viols, mutilations...).

A la tête du 9e lanciers britannique, le capitaine Francis Grenfell mène une charge de retardement contre les Allemands à Audregnies, près de Mons, et gagne la première Victoria Cross de la guerre, ce qui est largement relayé dans la presse, l'action étant comparée à la charge de la brigade légère à Balaklava. Effectivement, malgré l'aperçu qu'en donne cette image de propagande, la charge est un désastre, les chevaux se prennent dans des barbelés avant d'être décimés par les mitrailleuses et l'artillerie. Richard Caton Woodville, http://www.nam.ac.uk, domaine public.

mercredi 20 août 2014

20 août 1914 - Contre-attaque allemande

Les Allemands déploient leur artillerie devant Namur. Les Belges continuent leur repli sur Anvers, alors que les Allemands commencent leur mouvement tournant vers le Sud, prenant au passage Bruxelles sans combat. En Lorraine, les Allemands reposés, plus nombreux et placés en hauteur contre-attaquent violemment à Sarrebourg et Morhange à 4h du matin, à 11h les unités françaises sont en déroute (plus de 90% de pertes dans certaines unités) et entament un repli général, y compris de nuit. Les deux armées se rencontrent également dans les Ardennes, où les Allemands sont bien retranchés : les attaques françaises échouent avec de fortes pertes, notamment à cause de l'artillerie allemande. La même situation se répète également dans les Vosges, notamment au Petit Donon. Bataille de Gumbinnen en Prusse orientale. Les Allemands, encouragés par leur précédent succès, lancent une nouvelle attaque précipitée, sans avoir pris le temps de se préparer correctement. L'artillerie lourde russe fait un carnage et von François préfère reculer largement, même si son armée n'est pas poursuivie. Le chef d’État-major von Moltke, furieux de cette retraite générale, confie le commandement de cette armée à Hindenburg secondé par Ludendorff. Les Serbes pourchassent les Autrichiens au-delà de la Drina, en territoire autrichien.

Un train d'artillerie allemand traverse Bruxelles. © http://www.sambre-marne-yser.be, collection privée.

mardi 19 août 2014

19 août 1914 - Neutralité américaine

En Belgique, les Allemands arrivent en vue de Namur. Celle-ci est défendue par 9 forts, selon une organisation similaire à Liège, mais les Allemands ont retenu la leçon et décident de les réduire directement à l'artillerie lourde, sans tenter de coup de main. L'armée belge retraite sur Anvers. Les français, après des combats maison par maison à Dornach, reprennent Mulhouse. L'avance en Lorraine est par contre stoppée, les IIIe et IVe armées étant arrivée sur les lignes défensives allemandes bien défendues, à 20 km derrière la frontière. Fin de la bataille du Cer, les Autrichiens sont vaincus et doivent se replier derrière la Drina face à l'arrivée d'une colonne de renforts serbe. Les Etats-Unis se déclarent neutres.

La déclaration de neutralité américaine, dans un discours prononcé par Woodrow Wilson devant le Congrès. © Wilson, Essential Writings and Speeches of the Scholar-president, 2006, pp.390-391.

dimanche 17 août 2014

17 août 1914 - Bataille de Stallupönen

Les Français progressent en Lorraine, prenant Château-Salins ; certaines attaques se font dans le vide, les Allemands ayant déjà reculé sur des positions plus favorables. La bataille du Cer continue, les contre-attaques serbes sont repoussées. Bataille de Stallupönen, premier engagement sur le front oriental. Le général von François, commandant les maigres troupes allemandes, désobéit aux ordres lui disant d'éviter l'affrontement avec les Russes et de reculer en cas d'attaque, ce qu'il avait fait jusque-là. La bataille est assez incertaine mais marque le point de départ de la contre-offensive allemande. Le gouvernement belge quitte Bruxelles pour Anvers.

Des soldats allemands sur la place Saint-Lambert à Liège, peu après la prise de la ville. © Bibliothèque Ulysse Capitaine, domaine public.