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samedi 23 août 2014

23 août 1914 - Massacre de Dinant

Les Allemands pilonnent Namur toute la journée, et l'infanterie s'avance à partir de 10h. Deux des forts se rendent, totalement écrasés, et l'infanterie belge abandonne la ville que les Allemands investissent prudemment. En Belgique, les troupes françaises se replient de Charleroi, et les Britanniques de Mons. Il s'agit du premier engagement important des Britanniques, qui parviennent tout de même à repousser des Allemands supérieurs en nombre avant de décrocher. Les Allemands franchissent la Meuse. Joffre annonce que l'offensive va reprendre, après avoir désigné ses généraux comme coupables de l'échec, mais les unités doivent d'abord se reformer. Le Zeppelin Z8 est abattu au-dessus des Vosges. Des massacres de civils ont encore lieu : on compte en particulier 674 victimes à Dinant (plus qu'à Oradour-sur-Glane en 1944), y compris femmes et enfants, et 218 à Ethe. Début de la bataille de Krasnik entre Russes et Autrichiens en Galicie. Les Russes progressent quelque peu sur les Allemands en Prusse orientale. Les Serbes pilonnent la ville de Šabac. L'ultimatum envoyé le 15 août ayant expiré, le Japon déclare la guerre à l'Allemagne.

Le front Ouest le 23 août. Par rapport au 16 août, on note que si la situation n'a pas beaucoup bougé en Alsace, les Français ont largement reculé en Lorraine (dans la Trouée de Charmes), les deux armées sont au contact dans les Ardennes avec une amorce de recul français, et surtout la Belgique est presque entièrement traversée, les Allemands atteignant presque la frontière par endroits, et l'armée belge (en vert) n'existant pratiquement plus. © http://www.carto1418.fr/

vendredi 22 août 2014

22 août 1914 - Triste record

Le jour le plus meurtrier de l'histoire française : 27000 morts en une seule journée, en grande majorité dans les Ardennes. A Namur, le bombardement des forts continue, alors que les troupes belges commencent à évacuer, mais les forts résistent bien. Les armées françaises sont totalement défaites sur les différents fronts : les Allemands prennent Lunéville (bataille de la Trouée de Charmes, en Lorraine, pour prendre les forts de Toul et Verdun à revers et progresser vers Paris en coupant l'armée française en deux), Longwy est en ruines et les différentes attaques françaises, à la baïonnette, échouent toutes quel que soit le secteur, en particulier dans les Ardennes et à Charleroi. Bataille de Rossignol : la 3e division coloniale française rencontre par hasard, en plein brouillard, deux divisions allemandes dans ce village près de Neufchâteau. Elle se fait hacher sur place en tentant de charger toute la journée, et en sort pratiquement anéantie, avec presque 12000 morts sur un effectif de 16000 hommes. Massacre de Tamines : dans ce village sur la Sambre, pendant la bataille de Charleroi, les Allemands exécutent près de 400 civils et brûlent 240 maisons. La bataille de Charleroi en général est perdue pour les français. A Dinant, les Allemands mettent le feu aux maisons, 2500 habitants fuient derrière les lignes françaises avec que celles-ci ne retraitent. En Pologne, Józef Piłsudski organise les volontaires pour combattre du côté autrichien.

Le journal de la 3e division d'infanterie coloniale pour les 22 et 23 août 1914, relatant les combats de Rossignol. © http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

jeudi 21 août 2014

21 août 1914 - Coup d'arrêt

A Namur, les forts sont bombardés toute la journée par l'artillerie allemande, y compris les obusiers de 305 et 420 mm, recevant des milliers de projectiles. Bien que les plus exposés perdent plusieurs tourelles, tous tiennent bon. En Belgique, l'armée allemande progressant vers le Sud et l'armée française venant à sa rencontre se trouvent près de Charleroi ; les allemands s'établissent immédiatement sur de bonnes positions. La même situation se répète dans les Ardennes, à Longwy où les artilleurs allemands pilonnent leurs homologues français, et Neufchâteau, avec quelques escarmouches dans un épais brouillard. En Alsace, les Français approchent de Colmar, mais l'avancée s'arrête car le flanc gauche est découvert, l'offensive en Lorraine ayant tourné court. De fait, les armées décimées (elles ont perdu plus de 20.000 hommes) y ont reculé d'une quinzaine de kilomètres dans la journée, revenant sur la Meurthe et se préparant à détruire les ponts derrière elles. Profitant de leur succès, les Serbes s'approchent de la ville fortifiée de Šabac, sur leur territoire, pour la reprendre aux Autrichiens. Les Allemands envahissent l'Afrique du Sud.

Une patrouille du 18e régiment de hussards britannique prend des informations auprès de la population de Mons. Domaine public.

mercredi 20 août 2014

20 août 1914 - Contre-attaque allemande

Les Allemands déploient leur artillerie devant Namur. Les Belges continuent leur repli sur Anvers, alors que les Allemands commencent leur mouvement tournant vers le Sud, prenant au passage Bruxelles sans combat. En Lorraine, les Allemands reposés, plus nombreux et placés en hauteur contre-attaquent violemment à Sarrebourg et Morhange à 4h du matin, à 11h les unités françaises sont en déroute (plus de 90% de pertes dans certaines unités) et entament un repli général, y compris de nuit. Les deux armées se rencontrent également dans les Ardennes, où les Allemands sont bien retranchés : les attaques françaises échouent avec de fortes pertes, notamment à cause de l'artillerie allemande. La même situation se répète également dans les Vosges, notamment au Petit Donon. Bataille de Gumbinnen en Prusse orientale. Les Allemands, encouragés par leur précédent succès, lancent une nouvelle attaque précipitée, sans avoir pris le temps de se préparer correctement. L'artillerie lourde russe fait un carnage et von François préfère reculer largement, même si son armée n'est pas poursuivie. Le chef d’État-major von Moltke, furieux de cette retraite générale, confie le commandement de cette armée à Hindenburg secondé par Ludendorff. Les Serbes pourchassent les Autrichiens au-delà de la Drina, en territoire autrichien.

Un train d'artillerie allemand traverse Bruxelles. © http://www.sambre-marne-yser.be, collection privée.

dimanche 10 août 2014

10 août 1914 - Affaire de Mangiennes

A Liège, les troupes s'installent dans la ville, tandis que les batteries pilonnent les différents forts toute la journée, lesquels répliquent quand ils le peuvent. En soirée, le fort de Pontisse est méconnaissable mais tient toujours bon. Les deux canons de 420 mm arrivent en Belgique. L'aviation française repère d'importantes colonnes allemandes dans le Luxembourg belge. Dans les Ardennes françaises, une bataille de rencontre à Mangiennes permet aux généraux français de remarquer que les tirs de mitrailleuses ravagent les troupes à découvert. En Alsace, les Français abandonnent définitivement Mulhouse et se replient sur Belfort. Par contre, ils avancent en Lorraine, occasionnant des combats entre avant-postes à Cirey. En Prusse orientale, les Russes sont à Tilsit. Des troupes allemandes effectuent des raids sur les colonies britanniques d'Afrique du Sud.

Les unes de deux journaux le 10 août. A gauche l'Humanité (socialiste), à droite l'Echo de Paris (nationaliste). Si l'approche est différente, le message de fond reste le même ; la plupart des communiqués sur la guerre dans les deux journaux sont des textes officiels, identiques dans les deux cas, qui passent tout échec sous silence. L'Humanité, 10 août 1914, p.1 / L'Echo de Paris, 10 août 1914, p.1.