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samedi 9 mai 2015

09 mai 1915 - Bataille d'Artois

Après six jours de bombardement, la 10e armée française attaque en Artois et avance de cinq kilomètres en atteignant les hauteurs de Vimy, leur objectif. Toutefois, il reste des mitrailleuses allemandes non détruites, et l'avance est très inégale : certains secteurs n'ont quasiment pas pu avancer, d'autres ont connu un beau succès, et beaucoup doivent finalement se replier car les Allemands bombardent le terrain perdu. De leur côté, les britanniques et indiens lancent une attaque de soutien, mais la préparation d'artillerie a été insuffisante et ils sont décimés par les mitrailleuses.

La vue depuis la colline de Notre-Dame de Lorette, une position allemande dans le secteur des hauteurs de Vimy, le 9 mai. German Federal Archives, domaine public.

mercredi 6 mai 2015

06 mai 1915 - Seconde bataille de Krithia

Le commandant britannique à Ypres est limogé pour avoir suggéré un retrait permettant de diminuer la pression dans ce secteur. Son supérieur fait poursuivre la politique de contre-attaques, sans aucun succès. Dans les Carpathes, les Russes commencent une retraite de 160 km, tout en évitant l'encerclement. Le général russe Yudenich lance une offensive visant à secourir Van, avec l'aide des milices arméniennes. Celle-ci comprend deux ailes, une par le lac Van au Nord, et une autre plus au Sud. L'offensive du Nord se déroule comme prévu, mais les Ottomans résistent bien au Sud, bien qu'ils soient totalement dépassés en nombre (avec 50000 hommes et 130 canons pour 600 km de front). A Gallipoli, l'ANZAC lance une seconde attaque sur Krithia ; cependant, toutes les positions de mitrailleuses ottomanes n'ont pas été repérés préalablement par les reconnaissances aériennes, et l'attaque doit être arrêtée dans la journée.

Le bataillon australien Hood se repose à Gallipoli, dans le secteur de White House, le 6 mai. © http://gallipolitours.over-blog.com/

samedi 2 mai 2015

02 mai 1915 - Offensive Gorlice-Tarnów

Afin d'éviter que les Russes n'envahissent la Hongrie suite à la chute de Przemyśl, les austro-allemands lancent l'offensive Gorlice-Tarnów en Galicie, sous un commandement commun. Les Russes sont pris par surprise, n'ayant de plus que cinq divisions à opposer aux onze qui les attaquent. Les lignes russes volent en éclat, certaines divisions disparaissant purement et simplement de la carte. A Gallipoli, les alliés contre-attaquent pour reprendre l'initiative sur les Ottomans.

Vue d'artiste d'une action ayant valu la Victoria Cross au soldat britannique John Lynn, dans le secteur d'Ypres, le 2 mai. Durant une attaque au gaz, celui-ci a préféré continuer à mitrailler pour empêcher l'avance allemande plutôt que de prendre le temps d'enfiler son masque. Il est mort le lendemain, empoisonné par le chlore. The War Illustrated, 24 juillet 1915, domaine public.

vendredi 24 avril 2015

24 avril 1915 - Rafle des intellectuels

Nouvelle attaque allemande à Ypres, cette fois à Saint-Junien, soit au centre tenu par les Canadiens. Les nuages de gaz sont de nouveau employés, mais cette fois les Canadiens improvisent des protections avec des mouchoirs imbibés d'eau et d'urine, ce qui leur permet d'éviter la percée allemande bien que le front recule quelque peu. Date considérée habituellement comme le début du génocide arménien. Après l'éviction des composantes arméniennes de l'armée, le parti au pouvoir, les Jeunes-Turcs, fait arrêter les 24 et 25 avril 600 intellectuels arméniens de Constantinople, lesquels sont ensuite déportés puis tués. En parallèle du génocide arménien, des exactions comparables auront également lieu contre les peuples de Mésopotamie (notamment Assyriens), ainsi que contre les Grecs des rives de la Mer Noire.

Des mitrailleurs belges portent l'un des tous premiers exemplaires de masques à gaz, pendant la bataille d'Ypres. Domaine public.

samedi 18 avril 2015

18 avril 1915 - Rolland Garros

Après trois victoires obtenues grâce à son hélice à déflecteurs, Roland Garros est contraint de se poser dans les lignes allemandes et n'a pas le temps de détruire son avion avant d'être fait prisonnier. L'appareil est examiné par Anthony Fokker, lequel s'empresse alors d'achever la mise au point de sa mitrailleuse synchronisée, qu'il préparait depuis déjà quelques mois. Les Ottomans se retirent complètement d'Iran.

L'hélice blindée du Morane-Saulnier type L de Roland Garros, telle que récupérée par les allemands. On discerne assez bien la zone d'impact des balles sur chaque pale, au niveau des montants transversaux. Domaine public.

mercredi 1 avril 2015

01 avril 1915 - Hélice renforcée

Offensive française en Woëvre, qui débute plutôt efficacement, même s'il ne s'agit pas de l'assaut général. Roland Garros, sur Morane-Saulnier Type L, est le premier pilote a obtenir une victoire aérienne avec une mitrailleuse tirant à travers l'hélice, celle-ci étant renforcée avec des déflecteurs.

Schéma du fonctionnement de la mitrailleuse axiale de Roland Garros. Les déflecteurs sur l'hélice sont bien visibles. © http://vieillescasseroles.free.fr/

samedi 28 mars 2015

28 mars 1915 - Char Frot-Turmel-Laffly

La flotte russe bombarde les ports ottomans de la Mer Noire. Les forces ottomanes stationnées au Yemen envahissent l'Aden, sous protectorat britannique. Le paquebot britannique Falaba est le premier transport de passagers civils coulé par un sous-marin allemand. La Conférence internationale des femmes socialistes, à Berne, se prononce en faveur de la paix.

Essai du Char Frot-Turmel-Laffly, ou Rouleau cuirassé Paul Frot, le 28 mars. L'idée d'un véhicule tout-terrain embarquant un canon a été émise dès août 1914 par Jean Baptiste Estienne, qui y voyait là la clé de la victoire dans cette guerre. L'un des premiers prototypes a été celui-ci, présenté au Ministère de la Guerre le 1er décembre 1914 par Paul Frot. L'essai du 28 mars a démontré sa capacité à détruire des barbelés et à gravir une côte, mais il manquait clairement de maniabilité ; il a donc été abandonné au profil du Tracteur Estienne, puis du Schneider CA1, premier char français à voir le combat en février 1916. Le char Frot, armé de mitrailleuses, pesait 10 tonnes pour une longueur de 7 mètres, un équipage de 9 hommes, et une vitesse de 3 à 5 km/h. Les armes visibles sur la photo sont des retouches de l'image, n'ayant en réalité jamais été installées. Alain Gougaud, L'aube de la Gloire ; Domaine public.

mardi 10 mars 2015

10 mars 1915 - Bataille de Neuve-Chapelle

Bataille de Neuve-Chapelle, dans l'Artois. Les Britanniques tentent de percer les lignes allemandes pour progresser en direction de Lille ; les français étaient censés effectuer des attaques de soutien, qui ont été annulées. Pour la première fois, des photographies aériennes sont effectuées sur 1,4 km de profondeur, les cartes correspondantes étant distribuées à toutes les unités. Malgré les mauvaises conditions climatiques, l'aviation britannique gagne rapidement la maîtrise aérienne et commence à bombarder les réserves et chemins de fer allemands. L'attaque commence par une demi-heure de bombardement qui bouleverse les tranchées allemandes, suivi d'un assaut à 8h, avec une bonne moitié d'unités indiennes, qui se déroule plutôt bien. La première ligne allemande est enlevée en une heure, à part dans un secteur qui n'a pas été attaqué, les unités d'assaut s'étant trompé de direction. Neuve-Chapelle, l'objectif, est prise à 10h, mais le manque de moyens de communications, l'absence d'initiative des commandants sur le terrain (qui ont bien la carte mais ne savent pas quoi faire avec si aucun ordre ne vient de leurs supérieurs), et la présence de nids de résistance allemands, font que la brèche est impossible à exploiter. Second assaut allemand au mont Zwinin.

Un nid de mitrailleuse fortifié allemand à Neuve-Chapelle. Celui-ci n'a pas été endommagé par le premier bombardement et a infligé des pertes sévères au 2e Scottish Rifles. Il n'a été détruit par un tir de mortier que lors d'un second bombardement. © http://www.gutenberg-e.org

jeudi 5 février 2015

05 février 1915 - Vickers F.B.5

Mise en service du chasseur britannique Vickers F.B.5. Il s'agit du premier avion équipé d'une mitrailleuse, servie par un mitrailleur placé devant le pilote, sachant que l'hélice est située derrière ce dernier. Les gouvernements français, britannique et russe s'entendent pour mettre en commun leurs ressources financières. Le Royaume-Uni examine un projet de loi pour augmenter son armée à 3 millions d'hommes. Ils ont déjà perdu plus de 100000 hommes sur le front Ouest.

Un Vickers F.B.5 "Gunbus". On distingue nettement la place du mitrailleur ainsi que l'hélice à l'arrière. Domaine public.

mercredi 21 janvier 2015

21 janvier 1915 - Minenwerfer

L'attaque française reprend au Hartmannswillerkopf. Les chasseurs sont pour beaucoup des montagnards habitués à évoluer dans des montagnes enneigées, mais les Allemands écrasent le sommet sous les obus de minenwerfer, faisant sauter leur dépôt de munition. Offensive russe dans les Carpates. Von Hohenborn succède à von Falkenhayn comme ministre de la guerre, même si ce dernier reste le chef de l’État-major. Edouard Joseph André, soldat au 24e RI, est fusillé à Berry-au-Bac.

Des officiers britanniques s'entraînent sur des mitrailleuses Vickers, le 21 janvier, dans une école militaire à Hythe, dans le Kant. © http://www.1914-1918.net

mardi 12 août 2014

12 août 1914 - Bataille des Casques d'argent

A Liège, l'artillerie lourde de siège est enfin arrivée, et peut commencer à tirer en fin de journée : elle comprend les deux obusiers de 420 mm, ainsi que quatre canons de 305 mm prêtés par l'Autriche. Les forts de Chaudfontaine, Fléron, Embourg et Pontisse sont pilonnés toute la journée ; les deux premiers résistent, le troisième n'a plus aucune artillerie à la tombée de la nuit, et le dernier tient bon mais reçoit la première dizaine d'obus de 420 mm à partir de 17h30. Bataille des Casques d'argent : en vue d'arrêter la progression allemande vers Anvers, une force de cavalerie belge fait sauter un pont sur la Gette à Haelen puis se retranche dans un bois, à pied avec mitrailleuses et artillerie. Les dragons, cuirassiers et uhlans allemands chargent sabre au clair et se font décimer huit fois de suite, leurs casques jonchant le terrain après l'assaut donnant son nom à la bataille. Cette fois, la leçon sera retenue et on ne verra plus de grandes charges de cavalerie sur le front Ouest. En Pologne, Józef Piłsudski prend la ville de Kielce à la tête de forces paramilitaires. Il essaie de profiter de la guerre pour obtenir l'indépendance de la Pologne alors aux mains des Russes. En Serbie, les Autrichiens passent enfin la rivière Drina, qui marque la frontière Nord-Ouest du pays, pour lancer une importante offensive. La Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Autriche.

Obusier de 420 mm type M, l'une des "Grosses Bertha", en action. La date et le lieu étant inconnu, il ne s'agit peut-être pas d'un des canons utilisés à Liège (il y aura douze obusiers de 420 mm au total, y compris type Gamma sur rail), mais il s'agit du même modèle. Domaine public.

lundi 11 août 2014

11 août 1914 - Lagarde, mitrailleuses et cavalerie

A Liège, les Allemands concentrent leurs mortiers de 210 mm sur les forts d'Embourg, qui subit un pilonnage de dix heures, et d'Evegnée. Ce dernier, bombardé dès 6h le matin, perd sa dernière pièce lourde en début d'après-midi. Les hommes commencent à s'évanouir à cause du manque d'air, et la garnison se rend à 16h avec les honneurs militaires. Pendant ce temps, la 2e division de cavalerie allemande, plus avancée que le gros de l'armée, se heurte aux troupes belges positionnées à mi-chemin entre Liège et Bruxelles (soit à 40 km de chaque). En Lorraine, les Allemands lancent une contre-offensive depuis Metz. S'ensuit un combat à Lagarde, dans lequel les mitrailleuses des deux camps et une tactique dépassée provoquent encore une fois des ravages, en particulier sur la cavalerie ; les généraux refusent de s'en rendre compte et préfèrent accuser leurs hommes de lâcheté.

Un article paru dans le Melbourne Herald le 11 août 1914. L'Australie compte quelques clubs de tir féminins depuis le début du XXe siècle. Si la pratique des armes par les femmes est globalement mal vue, le premier ministre australien a indiqué dans un discours prononcé en mars 1914 qu'il était envisageable d'appeler celles-ci à combattre dans le cas où le pays serait envahi. © http://www.abc.net.au

dimanche 10 août 2014

10 août 1914 - Affaire de Mangiennes

A Liège, les troupes s'installent dans la ville, tandis que les batteries pilonnent les différents forts toute la journée, lesquels répliquent quand ils le peuvent. En soirée, le fort de Pontisse est méconnaissable mais tient toujours bon. Les deux canons de 420 mm arrivent en Belgique. L'aviation française repère d'importantes colonnes allemandes dans le Luxembourg belge. Dans les Ardennes françaises, une bataille de rencontre à Mangiennes permet aux généraux français de remarquer que les tirs de mitrailleuses ravagent les troupes à découvert. En Alsace, les Français abandonnent définitivement Mulhouse et se replient sur Belfort. Par contre, ils avancent en Lorraine, occasionnant des combats entre avant-postes à Cirey. En Prusse orientale, les Russes sont à Tilsit. Des troupes allemandes effectuent des raids sur les colonies britanniques d'Afrique du Sud.

Les unes de deux journaux le 10 août. A gauche l'Humanité (socialiste), à droite l'Echo de Paris (nationaliste). Si l'approche est différente, le message de fond reste le même ; la plupart des communiqués sur la guerre dans les deux journaux sont des textes officiels, identiques dans les deux cas, qui passent tout échec sous silence. L'Humanité, 10 août 1914, p.1 / L'Echo de Paris, 10 août 1914, p.1.