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| Les ruines de la bibliothèque de l'université de Louvain. © http://s2.lemde.fr/ |
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lundi 25 août 2014
25 août 1914 - Sac de Louvain
Les deux derniers forts de Namur se rendent. Ils ont résisté assez
longtemps pour permettre à la division d'infanterie belge qui occupait
la ville de s'échapper. Les Français contre-attaquent dans la Trouée de
Charmes, regagnant du terrain, bien que durement acquis. Ils privent
ainsi les Allemands de leurs succès initiaux alors qu'il s'agissait de
l'un des points d'offensive les plus cruciaux, et les font sérieusement
douter puisqu'ils pensaient avoir affaire à
une armée anéantie et incapable de combattre encore sérieusement.
Ailleurs, le repli en bon ordre continue, en particulier sur Nancy où
les Français s'établissent au Grand-Couronné, le tout ponctué de combats
pour les places clés. Les Allemands prennent notamment Sedan et
Mulhouse. Des exécutions sommaires, difficiles à quantifier, ont lieu
dans l'armée française sous divers motifs au cours de la retraite. La
bataille de Krasnik est remportée par les Autrichiens sur les Russes. En
Prusse orientale, les Russes arrivent au contact des Allemands. Leur
commandement transmet ses messages radio en clair, ce qui permet à
Ludendorff et Hindenburg interloqués d'apprendre qu'ils comptent avancer
sans trop se soucier de possibles contre-attaques ; les généraux
allemands prévoient alors de les prendre de flanc. Après avoir débordé
un poste allemand à Tepe, les Britanniques envahissent le Cameroun. Les
Allemands ravagent la ville de Louvain, en Belgique. Ils tuent 248
habitants et incendient la ville, y compris la bibliothèque de
l'université et ses 300000 livres et manuscrits médiévaux.
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dimanche 24 août 2014
24 août 1914 - Grande Retraite
Début de la Grande Retraite sur tout le front Ouest : sur ordre de
Joffre, les Français et Britanniques reculent sur tous les fronts, mais
en bon ordre, pour pouvoir se réorganiser avant de contre-attaquer. En
Lorraine, la VIe Armée allemande s'engouffre dans la Trouée de Charmes
en bousculant les Français. Le général français Castelnau réagit bien et
attaque les flancs exposés des troupes allemandes, stoppant leur
progression. Au niveau de la frontière franco-belge,
le passage de la Meuse à Givet est défendu par le fort de Charlemont,
datant de l'époque de Vauban, qui doit retenir les Allemands lorsqu'ils
arriveront. Les Belges se préparent également à retenir les Allemands
devant Anvers. A Namur, quatre forts supplémentaires se rendent, mais
deux résistent encore et fixent les Allemands. La flotte
franco-britannique de l'Adriatique bombarde la ville autrichienne de
Kotor (actuellement au Monténégro). En Prusse orientale, les Russes sont
largement supérieurs en nombre aux Allemands, qui manœuvrent pour
éviter l'encerclement. Les Serbes entrent dans Šabac, pour s'apercevoir
que les Autrichiens sont partis pendant la nuit. La première offensive
autrichienne sur la Serbie se solde définitivement par un échec. Les
pertes sont difficiles à évaluer, peut-être 12000 morts dont les deux
tiers Autrichiens. Les deux camps ont commis des crimes de guerre sur
des civils et des prisonniers (exécutions, viols, mutilations...).
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| A la tête du 9e lanciers britannique, le capitaine Francis Grenfell mène une charge de retardement contre les Allemands à Audregnies, près de Mons, et gagne la première Victoria Cross de la guerre, ce qui est largement relayé dans la presse, l'action étant comparée à la charge de la brigade légère à Balaklava. Effectivement, malgré l'aperçu qu'en donne cette image de propagande, la charge est un désastre, les chevaux se prennent dans des barbelés avant d'être décimés par les mitrailleuses et l'artillerie. Richard Caton Woodville, http://www.nam.ac.uk, domaine public. |
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samedi 23 août 2014
23 août 1914 - Massacre de Dinant
Les Allemands pilonnent Namur toute la journée, et l'infanterie s'avance à partir de 10h. Deux des forts se rendent, totalement écrasés, et l'infanterie belge abandonne la ville que les Allemands investissent prudemment. En Belgique, les troupes françaises se replient de Charleroi, et les Britanniques de Mons. Il s'agit du premier engagement important des Britanniques, qui parviennent tout de même à repousser des Allemands supérieurs en nombre avant de décrocher. Les Allemands franchissent la Meuse. Joffre annonce que l'offensive va reprendre, après avoir désigné ses généraux comme coupables de l'échec, mais les unités doivent d'abord se reformer. Le Zeppelin Z8 est abattu au-dessus des Vosges. Des massacres de civils ont encore lieu : on compte en particulier 674 victimes à Dinant (plus qu'à Oradour-sur-Glane en 1944), y compris femmes et enfants, et 218 à Ethe. Début de la bataille de Krasnik entre Russes et Autrichiens en Galicie. Les Russes progressent quelque peu sur les Allemands en Prusse orientale. Les Serbes pilonnent la ville de Šabac. L'ultimatum envoyé le 15 août ayant expiré, le Japon déclare la guerre à l'Allemagne.
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| Le front Ouest le 23 août. Par rapport au 16 août, on note que si la situation n'a pas beaucoup bougé en Alsace, les Français ont largement reculé en Lorraine (dans la Trouée de Charmes), les deux armées sont au contact dans les Ardennes avec une amorce de recul français, et surtout la Belgique est presque entièrement traversée, les Allemands atteignant presque la frontière par endroits, et l'armée belge (en vert) n'existant pratiquement plus. © http://www.carto1418.fr/ |
vendredi 22 août 2014
22 août 1914 - Triste record
Le jour le plus meurtrier de l'histoire française : 27000 morts en une seule journée, en grande majorité dans les Ardennes. A Namur, le bombardement des forts continue, alors que les troupes belges commencent à évacuer, mais les forts résistent bien. Les armées françaises sont totalement défaites sur les différents fronts : les Allemands prennent Lunéville (bataille de la Trouée de Charmes, en Lorraine, pour prendre les forts de Toul et Verdun à revers et progresser vers Paris en coupant l'armée française en deux), Longwy est en ruines et les différentes attaques françaises, à la baïonnette, échouent toutes quel que soit le secteur, en particulier dans les Ardennes et à Charleroi. Bataille de Rossignol : la 3e division coloniale française rencontre par hasard, en plein brouillard, deux divisions allemandes dans ce village près de Neufchâteau. Elle se fait hacher sur place en tentant de charger toute la journée, et en sort pratiquement anéantie, avec presque 12000 morts sur un effectif de 16000 hommes. Massacre de Tamines : dans ce village sur la Sambre, pendant la bataille de Charleroi, les Allemands exécutent près de 400 civils et brûlent 240 maisons. La bataille de Charleroi en général est perdue pour les français. A Dinant, les Allemands mettent le feu aux maisons, 2500 habitants fuient derrière les lignes françaises avec que celles-ci ne retraitent. En Pologne, Józef Piłsudski organise les volontaires pour combattre du côté autrichien.
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| Le journal de la 3e division d'infanterie coloniale pour les 22 et 23 août 1914, relatant les combats de Rossignol. © http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr |
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jeudi 21 août 2014
21 août 1914 - Coup d'arrêt
A Namur, les forts sont bombardés toute la journée par l'artillerie
allemande, y compris les obusiers de 305 et 420 mm, recevant des
milliers de projectiles. Bien que les plus exposés perdent plusieurs
tourelles, tous tiennent bon. En Belgique, l'armée allemande progressant
vers le Sud et l'armée française venant à sa rencontre se trouvent près
de Charleroi ; les allemands s'établissent immédiatement sur de bonnes
positions. La même situation se répète dans les
Ardennes, à Longwy où les artilleurs allemands pilonnent leurs
homologues français, et Neufchâteau, avec quelques escarmouches dans un
épais brouillard. En Alsace, les Français approchent de Colmar, mais
l'avancée s'arrête car le flanc gauche est découvert, l'offensive en
Lorraine ayant tourné court. De fait, les armées décimées (elles ont
perdu plus de 20.000 hommes) y ont reculé d'une quinzaine de kilomètres
dans la journée, revenant sur la Meurthe et se préparant à détruire les
ponts derrière elles. Profitant de leur succès, les Serbes s'approchent
de la ville fortifiée de Šabac, sur leur territoire, pour la reprendre
aux Autrichiens. Les Allemands envahissent l'Afrique du Sud.
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| Une patrouille du 18e régiment de hussards britannique prend des informations auprès de la population de Mons. Domaine public. |
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mercredi 20 août 2014
20 août 1914 - Contre-attaque allemande
Les Allemands déploient leur artillerie devant Namur. Les Belges
continuent leur repli sur Anvers, alors que les Allemands commencent
leur mouvement tournant vers le Sud, prenant au passage Bruxelles sans
combat. En Lorraine, les Allemands reposés, plus nombreux et placés en
hauteur contre-attaquent violemment à Sarrebourg et Morhange à 4h du
matin, à 11h les unités françaises sont en déroute (plus de 90% de
pertes dans certaines unités) et entament un repli général,
y compris de nuit. Les deux armées se rencontrent également dans les
Ardennes, où les Allemands sont bien retranchés : les attaques
françaises échouent avec de fortes pertes, notamment à cause de
l'artillerie allemande. La même situation se répète également dans les
Vosges, notamment au Petit Donon. Bataille de Gumbinnen en Prusse
orientale. Les Allemands, encouragés par leur précédent succès, lancent
une nouvelle attaque précipitée, sans avoir pris le temps de se préparer
correctement. L'artillerie lourde russe fait un carnage et von François
préfère reculer largement, même si son armée n'est pas poursuivie. Le
chef d’État-major von Moltke, furieux de cette retraite générale, confie
le commandement de cette armée à Hindenburg secondé par Ludendorff. Les
Serbes pourchassent les Autrichiens au-delà de la Drina, en territoire
autrichien.
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| Un train d'artillerie allemand traverse Bruxelles. © http://www.sambre-marne-yser.be, collection privée. |
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mardi 19 août 2014
19 août 1914 - Neutralité américaine
En Belgique, les Allemands arrivent en vue de Namur. Celle-ci est
défendue par 9 forts, selon une organisation similaire à Liège, mais les
Allemands ont retenu la leçon et décident de les réduire directement à
l'artillerie lourde, sans tenter de coup de main. L'armée belge retraite
sur Anvers. Les français, après des combats maison par maison à
Dornach, reprennent Mulhouse. L'avance en Lorraine est par contre
stoppée, les IIIe et IVe armées étant arrivée sur les
lignes défensives allemandes bien défendues, à 20 km derrière la
frontière. Fin de la bataille du Cer, les Autrichiens sont vaincus et
doivent se replier derrière la Drina face à l'arrivée d'une colonne de
renforts serbe. Les Etats-Unis se déclarent neutres.
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| La déclaration de neutralité américaine, dans un discours prononcé par Woodrow Wilson devant le Congrès. © Wilson, Essential Writings and Speeches of the Scholar-president, 2006, pp.390-391. |
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