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lundi 25 mai 2015

25 mai 1915 - Traités chinois

En Artois, une nouvelle tentative de lancer une attaque à grande échelle échoue : les Allemands ont amené des renforts, il n'y a plus d'effet de surprise, et le temps a manqué pour l'organisation. Fin de la bataille d'Ypres, après l'échec de la dernière poussée allemande de la veille. Les Allemands ont perdu 35000 hommes pour progresser de 5 km. Les pertes alliées s'élèvent à presque 80000 hommes, en grande majorité britanniques. Dans les Dardanelles, après le Goliath, c'est au tour du HMS Triumph d'être coulé par le sous-marin allemand U-21. Traité entre la Chine et la Japon : ce dernier domine divers territoires dont la Mandchourie et la Mongolie-Intérieure, alors que la Chine recevra Jaiozhou à la fin de la guerre. De plus la Chine signe un traité avec la Russie et la Mongolie, par lequel la Mongolie conserve son autonomie et son administration théocratique et féodale, mais renonce à son unification.

Vue d'artiste du torpillage du transport ottoman Stamboul dans le détroit du Bosphore par le sous-marin britannique E11. Illustrated London News ; domaine public.

dimanche 24 mai 2015

24 mai 1915 - Crimes contre l'Humanité

Dernière attaque allemande à Bellewaerde, dans la bataille d'Ypres : le terrain pris est reconquis par les Britanniques. Les Italiens passent la frontière autrichienne dans le Trentin et sur l'Isonzo, provoquant dans le même temps un durcissement des relations diplomatiques avec l'Allemagne. Ils conquièrent également leur première ville, Cervignano del Friuli, après un bombardement naval, et perdent leur premier soldat, Riccardo di Giusto, dans une escarmouche pour un sommet. Leur stratégie est de prendre Ljubljana, mais après quelques succès initiaux les batailles se transformeront en guerre de tranchées comme partout ailleurs, avec ici la particularité que les tranchées sont situées à 3000 mètres d'altitude, dans la neige ou la glace. De leur côté, les Autrichiens lancent des raids sur la côte Adriatique italienne, ainsi que sur Venise par avion. Les Russes arrêtent provisoirement leur offensive vers Erzurum, en Arménie, face à la résistance ottomane. Un cessez-le-feu est déclaré pour une partie de la journée à Gallipoli, afin d'enterrer les morts. L'Entente adresse une note au gouvernement ottoman indiquant que les exactions contre les Arméniens seront considérées comme des « crimes contre l'humanité et la civilisation ». Ils ont en effet eu connaissance du mode opératoire des convois de déportés : les hommes sont massacrés avant le départ, et les plus belles femmes ainsi que les enfants enlevés pour être vendus comme esclaves. Le reste est décimé lors de la marche à travers le désert, soit de faim et de fatigue, soit par les gardes ou divers tribus et miliciens rencontrés sur la route. Les quelques-uns qui parviennent à destination sont alors quasiment tous assassinés sur place.

Dans le no man's land de Gallipoli, une trêve entre troupes ottomanes et de l'ANZAC permet d'enterrer les morts de l'attaque ottomane échouée du 19. Australian War Memorial ; domaine public.

vendredi 8 mai 2015

08 mai 1915 : Frezenberg

Important bombardement allemand à Frezenberg, dans le secteur d'Ypres : les britanniques sont contraints de reculer et perdent la position.

Une tranchée allemande très bien aménagée dans le secteur de La Boisselle, dans la Somme, le 8 mai. L'endroit sera principalement connu pour être devenu un haut lieu de la guerre des mines en 1916. © http://www.delcampe.net

mercredi 6 mai 2015

06 mai 1915 - Seconde bataille de Krithia

Le commandant britannique à Ypres est limogé pour avoir suggéré un retrait permettant de diminuer la pression dans ce secteur. Son supérieur fait poursuivre la politique de contre-attaques, sans aucun succès. Dans les Carpathes, les Russes commencent une retraite de 160 km, tout en évitant l'encerclement. Le général russe Yudenich lance une offensive visant à secourir Van, avec l'aide des milices arméniennes. Celle-ci comprend deux ailes, une par le lac Van au Nord, et une autre plus au Sud. L'offensive du Nord se déroule comme prévu, mais les Ottomans résistent bien au Sud, bien qu'ils soient totalement dépassés en nombre (avec 50000 hommes et 130 canons pour 600 km de front). A Gallipoli, l'ANZAC lance une seconde attaque sur Krithia ; cependant, toutes les positions de mitrailleuses ottomanes n'ont pas été repérés préalablement par les reconnaissances aériennes, et l'attaque doit être arrêtée dans la journée.

Le bataillon australien Hood se repose à Gallipoli, dans le secteur de White House, le 6 mai. © http://gallipolitours.over-blog.com/

lundi 4 mai 2015

04 mai 1915 - Préparation d'artillerie

A Ypres, les troupes canadiennes sont enfin relevées par des troupes britanniques, françaises et indiennes. Début de la préparation d'artillerie en vue de l'offensive d'Artois. Depuis décembre 1914, le calme du secteur d'Arras avait été mis à profil pour renforcer les défenses en profondeur et préparer une offensive majeure. Les détails tactiques sont également bien préparés : reconnaissances aériennes, bonne connaissance du terrain par les unités, objectifs clairs et connus de chaque soldat/ L'attaque est prévue pour le 7 mai, avec la collaboration des unités anglaises, mais le mauvais temps la fait reporter au 9. En attendant, une préparation d'artillerie de tous calibres vise à réduire la résistance allemande. Dans le cadre de l'offensive Gorlice-Tarnów, les empires centraux parviennent à percer le front russe. Les Russes se replient sur la rivière San, entre la Vistule et les Carpathes, en manœuvrant en permanence et en contre-attaquant dès que possible afin d'éviter l'encerclement. Ils n'ont cependant aucune capacité d'observation aérienne, au contraire des austro-allemands, ce qui fait une différence importante dans la conduite des opérations.

Une vue du secteur des Eparges, côté allemand, le 4 mai. ©  http://www.delcampe.net

samedi 2 mai 2015

02 mai 1915 - Offensive Gorlice-Tarnów

Afin d'éviter que les Russes n'envahissent la Hongrie suite à la chute de Przemyśl, les austro-allemands lancent l'offensive Gorlice-Tarnów en Galicie, sous un commandement commun. Les Russes sont pris par surprise, n'ayant de plus que cinq divisions à opposer aux onze qui les attaquent. Les lignes russes volent en éclat, certaines divisions disparaissant purement et simplement de la carte. A Gallipoli, les alliés contre-attaquent pour reprendre l'initiative sur les Ottomans.

Vue d'artiste d'une action ayant valu la Victoria Cross au soldat britannique John Lynn, dans le secteur d'Ypres, le 2 mai. Durant une attaque au gaz, celui-ci a préféré continuer à mitrailler pour empêcher l'avance allemande plutôt que de prendre le temps d'enfiler son masque. Il est mort le lendemain, empoisonné par le chlore. The War Illustrated, 24 juillet 1915, domaine public.

lundi 27 avril 2015

27 avril 1915 - Contre-attaque ottomane

Une nouvelle attaque au gaz allemande se déroule au Sud d'Ypres, mais les britanniques ont eu le temps d'équiper leur troupe et cette nouvelle arme n'a plus d'effet. Les Ottomans, qui ont amené des renforts, lancent leur première contre-attaque contre les troupes de l'ANZAC sur les plages de Gallipoli. L'artillerie navale parvient à les contrer, mais les contre-attaque lancées sont mal coordonnées et échouent. Au soir, les Ottomans ont réussit à fortifier tout le pourtour de la tête de pont, et plus aucune victoire rapide n'est possible. Parallèlement, des sous-marins alliés parviennent à s'aventurer dans les détroits et à couler des transports ottomans ravitaillant la zone de combat : si l'opération est risquée pour le sous-marin, et les pertes remplaçables pour les Ottomans, elle affaiblit toutefois le moral de ces derniers.

Le navire de bataille russe Ioan Zlatoust le 27 avril. Domaine public.

samedi 25 avril 2015

25 avril 1915 - ANZAC Day

Les Français et Britanniques contre-attaquent enfin à Ypres, mais les Allemands les arrêtent avec des nappes de gaz. Une attaque allemande sur le Hartmannswillerkopf parvient à dégager le sommet, mais ceux-ci ne peuvent s'y maintenir : l'artillerie des deux camps pilonne tout le secteur, et le sommet devient un no man's land jusqu'en décembre. Il ne se passe quasiment plus rien de notable jusqu'à cette date, les deux armées se contentant de coups de main pour harceler l'adversaire. A Van, les Arméniens assiégés ont organisé un gouvernement provisoire pour gérer la situation, d'autant que des réfugiés des alentours viennent s'installer dans la ville par une route contrôlée par la résistance. Ils envoient des messagers pour prévenir les Russes. Débarquement du corps expéditionnaire allié à Gallipoli, dans les Dardanelles. Après diverses attaques de diversion françaises, une division britannique (comprenant principalement des contingents australiens et néo-zélandais) débarque sur cinq plages différentes du cap Helles. Sur certaines, le débarquement se passe sans encombre, les Ottomans n'ayant quasiment aucune défense à opposer, mais les ordres ne sont que d'établir une tête de pont et la brèche n'est pas exploitée. Ailleurs, les hommes approchent dans des bateaux sans protection et se font décimer par les mitrailleuses, avec parfois 90 % de pertes avant d'atteindre le rivage. Cependant, les Ottomans sont trop peu nombreux pour contre-attaquer, ils n'ont quasiment pas de munitions et ont juste l'ordre de se faire tuer sur place. En fin de journée, les Britanniques avaient le contrôle des plages au prix de plus de 60 % de pertes, mais n'ont rien fait pour profiter de leur avantage, et sont donc restés bloqués dessus. Les Russes, de leur côté, bombardent les forts ottomans de leur côté des Dardanelles.

Les troupes de l'ANZAC débarquent à Suvla Bay dans le secteur de Gallipoli. State Library of Queensland, domaine public.

vendredi 24 avril 2015

24 avril 1915 - Rafle des intellectuels

Nouvelle attaque allemande à Ypres, cette fois à Saint-Junien, soit au centre tenu par les Canadiens. Les nuages de gaz sont de nouveau employés, mais cette fois les Canadiens improvisent des protections avec des mouchoirs imbibés d'eau et d'urine, ce qui leur permet d'éviter la percée allemande bien que le front recule quelque peu. Date considérée habituellement comme le début du génocide arménien. Après l'éviction des composantes arméniennes de l'armée, le parti au pouvoir, les Jeunes-Turcs, fait arrêter les 24 et 25 avril 600 intellectuels arméniens de Constantinople, lesquels sont ensuite déportés puis tués. En parallèle du génocide arménien, des exactions comparables auront également lieu contre les peuples de Mésopotamie (notamment Assyriens), ainsi que contre les Grecs des rives de la Mer Noire.

Des mitrailleurs belges portent l'un des tous premiers exemplaires de masques à gaz, pendant la bataille d'Ypres. Domaine public.

mercredi 22 avril 2015

22 avril 1915 - Gaz de combat

Début de la deuxième bataille d'Ypres. Après une première tentatives à l'automne 1914, les Allemands essaient une nouvelle fois de prendre le contrôle de la ville d'Ypres en Belgique. Ils ont face à eux des unités britanniques (canadiennes et indiennes), belges et françaises (de l'armée d'Afrique). La première attaque a lieu dans le secteur de Gravenstafel, face aux Canadiens arrivés seulement cinq jours auparavant. La surprise est violente, car ils ne sont pas préparés à cette guerre : en particulier, leur artillerie est peu efficace, et leur fusil Ross fonctionne très mal dans la boue. Ils tiennent malgré tout le centre de la bataille. A cela s'ajoute le premier emploi sur le front de l'Ouest d'un gaz de combat, le chlore, par les Allemands : 5730 cylindres de gaz (soit 168 tonnes) sont lâchés à Steenstraate au début de l'attaque, sur deux divisions françaises qui n'ont aucune protection et s'enfuient. Ceci ouvre une brèche de 8 km au Nord du dispositif, que les Français et les Belges ont du mal à colmater. Toutefois, les Allemands ne s'attendaient pas à autant de succès et n'ont pas prévu assez de renforts pour exploiter efficacement la brèche.

Vue aérienne de l'attaque au chlore du 22 avril. © http://www.herodote.net

lundi 20 avril 2015

20 avril 1915 - Siège de Van

Bombardement allemand sur Ypres ; leurs adversaires ne le comprennent pas, mais il s'agit d'un bombardement préliminaire en vue d'une attaque deux jours plus tard. Début du siège de Van, en Arménie. Il s'agit de l'une des seules oppositions directes entre ottomans et arméniens dans le cadre du génocide, alors que celui-ci n'a pas encore réellement commencé. Suite à une nouvelle altercation entre Arméniens et Ottomans, ces derniers tirent à l'artillerie contre la ville de Van, de fait en état de siège. Les Ottomans entrent alors dans la ville, dans laquelle ils doivent faire face à deux pôles de résistance de la part des civils arméniens. Les Arméniens ont creusé des tranchées et fortifié des bâtiments, sans effectuer d'action offensive déterminante. Les Ottomans ne sont pas beaucoup plus efficaces, mais ont la supériorité en hommes et en armes. De fait, les Arméniens ne sont que 1500 en état de se battre, avec 1000 pistolets, 300 fusils et des armes antiques pour compléter. Avec trois camarades, le soldat Félix Baudy est fusillé pour l'exemple : la veille, leur compagnie déjà épuisée avait refusé d'attaquer une tranchée allemande alors qu'une première vague venait de se faire hacher sur place. Cinq soldats sont choisis pour passer en cour martiale, deux tirés au sort (dont l'un acquitté) et les trois autres à cause de leur appartenance à la CGT. Ils ont été réhabilité en 1934.

Une vue aérienne stéréoscopique d'Amiens depuis un biplan Farman, le 20 avril. Archives de Toulouse, 49Fi193, domaine public.

vendredi 17 avril 2015

17 avril 1915 - Arrivée des Canadiens

Installation des premières unités canadiennes sur le front Ouest, dans le secteur d'Ypres. Celui-ci est assez agité, avec des combats pour la colline 60 emportée par les Britanniques. Les Alliés attaquent Garoua, au Cameroun.

Retranchements allemands à Garoua. La photo n'est pas datée. Deutsche Kolonialgesellschaft ; domaine public.

mardi 14 avril 2015

14 avril 1915 - Fête de la gloire

Fin de l'offensive en Woëvre : elle n'a eu aucun résultat stratégique, même si elle a causé des pertes assez importantes aux Allemands. Les Allemands accusent les Français d'avoir utilisé des gaz toxiques près de Verdun, ce qui est infondé mais vise à préparer la première utilisation des gaz quelques jours plus tard par les Allemands, à Ypres. Les Britanniques indiquent que les Dominions seront consultés par rapport aux termes de paix. Le Japon informe les Britanniques que les Allemands réfléchissent à une offre de paix séparée. Les Grecs rejettent l'offre des alliés.

La "fête de la gloire" se tient sur le Trocadéro en l'honneur des blessés du camp retranché de Paris, lesquels sont présents : les "gueules cassées" font leur apparition dans le paysage de la capitale. © http://www.parisenimages.fr

mardi 24 mars 2015

24 mars 1915 - Armée de Gallipoli

Les Ottomans créent une 5e armée, chargée de la défense de Gallipoli.

Une pièce d'artillerie de campagne britannique dans le secteur d'Ypres. Illustrated War News, 33, 24 mars 1915 ; © http://digital.nls.uk/…/soldier/at-the-front/field-guns.html

jeudi 25 décembre 2014

25 décembre 1914 - Trêve de Noël

Trêve de Noël sur certains secteurs du front. Celle-ci a eu lieu presque uniquement aux endroits où les tranchées alliées étaient tenues par les Britanniques, soit dans le secteur d'Ypres et notamment à Frelinghien. Lorsqu'ils n'étaient pas accompagnés par les Britanniques, les Français et Belges n'ont pas fraternisé avec les Allemands, probablement à cause des violences commises par ceux-ci sur les civils de leurs pays. Concrètement, les Britanniques et Français tenant les positions autour d'Ypres ont aperçu au matin du 25 décembre des arbres de Noël plantés le long des tranchées allemandes, pendant que ceux-ci étaient en train de chanter des chants de Noël. Les Allemands sortirent les premiers de leurs tranchées, appelèrent leurs ennemis. Des échanges de cadeaux, discussions, parties de football et même un récital eurent lieu jusqu'au matin du 26. Des trêves, ou le fait de se prévenir mutuellement de l'imminence des bombardements, continuèrent par endroit pendant une semaine avant que la hiérarchie militaire n'y mette fin, au besoin en bombardant les rassemblements. Les photos de l'événement ont presque toutes été détruites et aucun média n'a parlé de l'événement en France et en Allemagne, mais de nombreux journaux britanniques parvinrent à se procurer des clichés et en firent leur Une dans les jours suivants. Il faut cependant noter que des cas d'arrêts plus ou moins prolongés des combats, voire d'échanges ou d'entraides, ont eu lieu ponctuellement sur tous les fronts et pendant tout la guerre. Dans le Caucase, les Ottomans marchent pendant 14 heures sous la neige ; ils sont si épuisés et affamés qu'ils sont devenus totalement indifférents, ne se souciant plus ni des gelures et de l'hypothermie qui tuent des milliers d'entre eux, ni des mitrailleuses russes. Malgré cela, les Russes sont tout de même dépassés par le nombre et effectuent une retraite plus ou moins en bon ordre.

La Une du Daily Mirror du 8 janvier 1915, publiant la plus célèbre photographie de la trêve de Noël. © http://raglinen.com

jeudi 4 décembre 2014

04 décembre 1914 - Les Martyrs de Vingré

Les Alliés tentent de lancer une offensive générale sur entre la mer du Nord et Verdun, en particulier à Ypres. Ils pensent profiter de leur supériorité numérique, les Allemands ayant du envoyer des troupes supplémentaires en Russie, mais les tranchées allemandes sont suffisamment bien conçues pour repousser tous les assauts. Les Serbes ont retrouvé le moral alors que les Autrichiens sont totalement débordés, ils reculent encore sous l'offensive qui continue. Les Allemands parviennent à progresser en Pologne. Une force expéditionnaire portugaise quitte Lisbonne pour l'Angola. Épisode des Martyrs de Vingré : un caporal et cinq soldats sont fusillés pour l'exemple. Lors d'une attaque allemande dans l'Aisne, le 27 novembre, 24 soldats s'étaient repliés dans une tranchée de seconde ligne sur ordre d'un sous-lieutenant, avant de reprendre leurs positions précédemment enlevées par les Allemands. Ils furent accusés d'abandon de poste en présence de l'ennemi, et le sous-lieutenant fut mis hors de cause, alors qu'il s'était replié le premier. Le 3 décembre, selon les directives du général Étienne de Villaret qui souhaitait redonner aux hommes le goût de l'obéissance, 6 des soldats furent tirés au sort, et fusillés le lendemain. Ils seront réhabilités en 1921 sous la pression de leurs veuves et anciens camarades. Le sous-lieutenant (seul officier à avoir été jugé pour son rôle dans une exécution) sera acquitté, et le général ne sera pas poursuivi.

Le monument aux martyrs de Vingré, dans le champ où ils ont été fusillés. Celui-ci date de 1925, on note le vocabulaire employé : leur innocence, l'identité des coupables ou encore l'absurdité de l'événement ne sont pas mentionnés, mais ils sont par contre censé être "tombés glorieusement". © http://crdp.ac-amiens.fr/

dimanche 23 novembre 2014

23 novembre 1914 - Jihad

Ypres est lourdement bombardée. Les allemands attaquent les tranchées britanniques dans cette zone, sans succès. Les Serbes se replient, ayant subi de très lourdes pertes et étant presque à court de munitions. Toutefois, les Autrichiens, eux-mêmes très éprouvés, ne les poursuivent pas directement, pensant pouvoir les encercler sans problème autour de Belgrade un peu plus tard. Les Serbes en profitent pour se reformer comme ils le peuvent. Le Portugal prend une résolution pour pouvoir intervenir militaire contre l'Allemagne, en tant qu'allié de la Grande-Bretagne. L'empire ottoman déclare la guerre à l'ensemble des Alliés, assortie d'un appel au Jihad envers les chrétiens.

Le Cheikh al-Islam, Ürgüplü Mustafa Hayri Efendi, proclame le Jihad à Constantinople. Domaine public.

jeudi 20 novembre 2014

20 novembre 1914 - Retranchements

Les Allemands commencent à se retrancher à Ypres. Les Serbes sont forcés de retraiter sur la Kolubara. Ils évaluent la possibilité d'effectuer un repli stratégique pour attirer les Autrichiens plus loin dans le territoire et attaquer leurs flancs, mais ne sont pas en mesure de réaliser une telle manœuvre.

Compte-rendu de la journée pour la Xe armée française, dans le secteur de Béthune, tel que reporté dans le JMO du Groupe d'armées Nord. © http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

mardi 18 novembre 2014

18 novembre 1914 - Cap Sarytch

A Łódź, les Allemands se sont avancés trop profondément en Pologne : avec les renforts venus de Silésie, les Russes les attaquent à la fois sur leurs flancs Nord et Sud, menaçant de les encercler. La température chute à -12° C. Les Autrichiens lancent un assaut important contre les Serbes sur la Kolubara. Bataille du cap Sarytch : en mer Noire, la flotte russe composée d'une vingtaine de bâtiments rencontre les croiseurs ottomans Goeben et Breslau (n'ayant de turc que le pavillon, le matériel et l'équipage restant intégralement allemands). Ceux-ci doivent battre en retraite, le Goeben est endommagé. Compte tenu de l'échec à Ypres, Erich von Falkenhayn considère qu'il n'est plus possible pour l'Allemagne de gagner la guerre, et il appelle à une solution diplomatique. Tous les décideurs militaires et civils allemands refusent. Le gouvernement français, alors à Bordeaux, commence à revenir à Paris.

Un impact reçu par le cuirassé Evstafii lors de la bataille du cap Sarytch, provoqué par un tir du Goeben. Ce bâtiment, lancé en 1908, constitue le fleuron de la flotte russe de la mer Noire. Le combat de cette journée a en réalité eu lieu principalement entre l'Evstafii et le Goeben. Domaine public.

lundi 17 novembre 2014

17 novembre 1914 - Guerre de positions

Les Allemands arrêtent leur offensive à Ypres, sans avoir atteint les ports qui constituaient leur objectif. Le front est définitivement stabilisé sur 700 km entre la mer du Nord et la Suisse et le restera jusqu'en 1918, les combattants s'employant maintenant à améliorer leurs tranchées. Les Russes atteignent à nouveau les Carpates. Les Ottomans sont repoussés en Mésopotamie.

Le croiseur auxiliaire allemand Berlin interné dans le port de Trondheim, en Norvège. Il s'agit à l'origine d'un paquebot transatlantique de la Norddeutschen Lloyd, armé en croiseur auxiliaire destiné à mouiller des mines en mer du Nord, et qui a du se réfugier dans ce port le 17 novembre faute de carburant. Après la guerre, il sera récupéré par les Britanniques et retournera à sa fonction première sous le nom d'Arabic. Municipal Archives of Trondheim, domaine public.