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lundi 25 mai 2015

25 mai 1915 - Traités chinois

En Artois, une nouvelle tentative de lancer une attaque à grande échelle échoue : les Allemands ont amené des renforts, il n'y a plus d'effet de surprise, et le temps a manqué pour l'organisation. Fin de la bataille d'Ypres, après l'échec de la dernière poussée allemande de la veille. Les Allemands ont perdu 35000 hommes pour progresser de 5 km. Les pertes alliées s'élèvent à presque 80000 hommes, en grande majorité britanniques. Dans les Dardanelles, après le Goliath, c'est au tour du HMS Triumph d'être coulé par le sous-marin allemand U-21. Traité entre la Chine et la Japon : ce dernier domine divers territoires dont la Mandchourie et la Mongolie-Intérieure, alors que la Chine recevra Jaiozhou à la fin de la guerre. De plus la Chine signe un traité avec la Russie et la Mongolie, par lequel la Mongolie conserve son autonomie et son administration théocratique et féodale, mais renonce à son unification.

Vue d'artiste du torpillage du transport ottoman Stamboul dans le détroit du Bosphore par le sous-marin britannique E11. Illustrated London News ; domaine public.

jeudi 7 mai 2015

07 mai 1915 - Torpillage du Lusitania

A Gallipoli, l'ANZAC ne parvient plus à avancer malgré l'arrivée de renforts. Le front se stabilise alors, les deux belligérants étant épuisés et à court de ravitaillement. Toutefois, les tranchées ne sont séparées parfois que de quelques mètres et des raids à la grenade se déroulent encore régulièrement, en plus de l'activité des tireurs de précisions des deux côtés, qui visent en priorité les officiers. Torpillage du RMS Lusitania. Ce paquebot transatlantique de la Cunard, lancé en 1906, était l'un des plus modernes et puissants de l'époque. Il avait été modifié en 1913 pour pouvoir être converti en croiseur auxiliaire armé. D'autres navires du même type, en particulier le Mauritania et l'Aquitania, furent officiellement employés dans ce rôle dès le début de la guerre, mais le Lusitania put continuer ses voyages commerciaux. A 14h25 le 7 mai, il se trouve à vitesse réduite dans la zone de guerre au Sud de l'Irlande, alors que le capitaine avait été prévenu de la présence d'un sous-marin allemand dans le secteur, et que le croiseur Juno censé l'escorter n'était pas là . De fait, il est repéré par le sous-marin U-20 qui, faute de mieux, lui envoie une torpille en bronze peu performante. D'après les témoignages de survivants et à l'étonnement des sous-mariniers, une forte détonation suit le premier impact de la torpille, initialement attribuée à l'explosion d'une chaudière. Toutefois, il est possible que le paquebot ait en réalité transporté une cargaison illégale d'explosifs, dont la nature reste controversée. Le paquebot coule alors très vite, avec environ 700 survivants sur un peu moins de 3000 personnes à bord. Bien que le paquebot soit britannique, il fut présenté comme neutre par la presse américaine, dénonçant l'attaque allemande qui avait coûté la vie à 128 américains. Bien que l'Allemagne ait par la suite restreint son activité sous-marine contre les navires neutres pour éviter plus de polémique, cet événement marqua le début de l'évolution de l'opinion publique américaine, auparavant réservée, vers un engagement dans la guerre. Le Japon présente à la Chine une liste revue des « treize demandes », avec un ultimatum ; cette fois, les Chinois acceptent, car le Japon dispose déjà de fait de la plupart des privilèges demandés. Par contre, les puissances occidentales s'inquiètent de l'intérêt porté par le Japon sur la Chine.

Vue d'artiste des morts et survivants à la surface de l'Atlantique après le torpillage du Lusitania. William Wyllie, The track of Lusitania, National Maritime Museum, Greenwich, domaine public.

dimanche 26 avril 2015

26 avril 1915 - Pacte de Londres

Bataille de Gibeon en Afrique occidentale allemande, actuellement en Namibie : l'armée allemande de la colonie perd un quart de ses effectifs, tous ses canons, et 4 de ses 6 mitrailleuses. Le croiseur auxiliaire allemand Kronprinz Wilhelm est interné à Newport News, en Virginie. Il s'agissait du dernier corsaire allemand en service. Pacte de Londres : les pays de l'Entente ayant accepté les revendications territoriales de l'Italie, celle-ci s'engage à entrer en guerre à leurs côtés dans un délais d'un mois. La Chine rejette les « Vingt-et-une demandes » que le Japon avait formulé le 18 janvier, pour essayer d'étendre son contrôle sur le continent. Le Japon travaille donc à en proposer une nouvelle version allégée.

Des hommes du 8e bataillon australien dans une tranchée à Bolton's Ridge, sur la plage de Gallipoli. Australian War Memorial, domaine public.

lundi 23 mars 2015

23 mars 1915 - Navire porte-ballon

Seconde et dernière tentative d'attaque sur le Reichakerkopf, sans plus de résultats que la veille. Les Allemands se réorganisent sur le mont Zwinin : les Russes ayant à présent des troupes disponibles après la chute de Przemyśl, les Allemands s'attendent à une attaque à tout moment, d'autant que la neige commence à dégeler et que des torrents de boue s'ajoutent au manque chronique de ravitaillement, notamment en nourriture. De fait, même si les Russes sont parvenus à creuser des mines sous les tranchées allemandes, leurs assauts de la fin mars sont repoussés. Une offensive générale est préparée pour le 9 avril. Le Manica, un cargo retiré du service, est relancé par la marine britannique en temps que premier navire porte-ballon, afin de guider les tirs d'artillerie dans les Dardanelles. Les gouvernements japonais et chinois traitent en secret de leur future politique concernant la Mandchourie.

Préparation du ballon du Manica, de type "Drachen", pendant les opérations à Gallipoli. Imperial War Museum, domaine public.

dimanche 18 janvier 2015

18 janvier 1915 - Bataille de Jassin

En Afrique orientale, les Allemands déclenchent une attaque sur la ville de Jassin, située sur leur territoire mais occupée par 300 indiens depuis novembre 1914. Les Allemands ont eux prévu 2000 soldats, 23 mitrailleuses et 4 canons. Après s'être mis en position sans se faire repérer, ils attaquent à 5h, mais les indiens résistent bien malgré les nombreuses positions inoccupées. Alors que les Allemands prennent les premiers bâtiments à 9h, les Britanniques tirent une fusée de détresse à destination d'une garnison située à quelque distance, qui envoie 800 hommes en renfort. Toutefois, à 10h Jassin est encerclée, et les combats se déroulent au corps-à-corps toute la journée, quasiment selon des tactiques de guérilla, l'environnement étant urbain et les Allemands commençant à manquer de munitions. Le Japon fait parvenir à la Chine les "Vingt et une demandes", une sorte d'ultimatum visant à faire de la Chine un protectorat japonais, mais sans date butoir : les Chinois n'y répondront qu'en avril.

Deux officiers allemands en Afrique orientale, en 1907. © http://charlesmccain.com

mardi 2 septembre 2014

02 septembre 1914 - Coup de faux

Maubeuge, totalement isolée sur la frontière belge, est toujours lourdement bombardée. Les Allemands sont à 80 km à peine de Paris. Von Moltke ordonne de pousser l'armée française à l'Est de Paris. Conformément au plan Schlieffen, il ne vise pas la capitale mais compte obliquer vers l'Est de la région parisienne pour prendre en "coup de faux" toute l'armée française. Joffre, qui a remplacé les généraux qu'il jugeait incompétents (le lendemain, Franchet d'Esperey prendra la tête de la Ve armée à la place de Lanrezac), annonce qu'il compte se rétablir sur la Seine et l'Aube, où il envoie déjà des renforts. Fin de la bataille de Lemberg en Galice, les Autrichiens sont défaits et perdent 130000 hommes. Ils ne semblent pas adaptés à la guerre moderne et sont dépendants des Allemands. Les japonais débarquent leurs troupes d'assaut à Tsingtao. La Chine proteste puisque les Japonais débarquent sur son territoire alors qu'elle est neutre, mais ne fait rien pour empêcher les opérations. Le gouvernement français est installé en entier à Bordeaux.
Le plan Schlieffen dans sa version 1905. En 1914, le mouvement de la première armée, la plus à gauche, n'est pas appliqué. Le 2 septembre, les Allemands sont globalement sur l'Aisne. Domaine public.

mercredi 27 août 2014

27 août 1914 - Guerre en Chine

Alors que la retraite générale continue, Joffre espère pouvoir créer une ligne d'arrêt sur un axe Amiens-Reims-Verdun ; il ordonne au général Lanrezac, commandant la Ve armée à gauche du dispositif français, de prendre de flanc les Allemands le 29 pour les empêcher de contourner son armée. A Tannenberg, la première armée russe avance vers le Nord, croyant à une retraite allemande vers Königsberg, et ne peut plus aider la seconde. Celle-ci remonte elle-même vers le Nord pour rejoindre la première qui n'y prête pas attention, et s'enfonce dans le piège allemand. A Gnila Lipa, les Autrichiens sont contraints de reculer avec de fortes pertes, mais les Russes doivent se regrouper avant de pouvoir les poursuivre. Les Japonais, assistés des Britanniques, mettent en place un siège naval et terrestre autour de la position allemande de Tsingtao, en Chine.

Vues de la forteresse allemande à Tsingtao. Les photographies ne sont pas datées, mais datent certainement d'avant-guerre. Le Miroir, n°41, 6 septembre 1914, p.2.



vendredi 15 août 2014

15 août 1914 - Explosion du fort de Loncin

A Liège, Boncelles et Lantin capitulent respectivement à 7h30 et 12h30, totalement ravagés. La principale tragédie se joue à Loncin : à 10h, le fort n'a plus de munition ; à partir de 15h, un obus de 420 mm s'abat dessus toutes les quatre minutes, l'artillerie n'ayant plus à s'occuper de Lantin. A 17h20, l'un de ceux-ci explose dans la poudrière qui contenait encore 12 tonnes de poudre : le béton est arraché et retombe sur les soldats, qui sont encore enterrés dessous à ce jour. Bien que la quasi-totalité de la garnison ait été tuée, et le général Leman inconscient dans le fossé, les quelques survivants continuent à se battre dans les décombres et les Allemands doivent tout de même prendre le fort d'assaut, ce qui est fait en quelques minutes. En Belgique, les Allemands arrivent à Dinant, tenue par les troupes françaises : ils bombardent la citadelle à partir de 6h et l'enlèvent à 11h45, mais une contre-attaque française parvient à reprendre la ville à 16h. En Lorraine, les Français continuent à avancer et contrôlent les cols des Vosges, mais les Allemands sont bien établis sur des positions défensives un peu en retrait. Suite à la promesse du tsar, les nationaux-démocrates polonais se rallient aux Russes. Le Japon envoie un ultimatum à l'Allemagne à propos de la restitution de la ville de Jiaozhou à la Chine. La France a terminé la mobilisation. Inauguration du Canal de Panama.

Une vue des décombres du fort de Loncin sur une carte postale allemande, de date inconnue. La tourelle de 210 mm pèse 40 tonnes. © http://1914-18.be