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vendredi 1 mai 2015

01 mai 1915 - Contre-attaque ottomane

Epuisées par les opérations d'avril, les troupes de Champagne ne sont plus aptes à une offensive générale : on s'occupe alors de renforcer les positions et reconstituer les unités. Les Ottomans contre-attaquent à Gallipoli, mais globalement sans résultats, et ils sont repoussés avec de lourdes pertes. Le pétrolier américain Gulflight est torpillé sans avertissement par un sous-marin allemand ; bien qu'il parvienne à atteindre le port, c'est la première attaque sur un bâtiment américain. En France, réorganisation du commandement de la Marine ainsi que de la supervision des fabrications de guerre.

La vue depuis une tranchée de l'ANZAC à Gallipoli, le 1er mai. © Imperial War Museum, domaine public.

mardi 17 mars 2015

17 mars 1915 - Affaire des caporaux de Souain

Joffre ordonne la suspension de l'offensive en Champagne, ce qui clôt la bataille. A cette date, soit en six mois, les alliés ont perdu plus d'un million d'hommes sur le front Ouest, et les Allemands 670000. Affaire des caporaux de Souain. Le 10 mars, à Souain en Champagne, une compagnie d'infanterie épuisée et démoralisée refuse d'effectuer une attaque à l'évidence vouée à l'échec, d'autant plus que l'artillerie française pilonne leurs propres lignes. Le général Réveilhac ordonne alors au capitaine de lui transmettre les noms de dix-huit hommes de troupes et six caporaux pour être traduits en conseil de guerre. Les hommes de troupes, désignés arbitrairement, et deux caporaux qui auraient pu ne pas entendre les ordres car situés en bout de ligne sont acquittés, mais les quatre autres caporaux sont fusillés le 17, deux heures avant que le recours en grâce qu'ils avaient obtenu n'arrive. Dès le mois suivant, une campagne de réhabilitation est entreprise par les veuves et la Ligue des droits de l'Homme, lesquels seront systématiquement déboutés sans raison valable par l'administration jusqu'en 1934.

L'ordre d'exécution des caporaux Girard, Lechat, Lefoulon et Maupas. © http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

lundi 16 mars 2015

16 mars 1915 - Batavier V

En Champagne, l'offensive française n'a pas brisé les Allemands, même si ceux-ci ne parviennent pas à contre-attaquer efficacement non plus. L'offensive est donc suspendue.

Le 16 mars, le sous-marin allemand U-28 arraisonne le paquebot hollandais Batavier V afin de l'amener à Zeebrugge, malgré la neutralité des Pays-Bas. Le W2 est un bateau pilote chargé d'escorter le paquebot à travers les champs de mine. La photo a été prise par un passager du Batavier V. Domaine public.

dimanche 15 mars 2015

15 mars 1915 - Bois sabot

Prise du bois Sabot par les français en Champagne, dernière position à être enlevée dans le cadre de cette offensive. Le Blonde est le premier navire marchand attaqué par un avion. Exécution du soldat Mardochée Louis Lévy : celui-ci été parti dormir dans un boyau de communication et a été condamné pour abandon de poste. Il était déficient mentalement, et aurait du être réformé pour cela.

L'escadre russe de la mer Noire, avec ici le Rostislav, fait feu sur les forts ottomans à l'entrée orientale du détroit du Bosphore, le 15 mars. Domaine public.

jeudi 12 mars 2015

12 mars 1915 - Contre-attaque à Neuve-Chapelle

A Neuve-Chapelle, les Allemands lancent une contre-attaque générale avec 16000 hommes, qui échoue, mais oblige également les Britanniques à stopper leurs attaques. Ils se renforcent donc sur les positions conquises, dans l'idée de lancer une nouvelle attaque le lendemain. Début d'une série d'attaques françaises de grande envergure en Champagne, sur plusieurs jours. Les gains sont au mieux très limités, les Allemands contre-attaquant régulièrement. Les Britanniques répondent au gouvernement russe, acceptant leurs vues sur Constantinople.

Une photographie prise par un soldat allemand des corps des britanniques tués dans le no man's land à Neuve-Chapelle, le 12 mars. © http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/

jeudi 5 mars 2015

05 mars 1915 - Usure

Nouvel assaut français sur le Hartmannswillerkopf : après un bombardement de quatre heures, les deux premières lignes allemandes sont prises, mais il y en a plus encore au sommet. Les Britanniques commencent à bombarder Smyrne (actuellement Izmir) sur la côte anatolienne. Le Premier ministre grec promet le soutien naval et terrestre de son pays à l'Entente dans les Dardanelles.

Les tirs à répétition usent prématurément les canons. Cette pièce de la 60e division, en batterie dans le secteur de Souain en Champagne, a éclaté lorsqu'un obus a explosé à l'intérieur, le 5 mars. © http://pages14-18.mesdiscussions.net

mercredi 25 février 2015

25 février 1915 - Bataillons de travail

Les combats continuent en Champagne : les français ne parviennent pas à prendre les positions allemandes, d'autant que les abris sont suffisamment enterrés pour résister aux obus, et les contre-attaques allemandes n'aboutissent pas non plus. Second bombardement franco-britannique à longue distance sur les forts ottomans des Dardanelles. Les forts à l'entrée du détroit sont réduits au silence, et le passage dégagé des mines. Première action notable de l'empire ottoman contre les Arméniens : les militaires arméniens sont démobilisés, désarmés et affectés à des "bataillons de travail" à l'arrière, officiellement dans la crainte qu'ils ne collaborent avec les Russes, et en réalité déjà dans l'idée de leur élimination. Ils seront effectivement employés à des travaux de voirie, mais seront exécutés par petits groupes tout au long de l'année. En une semaine de blocus, les sous-marins allemands ont coulé sept navires marchands britanniques.

Les bombardements franco-britannique sur les forts des Dardanelles le 25 février. On constate que toutes les positions sur la côte ont été prises à parti sous des angles divers. Julian Corbett, 1922, domaine public.

lundi 23 février 2015

23 février 1915 - Lemnos

Reprise de l'attaque en Champagne, sans résultat important. Au Reichakerkopf, les Allemands se contentent de canonner quelques peu les lignes françaises, ils ne bougent plus pendant une semaine. Les Britanniques occupent l'île de Lemnos, en mer Egée.

Un menu concocté près du front le 23 février. © http://centenaire.org

vendredi 20 février 2015

20 février 1915 - Avions au Rufiji

Les opérations se calment pour quelques jours en Champagne, le temps de se réorganiser et d'acheminer des renforts. Les Français contre-attaquent sur le Reichakerkopf, sans résultat. Aux Eparges, les Français, qui n'ont pour l'instant pris que les premières lignes allemandes, lancent un assaut pour avancer plus profondément. Toutefois, même s'ils y parviennent dans un premier temps, les Allemands ont reçu des renforts et ils sont finalement repoussés sur leur position de départ. Les Français resteront donc sur les premières lignes allemandes sans rien tenter de plus, et ce jusqu'à la mi-mars. Deux avions arrivent de Grande-Bretagne dans la zone du Delta du Rufiji, pour aider à traquer le croiseur allemand Koenigsberg qui y est toujours dissimulé. Il est décidé d'employer les troupes Australiennes et Néo-Zélandaises stationnées en Egypte pour l'opération dans les Dardanelles. Reims est bombardée.

Le "point X" aux Eparges, but de l'attaque plusieurs mois durant, que les Français ne parviendront jamais à prendre. © http://patrimoine-de-france.com

mardi 17 février 2015

17 février 1915 - Les Eparges

L'offensive se poursuit pendant trois jours en Champagne, avec toujours les mêmes objectifs, sensiblement les mêmes résultats, et des pertes très lourdes. Les Français décident de réduire le saillant allemand de Saint-Mihiel, au Sud de Verdun. Ils décident d'attaquer au Nord sur la crête des Eparges, un point avancé des Hauts-de-Meuse. Après une approche progressive réalisée pendant l'hiver, quatre mines sautent au matin, les troupes françaises parvenant à conquérir la crête dans la foulée. Toutefois, les Allemands bombardent lourdement les positions nouvellement acquises. Début des opérations en vue du débarquement des troupes de l'ANZAC aux Dardanelles (prévu pour avril) : un hydravion lancé depuis le HMS Ark Royal effectue une reconnaissance sur les positions ottomanes. Les Zeppelins allemands L3 et L4, employés pour des missions de reconnaissance en mer du Nord, sont détruits suite à un atterrissage d'urgence au Danemark lors d'une tempête.

Le secteur des Eparges. La zone en rose clair, correspondant au terrain sécurisé à la fin de la première attaque le 21 au soir, équivaut sensiblement à celui acquis dès le 17. © http://www.39-45.org/

lundi 16 février 2015

16 février 1915 - Oyem

En Champagne, les Français réactivent leur offensive, notamment pour éviter que les Allemands ne puissent envoyer plus de troupes en Russie. Ils manquent toujours d'artillerie lourde et les conditions climatiques sont déplorables, les résultats sont donc variés selon les secteurs. Ils font également pression dans le secteur de Vauquois. Nouveaux raids aériens franco-britanniques sur les ports belges. Les Français occupent Oyem, au Cameroun.

Tombe provisoire du soldat Eugène Dieude, tué au combat le 16 février à Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus, dans la Marne. © dzol'khan ; http://www.panoramio.com

mardi 3 février 2015

03 février 1915 - Canal de Suez

En Champagne, une série de mines allemandes explosent, mais les tranchées enlevées dans l'attaque sont reprises, au prix de 2000 morts côté français. A 4h30 du matin, les sentinelles britanniques aperçoivent au clair de Lune les Ottomans avançant des ponts flottants et des barques sur le canal de Suez. Malgré des tentatives à plusieurs endroits, aucun soldat ne passe jusqu'à l'aube. A partir de 6h, des attaques plus importantes sont lancées mais échouent ou sont rapidement contre-attaquées. Les combats cessent en milieu d'après-midi, les Ottomans n'ont rien gagné et ont perdu l'effet de surprise.

Les entonnoirs de mines dans le secteur de la Main de Massiges. Après presque 6h de préparation d'artillerie, deux mines allemandes explosent à midi, envoyant des débris à 100 mètres de hauteur. La force de l'explosion est due au fait que les français comptaient eux-mêmes faire exploser des mines dans l'après-midi, qu'ils avaient déjà remplies d'explosifs : elles ont donc sauté en même temps que les mines allemandes. © http://www.lamaindemassiges.com

jeudi 15 janvier 2015

15 janvier 1915 - A travers le Sinaï

Joffre met fin à l'offensive en Champagne. Il impute son échec à un manque d'artillerie et d'infanterie, bien que des échelons inférieurs de la hiérarchie parviennent des rapports soulignant l'inutilité des grandes attaques de ce type. Les pertes sont difficiles à évaluer, mais on peut les estimer à environ 10000 français pour 50000 allemands Une armée ottomane traverse le Sinaï en vue d'une attaque sur le canal de Suez. Celle-ci comprend 25000 hommes, les Britanniques en alignant à peu près autant le long du canal. Il n'y a que trois routes pour atteindre le canal depuis l'Est : deux côtières, qui laisseraient les soldats sous le feu des navires britanniques, et la dernière qu'ils sont de fait contraints d'emprunter, avec peu de points d'eau, en plein désert. Le soldat Mardochée Louis Lévy est fusillé à Maizy, dans l'Aisne.

L'empereur Guillaume II le 15 janvier. Celui-ci compare les combats de Crouy, qui se sont finis la veille, à la victoire prussienne majeure de Saint-Privat (ou Gravelotte) de 1870, même s'il n'y a manifestement pas de quoi. Library of Congress, domaine public.

vendredi 9 janvier 2015

09 janvier 1915 - Fin de l'offensive de Champagne

En Champagne, une contre-attaque française emporte de manière définitive des positions allemandes, mais il n'y a aucun moyen d'avancer plus loin. Les troupes sont épuisées et il n'y a presque plus de munitions, aussi l'offensive cesse concrètement à partir de cette date. Duel d'artillerie à Crouy, afin de briser les défenses allemandes. En Alsace, les Allemands lancent une action assez importante sur le Hartmannswillerkopf ; les Français parviennent à les repousser mais décident de perfectionner les défenses du sommet. Les commandants ottomans dans le Caucase quittent le front est retournent à Istanbul, l'offensive ayant été un échec complet.

Par endroits, la trêve de Noël s'est poursuivie pour le Nouvel an et même un peu après. Ici, des soldats britanniques et allemands sont photographiés ensemble le 9 janvier 1915. © http://www.theguardian.com/

jeudi 8 janvier 2015

08 janvier 1915 - Attaque sur Crouy

Dernière action d'importance en Champagne et en Argonne : après de lourdes préparations d'artillerie, des attaques allemandes emportent des positions françaises, qu'il faudra toute la journée pour reprendre. Par contre, une attaque française importante est lancée à Crouy, dans le secteur de Soissons. Les tirailleurs marocains bousculent les Allemands. L'action prend place au niveau d'une tête de pont sur la rive Nord de l'Aisne, détail qui aura son importance par la suite. Les Britanniques commencent les opérations pour s'emparer de Mafia Island : il s'agit d'une île au large de l'Afrique orientale allemande, juste en face de la rivière Rufiji où s'est réfugié le Königsberg. Ils comptent s'en servir comme base pour les opérations visant à détruire ce bâtiment. Quelques compagnies débarquent à 6h30 sans heurt ; les défenseurs allemands de l'île ne sont pas plus d'une trentaine, dont une moitié de soldats de réserve et l'autre de policiers. Un rapport officiel français dénonce les crimes de guerre allemands depuis le début de la guerre.

La couverture du rapport sur les crimes de guerre allemands ; la commission chargée de l'enquête avait été instituée le 23 septembre 1914. On note l'emploi de la notion de "droit des gens", ancêtre de la notion de "droits de l'Homme" en droit international. © http://www.delcampe.net

mercredi 31 décembre 2014

31 décembre 1914 - Contre-attaque en Champagne

Contre-attaque allemande d'envergure en Champagne. Ceux-ci sont repoussés avec de fortes pertes, mais les positions françaises sont lourdement bombardés et il n'y a plus beaucoup de munitions. La situation est sensiblement la même dans l'Argonne. A Sarikamish, les ottomans sont quasiment encerclés, et n'ont plus que quelques dizaines de canons et mitrailleuses. Les Serbes se préparent à recevoir une nouvelle invasion autrichienne, de même que les Britanniques face aux Ottomans en Egypte. A cette date, les Allemands ont perdu 750000 hommes. Le tirailleur Bellal Mohammed Ben Mohammed Ben Salem est fusillé dans l'Oise.

Un camp retranché britannique au bord du canal de Suez. Domaine public.

dimanche 28 décembre 2014

28 décembre 1914 - Arrêt en Artois

Après une dernière attaque française puis contre-attaque allemande, l'offensive s'arrête définitivement en Artois. Des attaques en Champagne n'ont aucun effet significatif. Dans le Caucase, les Ottomans sont aux portes de Sarikamish, leur objectif. Toutefois, ils sont épuisés, affamés, et à court d'armes et de munitions. La rébellion Maritz en Afrique du Sud est sensiblement désorganisée.

Une carte postale du nouvel an allemande. Celle-ci a été envoyée depuis l'hôpital de Gelnhausen, en Hesse, le 28 décembre 1914. © http://lescollectionsdewab.blogspot.fr

samedi 27 décembre 2014

27 décembre 1914 - Renforts

Des renforts arrivent sur le front de Champagne, en vue d'une reprise de l'offensive quelques jours plus tard.

Une tranchée de première ligne en Champagne, pendant une période de calme. On note la faible profondeur et l'aspect rudimentaire de la fortification. Le photographie n'est pas datée. Le Miroir, n°57, 27 décembre 1914, p.5.

mercredi 24 décembre 2014

24 décembre 1914 - Bombes sur Douvres

Sur les différents secteurs de l'offensive de Champagne et des offensives de soutien, les activités sont suspendues ou du moins fortement ralenties pendant plusieurs jours, et les positions sont améliorées. Un deuxième raid aérien allemand a lieu à Douvres, cette fois les bombes tombent bien sur la terre, mais sans faire de victime. Les troupes ottomanes ont parcouru 75 km en trois jours dans le Caucase, mais n'ont tout de même pas atteint leur objectif, Sarikamish. Le soldat Louis Abadie est fusillé dans l'Aisne, pour abandon de poste en présence de l'ennemi et vol. La Russie a fait prisonniers plus de 350000 soldats des Empires centraux depuis le début de la guerre.

Des soldats de la 3e armée ottomane en décembre 1914, dans le Caucase. Domaine public.

lundi 22 décembre 2014

22 décembre 1914 - Contre-offensive dans le Caucase

Approfondissement de l'offensive ottomane dans le Caucase, avec la troisième armée. La bataille principale se jouera à Sarikamish, que les Ottomans espèrent atteindre le 25 décembre avec des marches de 30 km par jour, alors que les routes sont dans un état déplorable, dans une région montagneuse avec des cols à 2500 m d'altitude. En Afrique du Sud, les forces de la rébellion Maritz se sont reformées en Afrique occidentale allemande, même si une partie a du traverser le désert du Kalahari avec plus d'un tiers de pertes. Elles attaquent à nouveau à travers la rivière Orange.

Une batterie de mortiers de tranchée française pendant l'offensive de Champagne (la photo n'est pas datée). On constate l'aspect rudimentaire de la tranchée. Malgré la légende, il ne s'agit pas de crapouillots, nettement plus gros et apparus en 1915, mais de lance-bombes Cellerier. Il s'agit d'un mortier mis en service début novembre 1914, tenant surtout du système D. Au tout début de la guerre de tranchée, les soldats avaient perçu de vieux mortiers de bronze parfois sortis de musées, et il s'agit ici du premier mortier conçu spécialement pour cette guerre : Cellerier, un capitaine d'artillerie polytechnicien, a l'idée de récupérer comme mortier des corps d'obus de 77 mm allemands, disponibles en masse après chaque bombardement et montés sur une petite caisse en bois, et d'utiliser comme projectile une douille d'obus de 65 mm français remplie de grenaille et d'explosif. Même s'il s'agit d'un bricolage manquant de précision, il est tout de même suffisamment efficace pour que Joffre lui-même recommande d'en généraliser l'usage fin novembre, en attendant les crapouillots. © http://www.cheminots.net/